70,67 milliards de DH : que révèle le bilan du foncier public ?
Quartier Maârif de Casablanca © LeBrief
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Le ministère de l’Économie et des Finances a rendu publics sur son site les documents et rapports accompagnant le Projet de loi de finances (PLF) 2027. Parmi ces publications figure le rapport consacré à la mobilisation du foncier public pour l’investissement. Élaboré par la Direction des Domaines de l’État, ce document présente le bilan de l’exercice 2025 ainsi que les données du premier semestre 2026.
Le rapport revient sur la manière dont le domaine privé de l’État est mobilisé pour soutenir les projets économiques, accompagner les stratégies sectorielles et contribuer au développement des équipements publics et des services sociaux. Il détaille également les modalités d’attribution des terrains, les secteurs bénéficiaires et les disparités régionales.
En 2025, 308 projets ont ainsi obtenu un avis favorable, pour une superficie totale de 31.977 hectares et un investissement prévisionnel de 70,67 milliards de dirhams. Les opérations devraient générer 16.333 emplois à terme. Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie qui privilégie notamment la location des terrains publics et prévoit un suivi des engagements pris par les investisseurs.
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Comment le foncier public a-t-il été mobilisé en 2025 ?
Le bilan de l’exercice 2025 fait état de 308 projets d’investissement reposant sur des terrains relevant du domaine privé de l’État. La superficie mobilisée atteint 31.977 hectares, pour un volume d’investissement prévisionnel de 70,669 milliards de dirhams. Les projets concernés devraient permettre la création de 16.333 emplois.
Les Centres régionaux d’investissement (CRI), à travers les Commissions régionales unifiées d’investissement, occupent une place centrale dans le traitement des demandes. Selon le rapport, 90,2% des projets ont reçu un avis favorable dans le cadre de la gestion déconcentrée de l’investissement. Ils représentent une enveloppe prévisionnelle de 56 milliards de dirhams et 14.288 emplois attendus.
La mobilisation du foncier public répond à plusieurs objectifs : soutenir l’investissement productif, accompagner le déploiement des stratégies sectorielles nationales et contribuer à la réalisation d’équipements publics. Elle intervient également dans le cadre de programmes liés au logement social et à la résorption de l’habitat insalubre.
Le rapport rappelle que la politique de déconcentration de l’investissement, engagée en 2002 et appuyée par les CRI et les commissions régionales, a contribué à renforcer le rôle du patrimoine foncier de l’État dans l’accompagnement des projets privés.
Sur les trois dernières années couvertes par le bilan général, la Direction des Domaines de l’État indique avoir mobilisé 1.509.398 hectares, associés à un investissement prévisionnel de 686 milliards de dirhams et à 115.014 emplois escomptés.
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Pourquoi la location reste-t-elle le principal mode de mobilisation ?
La location constitue le mode privilégié de mise à disposition du foncier public. En 2025, elle a concerné plus de 86,25% de la superficie globale attribuée, soit environ 27.600 hectares. Les cessions ont porté sur près de 4.400 hectares.
Ce choix s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine foncier de l’État et d’adaptation des terrains aux besoins des projets. La Direction des Domaines de l’État privilégie notamment la location pour les opérations nécessitant de vastes superficies. Dans le secteur industriel, elle favorise également la location de lots situés dans des zones industrielles aménagées, afin de réduire le coût du foncier destiné aux investisseurs.
La répartition sectorielle des superficies louées révèle une forte concentration dans l’énergie, qui représente 93,8% du foncier domanial attribué par cette voie. Cette proportion s’explique notamment par les besoins fonciers des projets énergétiques, en particulier ceux liés aux énergies renouvelables.
Le rapport souligne aussi la nécessité d’éviter l’attribution de superficies disproportionnées par rapport à la portée des projets. La diversification des modes de mobilisation doit ainsi tenir compte de la nature et de la vocation des investissements, qu’ils concernent l’industrie, l’habitat, le tourisme ou l’énergie.
Le suivi des engagements contractuels constitue un autre volet de cette politique. En 2025, plus de 5.862 hectares ont été récupérés auprès d’investisseurs défaillants. Selon le document, ces terrains sont destinés à être réaffectés à de nouveaux projets présentant un potentiel socio-économique.
Quels secteurs ont bénéficié des superficies les plus importantes ?
La répartition sectorielle des projets approuvés fait ressortir la place des services, du tourisme, de l’industrie et de l’agro-industrie. Ces quatre secteurs regroupent plus de 73,3% des projets validés en 2025. Toutefois, en matière de superficie, l’énergie domine largement, avec 26.609 hectares, soit 83,21% du total mobilisé.
Le secteur énergétique compte neuf projets, associés à près de 49 milliards de dirhams d’investissements prévisionnels et à 568 emplois attendus. La quasi-totalité des terrains qui lui sont destinés se situe dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Guelmim-Oued Noun.
Le tourisme a bénéficié de 2.573 hectares pour 58 projets. Les investissements prévisionnels atteignent 3,014 milliards de dirhams et les créations d’emplois attendues 2.809 postes. La région de Souss-Massa se distingue par la superficie mobilisée, avec 2.449 hectares destinés à quatre projets, tandis que Rabat-Salé-Kénitra concentre plus de 34% des investissements projetés du secteur.
L’industrie a obtenu 360 hectares pour 45 projets, représentant 3,219 milliards de dirhams et 4.302 emplois attendus. Plus de 60% de la superficie mobilisée dans ce secteur se situe à Casablanca-Settat.
L’agro-industrie compte, pour sa part, 32 projets répartis sur 357 hectares. L’investissement prévisionnel atteint 1,676 milliard de dirhams et les emplois attendus 1.263 postes.
Les services se distinguent par le nombre d’opérations : 91 projets, soit près de 30% du total annuel. Ils couvrent 162 hectares et représentent 3,914 milliards de dirhams d’investissements ainsi que 4.508 emplois attendus.
Le bilan comprend également 25 projets dans l’habitat, sur 1.080 hectares, pour une enveloppe de 4,839 milliards de dirhams. Les mines comptent sept projets sur 760 hectares, avec 19 millions de dirhams d’investissements prévisionnels et 96 emplois attendus. La santé totalise 12 projets sur 16 hectares, pour 1,322 milliard de dirhams et 655 emplois. Enfin, l’enseignement et la formation regroupent dix projets sur plus de 12 hectares, associés à environ 3,417 milliards de dirhams et à 1.727 emplois prévus.
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Quelles régions concentrent le foncier mobilisé ?
La répartition territoriale du foncier public fait apparaître le poids des régions du Sud, notamment en raison des projets énergétiques. Laâyoune-Sakia El Hamra a bénéficié de 15.078 hectares en 2025, soit près de la moitié de la superficie nationale mobilisée. Les projets concernés représentent environ 39,08 milliards de dirhams d’investissements prévisionnels et 1.627 emplois attendus.
Guelmim-Oued Noun arrive également parmi les principales régions bénéficiaires, avec 11.861 hectares mobilisés pour 20 projets. L’investissement prévisionnel associé s’élève à 1,868 milliard de dirhams, pour 1.146 emplois attendus.
Cette concentration territoriale reflète notamment les besoins des infrastructures énergétiques, qui exigent des emprises foncières importantes. Elle ne correspond pas nécessairement à la répartition du nombre de projets ou des emplois prévus.
D’autres régions se distinguent par des spécialisations sectorielles différentes. Casablanca-Settat occupe une place importante dans l’industrie et l’habitat, tandis que Souss-Massa figure parmi les territoires bénéficiaires de projets touristiques et de services. Dakhla-Oued Eddahab se distingue notamment dans les mines, avec 741 hectares mobilisés dans ce secteur en 2025, ainsi que dans plusieurs autres activités.
Les données sectorielles montrent ainsi que les besoins en foncier, le volume d’investissement et les perspectives d’emploi varient selon les territoires et les types de projets.
Que révèle le bilan du premier semestre 2026 ?
Le rapport prolonge son analyse au premier semestre 2026. Sur cette période, 114 projets d’investissement ont été recensés, couvrant une superficie de 23.374 hectares. Le montant des investissements prévisionnels dépasse 19,7 milliards de dirhams, tandis que les emplois attendus sont estimés à 6.252.
La gestion déconcentrée de l’investissement demeure prédominante, avec plus de 95% des projets traités dans ce cadre. La location représente également l’essentiel des superficies mobilisées, avec une part de 99,18%.
Sur le plan sectoriel, les mines concentrent 94,52% des superficies louées durant le semestre. À l’inverse, les services, le tourisme et l’agro-industrie occupent une place importante en nombre de projets, représentant ensemble 71,93% des opérations recensées.
Le rapport présente également les données relatives au secteur agricole, traité séparément des secteurs productifs. Au premier semestre 2026, 72 conventions de partenariat agricole ont été recensées, portant sur 3.159 hectares. Les investissements associés dépassent 1,631 milliard de dirhams, pour 7.341 emplois attendus.
Ces chiffres complètent le bilan de la mobilisation du domaine privé de l’État, en mettant en évidence la diversité des secteurs concernés et la place des conventions agricoles dans le dispositif.
Le foncier public peut-il soutenir durablement l’investissement ?
Le rapport accompagnant le PLF 2027 présente le foncier public comme un levier d’accompagnement de l’investissement et des stratégies sectorielles. Les données de 2025 montrent l’ampleur des superficies mobilisées et des montants prévisionnels associés aux projets approuvés, tandis que le premier semestre 2026 confirme le poids de secteurs nécessitant de grandes emprises foncières.
Le document distingue toutefois les investissements annoncés et les emplois attendus des réalisations effectives. Les montants et les créations d’emplois présentés correspondent à des prévisions liées aux projets recensés.
Le suivi des engagements des investisseurs, la récupération des terrains en cas de défaillance et leur éventuelle réaffectation font partie des mécanismes décrits par la Direction des Domaines de l’État. L’enjeu consiste ainsi à mobiliser le patrimoine foncier en fonction des besoins des projets tout en veillant au respect des engagements pris.
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