Le Festival Gnaoua d’Essaouira 2026 célèbre l’ouverture, la transmission et les fusions musicales
Maâlem Hamid El Kasri © Festival d'Essaouira Gnaoua
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La 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira s’annonce comme un rendez-vous majeur de la scène culturelle marocaine et internationale. Fidèle à son ADN fondé sur le dialogue entre traditions et modernité, cette édition 2026 mettra à l’honneur les circulations culturelles, les rencontres artistiques et la transmission d’un patrimoine vivant profondément enraciné dans l’histoire d’Essaouira.
Face à l’Atlantique, Essaouira s’est construite autour de son port et de sa vocation d’ouverture sur le monde. Depuis le XVIIIe siècle, sous le règne de Sidi Mohammed Ben Abdallah, la ville s’est imposée comme un carrefour stratégique reliant le Maroc à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne. Cette identité de ville-port a façonné son urbanisme, sa diversité sociale et son imaginaire culturel.
C’est dans cette continuité que s’inscrit le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, créé en 1998. La culture gnaoua, issue de populations d’origine subsaharienne intégrées au Maroc au fil des siècles, y trouve un espace de rayonnement unique. Inscrite en 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle constitue aujourd’hui un patrimoine vivant majeur du Royaume.
Une programmation 2026 tournée vers les traversées musicales
La direction artistique de cette 27e édition repose sur une cohérence géographique et musicale inspirée par l’identité maritime d’Essaouira. Des artistes venus du Liban, de Palestine, d’Inde, du Cameroun, du Rwanda, des États-Unis, du Brésil, du Sénégal, de France ou encore du Mali viendront dialoguer avec les Maâlems Gnaoua autour de créations inédites .
Parmi les têtes d’affiche figurent Yasmine Hamdan, le collectif palestinien 47SOUL, Richard Bona, Carlinhos Brown, ganavya, The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan, ainsi que plusieurs artistes marocains comme Hoba Hoba Spirit, Bob Maghrib, Asma Lmnawar, Mehdi Nassouli, Mehdi Qamoum, Sara Moullablad et Oudaden.
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Le concert d’ouverture constituera l’un des temps forts du festival. Pensé comme une création originale, il réunira Mehdi Nassouli, ganavya, la troupe rwandaise i Buhoro, Sara Moullablad et Sylvain Barou autour d’un dialogue inédit entre les traditions musicales du Maroc, de l’Inde et du Rwanda .
Cette rencontre revêt une dimension particulière en réunissant pour la première fois deux traditions reconnues par l’UNESCO : la culture gnaoua et les expressions artistiques rwandaises, notamment à travers la danse intore.
Les concerts-fusion, signature du Festival
Depuis sa création, le Festival a fait des concerts-fusion sa marque de fabrique. Les Maâlems Gnaoua y occupent une place centrale, non comme accompagnateurs, mais comme porteurs du dialogue artistique.
Parmi les créations attendues figurent la rencontre entre Maâlem Monteri et Badume’s Band & Selamnesh Zéméné autour des pentatonies africaines, le dialogue entre Mehdi Qamoum et The Harlem Spirit of Gospel autour des racines communes du gospel et du gnaoua, ainsi que la grande fusion entre Maâlem Hamid El Kasri et Carlinhos Brown, réunissant le Maroc et le Brésil dans une création inédite .
Le Festival rendra également hommage à feu Maâlem Mustapha Baqbou, disparu en 2025. Figure majeure de la tradition gnaoua et précurseur des fusions musicales, il a profondément marqué l’histoire du Festival par son jeu singulier au guembri et son ouverture artistique. Un film consacré à sa vie sera projeté, suivi d’un concert réunissant ses proches et compagnons de route pour célébrer la mémoire de cet artiste emblématique.
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Au-delà de la musique, un Forum des droits humains
Le Festival ne se limite pas à la scène musicale. La 13e édition du Forum des droits humains portera cette année sur le thème « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ». Chercheurs, artistes, intellectuels et responsables publics y débattront des enjeux contemporains liés aux nouvelles formes d’engagement, aux identités multiples et aux libertés fragilisées .
Parallèlement, le programme « Berklee at the Gnaoua Festival » revient pour une troisième édition, offrant six jours de formation intensive aux musiciens professionnels et semi-professionnels. La Chaire des transitions, menée avec l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P), poursuivra également son travail de recherche sur les hybridations culturelles et les circulations artistiques .
Pour Neila Tazi, productrice du Festival, la culture constitue un levier structurant. « Elle relie, elle forme, elle projette », souligne-t-elle dans l’édito du dossier de presse. À Essaouira, la musique ne se contente pas d’être célébrée : elle est transmise, pensée et inscrite dans l’avenir .
À travers cette édition 2026, le Festival Gnaoua confirme ainsi son ambition : faire d’Essaouira un point de départ permanent pour les dialogues culturels du monde.
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