Décès de Samiha Ayoub : retour sur une vie sous les projecteurs
Samiha Ayoub, Actrice égyptienne © DR
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L’actrice emblématique égyptienne Samiha Ayoub, surnommée la Dame du théâtre arabe, est décédée dans son appartement du quartier de Zamalek au Caire mardi matin à l’âge de 93 ans. Née le 8 mars 1932 dans le quartier de Shoubra, au Caire, Samiha Ayoub a marqué de son empreinte l’histoire artistique du monde arabe, signant la plus longue carrière jamais enregistrée pour une actrice dans le cinéma de la région.
Formée à l’école des religieuses du Caire, elle fait ses premiers pas devant la caméra dès l’enfance, incarnant Marie-Madeleine dans le film religieux «La vie et la passion du seigneur Jésus-Christ» (1938), aux côtés de figures telles qu’Ahmed Allam et Aziza Helmy.
Très tôt, Samiha Ayoub rejoint la troupe du célèbre metteur en scène Zaki Tulaimat, pionnier du théâtre égyptien, avec qui elle joue «Au service de la reine». Tulaimat, fondateur de l’institut d’art dramatique du Caire, jouera un rôle essentiel dans la formation de la jeune actrice, l’encourageant à rejoindre l’établissement en 1949.
Elle se révèle au grand public en 1947 dans «Al motasharida», réalisé par Mohamed Abdel-Gawad. C’est le début d’une carrière foisonnante qui verra Samiha Ayoub interpréter plus de 170 rôles sur scène, en plus de nombreuses apparitions au cinéma, à la radio et à la télévision.
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Dans les années 1970, Sahima Ayoub devient l’une des premières femmes égyptiennes à se lancer dans la mise en scène. Elle réalisera plusieurs pièces et coproduira des œuvres théâtrales et cinématographiques. Parmi ses rôles marquants figurent ceux dans «Al-bakheel», «Kobry al-namoos» ou «Sikkat al-salama». Son film «Le monstre» (1954) reste aujourd’hui un classique du cinéma égyptien, inscrit dans les cent œuvres les plus emblématiques du pays.
Toujours active à un âge avancé, elle enchaîne les rôles dans des productions récentes comme les séries «El-tawoos» (2021), «Sukkar zeyada» (2020) ou encore «Awraq el toot» (2015), ainsi que dans des films comme «Teta rahiba» (2012) et «Al-leila al-kebira» (2015). Elle continue de monter sur les planches jusqu’en 2021, notamment avec la pièce «Almaz et Si Abdo».
Cette même année, elle est honorée par le festival de théâtre pour la jeunesse de Charm el-cheikh, dont elle restera présidente d’honneur. Lors d’un symposium, elle confie : «Sur scène, je trouve ma force. C’est devant le public que je vis». En 2024, le festival national de théâtre d’Égypte lui rend hommage en baptisant sa 17e édition à son nom.
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Samiha Ayoub a également dirigé plusieurs institutions majeures, notamment le théâtre moderne (1972-1975), puis le théâtre national, à deux reprises, entre 1975 et 1989. Son engagement artistique a été salué à de nombreuses reprises. Elle reçoit notamment la médaille de la république pour les arts en 1966, la médaille de chevalier de l’ordre français en 1977, et le prix du Nil pour les arts en 2015, la plus haute distinction décernée en Égypte.
La même année, le théâtre national rebaptise sa grande salle en son honneur. En 2016, l’association des écrivains et des critiques publie la femme charmante : une vocation créatrice, une biographie signée Sayed Mahmoud.
Côté vie privée, Samiha Ayoub s’est mariée quatre fois, toujours à des hommes issus du milieu artistique. Son union la plus longue fut avec le dramaturge Saad El-Din Wahba, décédé en 1997, après trente ans de mariage.
Jusqu’à ses derniers jours, la défunte actrice n’a jamais quitté la scène. Une vie dédiée à l’art, à la passion et au théâtre.
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