Pourquoi l’appel à concurrence du terminal GNL a été suspendu ?

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Nador West Med : une deuxième ligne THT pour sécuriser l’alimentation électriqueLe port de Nador West Med © DR

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La suspension de l’appel à concurrence du terminal GNL de Nador West Med met en lumière les contraintes économiques et techniques d’un projet dimensionné pour des volumes élevés. En toile de fond, la question centrale des usages réels du gaz et de la rentabilité des infrastructures.

Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a décidé de surseoir à la réception des dossiers de candidature et à l’ouverture des offres relatives à l’appel à concurrence du terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Nador West Med et du réseau de gazoducs associés.

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Cette décision intervient après la publication, le 5 décembre 2025, des avis à concurrence concernant la connexion entre les infrastructures portuaires de Nador West Med et le Gazoduc Maghreb-Europe (GME), ainsi que le raccordement du GME aux zones industrielles de Kénitra et Mohammedia.

Le ministère a justifié ce report par l’introduction de nouveaux paramètres et hypothèses entourant ce projet, qualifié de stratégique, tout en remerciant les opérateurs nationaux et internationaux ayant manifesté leur intérêt. Il a également indiqué qu’il communiquerait ultérieurement sur toute évolution liée au projet et au processus de concurrence.

Un dimensionnement fondé sur des volumes élevés

Selon Saïd Guemra, expert conseil en management de l’énergie, le projet du terminal GNL de Nador West Med repose sur une hypothèse de consommation d’environ 5 milliards de mètres cubes de gaz par an dès la mise en service, avec une montée en charge progressive vers 12 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2030. Un tel dimensionnement suppose l’existence de volumes fermes, continus et contractuellement sécurisés dès les premières années d’exploitation.

Sur le plan du système énergétique, ces 5 milliards de mètres cubes correspondent à 50 à 55 TWh PCS, soit l’équivalent de 3 à 4 GW de centrales électriques à cycle combiné fonctionnant avec des facteurs de charge élevés, supérieurs à 6.000 heures par an. Cette hypothèse implique donc un parc de production gazier capable d’absorber ces volumes de manière stable.

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Une demande industrielle encore limitée

Sur le plan industriel, la demande potentielle de gaz demeure, selon l’expert, limitée et fragmentée. Même en tenant compte des scénarios de développement de la cogénération et de certains usages thermiques industriels, les volumes susceptibles d’être consommés restent sensiblement inférieurs aux hypothèses de dimensionnement retenues.

Cette situation est renforcée par un contexte marqué par la volatilité des prix du GNL importé, qui pèse sur la visibilité économique des consommateurs industriels et sur leur capacité à s’engager sur des volumes importants et durables.

Des infrastructures à forte intensité capitalistique

Les infrastructures envisagées dans le cadre de ce projet (terminal de regazéification, capacités de stockage, stations de compression et réseau de transport) sont caractérisées par une forte intensité capitalistique et des coûts fixes élevés. Leur viabilité économique est étroitement liée au taux d’utilisation des actifs, lequel dépend directement des volumes effectivement consommés dès les premières années d’exploitation.

Pour Saïd Guemra, l’équilibre économique du projet repose donc sur une adéquation fine entre le dimensionnement des infrastructures et la réalité des usages, condition essentielle à la rentabilité des investissements engagés.

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