Interview : Mohamed Montari, l’humilité d’un Maâlem à Essaouira
Maâlem Mohamed Montari, à l'Institut français d'Essaouira, lors du Festival Gnaoua 2026 © LeBrief
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Quelques minutes après être monté sur scène au Festival Gnaoua d’Essaouira 2026, Mohamed Montari nous a accordé un entretien exclusif, marqué par une rare simplicité. L’artiste, s’est représenté jeudi 25 juin à Bayt Dakira, et le lendemain à l’Institut français d’Essaouira, s’est présenté avec une douceur et une humilité qui contrastent avec le niveau déjà atteint par ce jeune Maâlem, désormais identifié comme l’un des visages montants de la scène gnaoua.
Originaire d’Agadir, il incarne une nouvelle génération d’artistes capables de préserver l’héritage spirituel de cette tradition tout en l’ouvrant à d’autres formes musicales. Juste après son spectacle, son attitude calme, attentive et généreuse dans l’échange a laissé paraître un rapport apaisé à la notoriété, malgré une trajectoire déjà remarquée au Maroc comme à l’international.
Mohamed Montari, entre transmission fidèle et ouverture musicale
Initié très jeune au sein de la confrérie gnaoua, le Maâlem Montari a grandi au cœur des rituels et des cérémonies spirituelles qui structurent cet art. Cette immersion précoce lui a permis de forger un lien profond avec un patrimoine fondé sur les chants sacrés, les rythmes hérités des maîtres et l’usage du guembri, des qraqeb et des percussions traditionnelles. Son parcours traduit ainsi une fidélité aux fondements de la pratique, sans rupture avec son sens premier.
Sa révélation au grand public remonte à 2019, année où il s’illustre dès ses premières prestations locales et décroche le Premier Prix Gnaoua au Maroc. Depuis, sa progression s’est confirmée sur plusieurs scènes culturelles et spirituelles, au fil d’invitations nationales et internationales. Cette montée en puissance ne s’est toutefois pas accompagnée d’une posture de vedette. Lors de notre échange, Montari s’est distingué par une parole posée, une écoute réelle et une manière très sobre d’évoquer son parcours, comme s’il cherchait avant tout à remettre la musique et la transmission au centre.
Plus de 300.000 festivaliers ont fait vibrer Essaouira pour le Festival Gnaoua
Si sa musique reste ancrée dans la tradition, elle s’autorise des croisements avec le jazz, le blues et les musiques du monde, dans une logique d’ouverture maîtrisée. A travers cette orientation, il entend transmettre, renouveler et élargir la portée de l’art gnaoua au-delà de ses territoires d’origine, sans en diluer l’essence. Le Festival d’Essaouira, devenu au fil des années un espace majeur de dialogue entre héritage et création, offre à cet égard un cadre naturel à son évolution. En coulisses comme sur scène, le jeune Maâlem donne ainsi l’image d’un artiste déjà accompli, mais resté profondément accessible, porté moins par l’affirmation de soi que par le respect d’une mémoire collective qu’il s’attache à faire vivre.
Après 27 éditions, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde confirme son statut d'événement incontournable, capable de réunir plusieurs centaines de milliers de personnes.
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