Forum économique Maroc-France à Dakhla : les enjeux d’un partenariat d’avenir
Les drapeaux du Maroc et de la France © DR
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Demain, jeudi 9 octobre, la ville de Dakhla accueillera plus de 300 chefs d’entreprise marocains et français à l’occasion du Forum économique Maroc-France, organisé conjointement par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Cet événement de haut niveau, placé sous le thème « Régions du Sud du Maroc : Vers de nouvelles perspectives de développement du partenariat économique Maroc–France », s’annonce comme une étape stratégique dans la consolidation des relations économiques et politiques entre les deux pays.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc, effectuée à l’invitation du roi Mohammed VI, au cours de laquelle le président français avait réaffirmé que « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ». Au-delà du symbole diplomatique, le forum vise à renforcer les partenariats bilatéraux et à explorer de nouvelles opportunités d’investissement dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, le tourisme durable et l’agroalimentaire.
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Dakhla, trait d’union entre l’Europe et l’Afrique
Le choix de Dakhla comme lieu d’accueil n’est pas anodin. Située au cœur des provinces du Sud, la ville s’impose comme un modèle de développement régional et un pôle d’attractivité économique à fort potentiel africain. Grâce à des investissements massifs dans les infrastructures, l’énergie verte et la logistique, Dakhla s’est hissée au rang de vitrine du dynamisme marocain.
Parmi ces projets, le port Dakhla Atlantique occupe une place centrale. Il ambitionne de faire de la région un hub maritime stratégique, reliant l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine. Ce chantier d’envergure s’inscrit dans la vision royale visant à positionner les provinces du Sud comme un levier de croissance et de coopération continentale.
Les chiffres confirment cette dynamique. La région enregistre une valeur ajoutée annuelle de 3 milliards de DH (MMDH) dans l’industrie de la pêche, et attire plus de 22 MMDH d’investissements dans les énergies renouvelables, pour une capacité installée dépassant 1,4 GW. Ces résultats font de Dakhla un exemple de réussite territoriale, capable d’attirer des investisseurs tout en favorisant un développement durable.
Dans ce contexte, le forum offre aux entreprises françaises une porte d’entrée privilégiée vers le marché africain, tout en consolidant leurs partenariats au Maroc. À l’heure où les chaînes de valeur mondiales se reconfigurent, Dakhla se positionne comme un trait d’union stratégique entre l’Europe et le continent africain.
Maroc-France : des synergies à renforcer dans les secteurs stratégiques
Le forum réunira un parterre d’acteurs économiques de premier plan. Parmi eux figurent Hervé Barrere, PDG de Centrale Danone, Jean-Pierre Clamadieu, président du Conseil d’administration d’Engie, Ross McInnes de Safran, et Diego Diaz, président de SNCF International. Autant de personnalités qui traduisent la volonté des deux pays de passer du dialogue à l’action, en favorisant les projets conjoints et les co-investissements.
Les discussions porteront sur plusieurs axes prioritaires : les énergies renouvelables et la transition énergétique, la logistique et les infrastructures, le tourisme durable, l’agroalimentaire, le numérique et la formation des compétences. Ces domaines, au cœur des stratégies de transformation des deux économies, représentent autant d’opportunités de coopération technologique et industrielle.
Sur le plan commercial, la France demeure, rappelons-le, le deuxième partenaire du Maroc, mais les rapports de force évoluent. En 2024, selon l’Office des Changes, le déficit bilatéral français s’est creusé au profit du Maroc, l’excédent atteignant 15,9 MMDH, contre 11,9 MMDH un an plus tôt. Cette progression reflète la montée en puissance des exportations marocaines, notamment dans l’aéronautique, où les ventes de parties d’avions ont bondi de 21,5% pour atteindre 14 MMDH. Ces performances illustrent non seulement la maturité industrielle du Maroc, mais aussi la complémentarité économique qui caractérise les relations entre Rabat et Paris.
Lire aussi : Le Roi et Macron signent la Déclaration relative au « Partenariat d’exception renforcé »
Une coopération inscrite dans la durée
L’organisation de ce forum de Dakhla s’inscrit dans une dynamique continue entre la CGEM et le MEDEF. En avril 2024, un premier forum d’affaires à Rabat avait débouché sur la publication d’un livre blanc, véritable feuille de route du partenariat entrepreneurial. Quelques mois plus tard, en octobre 2024, un second forum, également à Rabat et en présence du président Macron, avait permis la signature d’une vingtaine d’accords économiques, notamment dans la finance, le dessalement de l’eau de mer, l’énergie et les technologies avancées.
Le rendez-vous de Dakhla s’inscrit donc comme une nouvelle étape de concrétisation, traduisant la volonté des deux organisations patronales de donner corps au « partenariat d’exception renforcé » qui unit les deux nations.
Pour la CGEM, il s’agit de promouvoir l’investissement, encourager l’innovation et favoriser la création d’emplois, tant au Maroc qu’en France. Pour le MEDEF, c’est aussi l’occasion d’accompagner les entreprises françaises dans leur implantation dans les régions émergentes du Royaume, à fort potentiel de croissance.
Plus largement, cet événement intervient dans un contexte international marqué par la transition énergétique, la relocalisation industrielle et la recherche de nouveaux équilibres économiques. Dans cette conjoncture, le Maroc et la France ont tout intérêt à renforcer leur coopération, afin de construire ensemble un modèle de partenariat équilibré et durable, fondé sur la confiance mutuelle et la prospérité partagée.
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