Le Maroc en manque de médecins

image defaut author woman

Temps de lecture :

déficit en médecins

A
A
A
A
A

Offre médicale insuffisante, mauvaise répartition des ressources humaines, vieillissement de la population médicale, déficit de production de médecins, émigration… Nombreux sont les facteurs qui expliquent le déficit en médecins au Maroc. Youssef El Fakir, professeur de radiologie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, met en exergue ce manque de personnel médical, aggravé par la pandémie du nouveau coronavirus qui a fragilisé le système de santé. El Fakir propose des solutions pour résoudre les failles du secteur et sortir de cette crise.

La crise sanitaire engendrée par la pandémie du nouveau coronavirus a mis à rude épreuve le système de santé marocain. En effet, la Covid-19 a mis en lumière la fragilité d’un système qui souffrait déjà de failles préexistantes. Parmi les grands défis auxquels fait face ce secteur, figure le besoin en médecins qui se fait de plus en plus sentir dans le contexte actuel de pandémie, où la pression s’accentue sur le corps médical, indique Médias24. Selon le journal en ligne, le déficit en termes de personnel dans le secteur de la santé serait duà «la mauvaise répartition des ressources humaines, la formation des médecins insuffisante en nombre, l’émigration et le vieillissement du corps médical». C’est en effet ce qui ressort des explications de Youssef El Fakir, professeur de radiologie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, et ancien président de la Société marocaine de radiologie.

Intervenant lors d’un webinaire organisé samedi dernier par la Trésorerie générale du royaume (TGR) et l’Association pour la fondation internationale de finances publiques (FONDAFIP), sous le thème « Financement de la Santé, Territoires et Intelligence artificielle, quel droit à la santé au Maroc et en France ? », il a dressé un bilan plutôt sombre de ce secteur.

Une offre médicale insuffisante

Avec un ratio de 7,1 médecins pour 10000 habitants, le Maroc est loin de répondre au standard de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixé à 15,3 médecins pour 10000 habitants. Le professeur estime que ce manque de personnel médical est dû à une offre médicale insuffisante aggravée par la mauvaise répartition des ressources humaines, rapporte Éco Actu.

Le Maroc compte 27266 médecins, dont 53% sont installés dans le secteur libéral. Le professeur souligne aussi la mauvaise répartition des ressources humaines à travers le Royaume. «Les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra concentrent à elles seules plus de 56% de l’effectif des médecins privés et 39% de l’effectif des médecins publics».

À ceci s’ajoute un déficit en termes de «production de médecins», aggravé par l’émigration, la mise sur le marché d’un nombre insuffisant de nouveaux médecins ainsi que le départ à la retraite et retraite anticipée. À titre d’exemple, «8000 médecins qui exercent en France sont nés au Maroc», note El Fakir. Aussi, alors que l’objectif est de former 3300 médecins par an, les facultés de médecine et de pharmacie au Royaume, toutes confondues, ont formé 2282 médecins en 2018 contre 1715 en 2007.

«Deuxième élément important à connaitre sur le système de santé au Maroc : le vieillissement de la population. Le Maroc a très longtemps été connu comme étant un pays jeune, mais en 2050, un Marocain sur 5 aura plus de 60 ans», ajoute le professeur. Dans le secteur de la santé, ceci se traduit par le vieillissement de la population médicale. Citant une récente enquête menée par le ministère de la Santé, El Fakir souligne que «15% des médecins du public sont dans la tranche d’âge de 51 à 55 ans, 13% dans la tranche d’âge de 56 à 60 ans et 8% ont plus de 60 ans».

Recommandations

Face à ces enjeux, et pour combler ce déficit global, les professionnels de la santé appellent à une restructuration du système de santé marocain, souligne Médias24. Selon El Fakir, l’objectif est de rendre le système plus réactif et en mesure de répondre à la demande et aux besoins de santé de la population marocaine. Pour y parvenir, il est nécessaire de «combler le déficit en ressources humaines et veiller à l’équité de leur répartition», avance le professeur qui cite une étude réalisée en 2014 par les Facultés de médecine du Royaume. Le deuxième défi est de «gérer deux groupes de maladies, notamment les maladies transmissibles (MT) et les non transmissibles (MNT), tels que le cancer, les pathologies cardiovasculaires et autres». Enfin, il faudrait «veiller à assurer en nombre et en qualité les offres de soins à travers le Royaume».

Pour El Fakir, ces problèmes résolubles nécessitant des solutions pragmatiques. «L’intégration digitale apparait comme une des solutions pertinentes que notre société devrait adopter», avise le radiologue. Ce dernier recommande d’ailleurs l’intelligence artificielle (IA) qui permettrait de combler le retard de l’Afrique dans les systèmes de santé. «L’IA n’est pas une menace à la médecine humaine. La prise de décision finale reviendra toujours au praticien et/ou au patient. Elle viendra par contre rationaliser cette prise de décision en minimisant les risques d’erreur», rassure El Fakir.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Aïd al-Adha en France : le fêter entre deux agendas

Société - Chaque année, quand le croissant de lune annonce Aïd al-Adha, des milliers de familles installées en France vivent la fête en deux temps : celui du calendrier, et celui du souvenir.

Wissal Bendardka - 16 mai 2026
70 ans de la DGSN : nouvelles infrastructures sécuritaires à Tinghir et Casablanca

Société - La DGSN inaugure de nouvelles structures sécuritaires à Tinghir et Casablanca pour renforcer la proximité et la rapidité d’intervention policière.

Rédaction LeBrief - 16 mai 2026
Deux extrémistes liés à Daech arrêtés au Maroc

Société - Deux jeunes individus soupçonnés de liens avec une organisation terroriste ont été arrêtés lors d’une opération sécuritaire coordonnée. Ils projetaient des actions violentes visant des cibles sensibles et l’ordre public.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Aïd Al-Adha : à Casablanca, le mouton reste hors de portée pour de nombreuses familles

Société - Les prix des moutons de l’Aïd suscitent l’inquiétude des consommateurs, qui dénoncent des tarifs jugés excessifs.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
UM6SS : un congrès pour repenser les soins infirmiers en Afrique

Société - L’UM6SS organise à Casablanca, du 14 au 16 mai 2026, la 2e édition du CASIPS sur les pratiques avancées en sciences infirmières en Afrique.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Réfugiés et migrants : le HCR pointe les failles du système d’accompagnement au Maroc

Société - Un rapport du HCR souligne d’importantes inégalités d’accès aux aides pour les migrants.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire