Sahara : pourquoi les positions internationales évoluent-elles ?
Photo prise en 2021 à Zagora, lors du Rallye © Antonin Vincent / via AFP
A
A
A
A
Le débat autour du Sahara est souvent analysé à travers le prisme des soutiens diplomatiques. Pourtant, selon Driss Aissaoui, l’essentiel se joue ailleurs.
« Le pragmatisme géopolitique et économique semble désormais l’emporter sur les anciennes postures idéologiques », explique-t-il. Autrement dit, les États ne changent pas seulement de position : ils changent de grille de lecture.
Ce basculement marque une rupture avec les logiques héritées des décennies précédentes. « Nous avons quitté une logique d’efficacité économique pure pour entrer dans une logique de souveraineté et de résilience », souligne Aissaoui.
Dans ce nouveau contexte, le dossier du Sahara n’est plus traité comme un enjeu politique isolé, mais comme une question intégrée à des problématiques plus larges.
Lire aussi : Actualisation du plan d’autonomie : une nouvelle dynamique nationale
Premier facteur : la sécurité régionale, notamment au Sahel
Pour Aissaoui, la première clé d’explication réside dans les enjeux sécuritaires, en particulier dans la région du Mali et du Sahel.
« Le repositionnement de pays comme le Mali fait suite à une analyse approfondie des enjeux de paix et de sécurité dans la région », affirme-t-il. Ce changement traduit une approche plus pragmatique, centrée sur la stabilité.
Dans ce cadre, le Sahara est de plus en plus perçu comme un élément de l’équation sécuritaire régionale. « Les membres de l’Alliance des États du Sahel semblent désormais parler d’une seule voix », observe Aissaoui.
Cette convergence illustre une évolution majeure : les positions diplomatiques ne sont plus dictées uniquement par des alliances politiques, mais par des impératifs de sécurité.
Deuxième facteur : les intérêts économiques et stratégiques
Au-delà de la sécurité, les considérations économiques jouent un rôle déterminant dans l’évolution des positions internationales.
« Le pragmatisme économique s’impose progressivement comme un moteur des décisions diplomatiques », analyse Aissaoui. Les États privilégient désormais des partenariats stables et des solutions jugées réalistes.
Cette logique se traduit concrètement par un renforcement des relations avec le Maroc dans plusieurs domaines. « Les provinces du Sud font partie intégrante du partenariat stratégique », souligne-t-il, évoquant des enjeux économiques et d’investissement.
Dans ce contexte, le plan d’autonomie est perçu non seulement comme une solution politique, mais aussi comme un cadre susceptible de garantir la stabilité nécessaire aux projets économiques.
Sahara : la pseudo-RASD admet que l’indépendance n’est plus l’unique option
Troisième facteur : une recomposition du système international
Enfin, pour Aissaoui, le changement de position s’inscrit dans une transformation plus globale des relations internationales.
« Nous sommes dans une phase de basculement systémique », affirme-t-il. Les tensions géopolitiques, les rivalités entre puissances et les recompositions économiques redéfinissent les priorités des États.
Ce contexte favorise l’émergence d’un nouveau type de diplomatie. « Ce n’est plus une simple évolution lente », insiste Aissaoui, tout en précisant que « le nouvel ordre n’est pas encore consolidé ».
Dans ce cadre, les États tendent à privilégier des solutions pragmatiques, en phase avec leurs intérêts immédiats, plutôt que des positions idéologiques héritées du passé.
Un affaiblissement progressif de la pseudo « RASD »
Ces trois facteurs combinés ont des conséquences directes sur les équilibres diplomatiques.
« Plus de 50 pays à travers le monde ont déjà retiré leur reconnaissance de la pseudo RASD », rappelle Aissaoui. Cette évolution traduit une tendance de fond, marquée par une érosion progressive des soutiens.
Le cas du Mali, mais aussi d’autres pays en Afrique et en Amérique latine, illustre cette dynamique. « Cette tendance traduit un isolement croissant », note-t-il.
Toutefois, le politologue appelle à la prudence. « La pseudo RASD conserve encore certaines relations et demeure membre de l’Union africaine », rappelle-t-il, soulignant que le processus reste en cours.
Vers une sortie du statu quo ?
Au final, ces évolutions convergent vers une transformation du dossier lui-même.
« Nous sommes dans une phase d’engagement vers une fin du statu quo », affirme Aissaoui. Après des années d’immobilisme, le dossier entre dans une nouvelle séquence.
« Le dossier est sorti de sa phase de gel pour entrer dans une phase de recomposition finale », explique-t-il.
Pour autant, il ne s’agit pas encore d’un aboutissement. « Le nouvel ordre n’est pas encore consolidé », insiste Aissaoui.
Une chose est sûre : les positions internationales ne changent pas par hasard. Elles s’inscrivent dans une logique où sécurité, intérêts et transformations globales redéfinissent progressivement les équilibres.
Dans ce contexte, le dossier du Sahara apparaît comme un révélateur d’un monde en mutation, où les logiques d’hier cèdent peu à peu la place à celles de demain.
Alassane Ouattara a reçu à Abidjan le nouvel ambassadeur du Maroc, Othmane El Ferdaous, venu remettre ses lettres de créance et transmettre les salutations du roi Mohammed VI.
Mouna Aghlal - 18 juin 2026Nasser Bourita a reçu à Rabat l’envoyé spécial gambien Njie, porteur d’un message du président Barrow au roi Mohammed VI, pour renforcer les relations bilatérales.
Mouna Aghlal - 18 juin 2026Les FAR participent au Fleet Exercise 250 à Norfolk, aux États-Unis, aux côtés de plusieurs marines alliées. L’exercice vise à renforcer l’interopérabilité et la sécurité maritime.
El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026Tanger accueille du 22 au 25 juin le 8e Congrès de la CGLU où plus de 3.000 participants débattront de l’avenir des services publics locaux et de la gouvernance territoriale
El Mehdi El Azhary - 17 juin 2026La Chambre des conseillers a adopté à l’unanimité le projet de loi sur les experts judiciaires, renforçant formation, responsabilité, mobilité et confidentialité.
El Mehdi El Azhary - 17 juin 2026Mobilisation mondiale le 18 juin 2026 autour de la lutte contre les discours de haine, avec un focus sur les partenariats et une initiative conjointe Maroc-ONU.
Ilyasse Rhamir - 16 juin 2026Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?
Sabrina El Faiz - 12 mars 2026Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Politique - Le ministre lance des projets pour renforcer la connectivité à Khénifra et améliorer les infrastructures routières locales.
Mouna Aghlal - 10 mars 2026