Où en est le projet d’interopérabilité bus/tramway ?

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Où on est le projet d’interopérabilité bus/tramway ?Tramway/bus (illustration) © DR

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Parmi les projets annoncés puis oubliés, l’interopérabilité Bus/Tram à Casablanca reste en suspens depuis plus d’une décennie. À l’approche de la CAN 2025 et du Mondial 2030, le lancement officiel se fait attendre. Alors où en est ce projet stratégique ?

Depuis plus de dix ans, Casablanca promet à ses habitants un système de transport fluide et intégré, où bus et tramway fonctionneraient enfin de manière interconnectée grâce à un ticket unique. Porté par des ambitions de modernisation et d’efficacité, le projet d’interopérabilité suscitait de grands espoirs. Pourtant, le dispositif n’a jamais été mis en service, plombé par des blocages tarifaires et un manque de décision politique.

Lire aussi : Casablanca : augmentation des tarifs des transports en commun

Interopérabilité bus/tramway à Casablanca : une promesse suspendue depuis 2013

Lancé en 2013, le projet d’interopérabilité entre les bus et le tramway de Casablanca visait à offrir une expérience fluide aux usagers en leur permettant de passer d’un mode de transport à l’autre avec un seul titre de transport. Porté par Casa Transport, ce chantier ambitieux devait marquer une avancée majeure vers un système de mobilité intégré, moderne et accessible. L’objectif était de faciliter les déplacements urbains et d’inciter davantage d’habitants à utiliser les transports publics.

À ses débuts, le projet avait enregistré quelques progrès notamment sur le plan technique. Les systèmes de billettique du tramway étaient conçus pour permettre l’intégration avec les bus, et une large partie de l’infrastructure nécessaire à cette interopérabilité avait été installée. Dès 2013, le taux d’avancement du projet était estimé à près de 85%. Il restait alors à finaliser les volets tarifaires et organisationnels, notamment la définition d’un tarif unique et la répartition des recettes entre les opérateurs.

Mais ces aspects non techniques ont constitué les principaux points de blocage. La fixation d’un prix de ticket commun aux deux modes de transport s’est heurtée à des désaccords entre les différentes parties prenantes, en particulier sur le modèle de compensation financière. Comment répartir équitablement les revenus entre les gestionnaires du tram et ceux du réseau de bus, compte tenu des différences de fréquentation, de coûts et de qualité de service ? Cela n’a jamais abouti à un consensus clair.

Depuis, peu d’informations ont filtré sur l’évolution concrète du projet. Aucune annonce officielle n’a confirmé la mise en place effective du système interopérable. Pourtant, plusieurs experts estiment que les solutions techniques sont prêtes depuis des années, et qu’il suffirait d’une volonté politique ferme pour activer le dispositif. Le silence autour du dossier laisse penser que les négociations sur les aspects économiques n’ont toujours pas abouti, malgré les avantages évidents d’un tel système pour les usagers.

Lire aussi : Busway de Casablanca : c’est parti !

Un lancement imminent, mais à quel prix ?

Ce projet est toujours en cours de préparation, selon Moulay Ahmed Afilal. Contacté par LeBrief, le vice-président du conseil de la ville affirme que le lancement effectif du système est pour «bientôt». Il précise que les équipes de la ville travaillent en étroite collaboration avec Casa Transports, qui mène actuellement une étude technique destinée à définir les modalités de cette interconnexion attendue depuis plus d’une décennie.

Cependant, l’un des principaux points de friction reste la question tarifaire. Pour Afilal, une augmentation du prix des tickets est «indispensable» afin de garantir la viabilité du système. S’il admet ne pas encore connaître le nouveau tarif qui sera appliqué, il estime que la situation financière actuelle de la ville ne permet plus de maintenir les tarifs en l’état, compte tenu des charges supportées. À cela s’ajoute une réadaptation en cours du réseau de bus, visant à couvrir des zones peu ou pas desservies jusqu’à présent.

Notre interlocuteur fait savoir que le Conseil de la ville subventionne à hauteur de près de 40% chaque ticket de bus ou de tram utilisé par les citoyens. Ce déficit structurel pèse lourdement sur les finances locales et complique la mise en œuvre de projets structurants comme l’interopérabilité. Pour que ce projet devienne une réalité, la question du juste prix, à la fois supportable pour les usagers et soutenable pour la collectivité, devra être rapidement tranchée.

Si le projet d’interopérabilité se concrétise enfin dans les semaines ou mois à venir, il ne s’agira plus seulement d’un simple système Bus/Tram, mais d’un réseau élargi et cohérent intégrant également le Busway. En effet, depuis mars 2024, l’interconnexion entre les lignes du tramway et celles du Busway est déjà opérationnelle, offrant aux usagers une continuité de service sur plusieurs axes structurants.

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