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Le bras de fer Maroc-Amnesty International se poursuit

Faisant l’objet de plusieurs rapports et articles hostiles de l’Organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty International (AI), le Maroc refuse désormais de se taire et réclame les preuves sur lesquelles elle s’est appuyée pour conduire ses enquêtes. Le ras le bol du royaume intervient après que AI l’ait accusé d’espionner le journaliste marocain Omar Radi. Malgré la réponse de l’ONG, le gouvernement exige encore des preuves scientifiques, sous peine de prendre les mesures nécessaires pour défendre la sécurité nationale.

Par Nora Jaafar, Publié le 06/07/2020 à 17:41, mis à jour le 06/07/2020 à 18:49
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Le Maroc dénonce la position hostile d’Amnesty International à son égard

Le Maroc hausse le ton contre Amnesty International (AI). Mise au défi lors d’une conférence conjointe par trois ministres marocains ainsi qu’une lettre du chef du gouvernement, l’Organisation non gouvernemental (ONG) a émis une réponse le samedi 4 juillet. La démarche du gouvernement intervient après que AI ait publié le 22 juin 2020 un rapport dénonçant que le royaume viole les droits de l’homme, et ce en espionnant le téléphone du journaliste Omar Radi. Des allégations que le pays a très vite démenties, exigeant que l’ONG livre les «preuves» qu’elle a collectées pour avancer ces «accusations graves et tendancieuses», menaçant à défaut de «prendre les mesures nécessaires pour défendre la sécurité nationale», rapporte LeMonde.

 

La réponse d’Amnesty International

Selon le quotidien français, dans la réponse qu’elle a transmise le 4 juillet au gouvernement, Amnesty International estime avoir fourni toutes les preuves liées à ce dossier. Et de réitérer que «la technologie utilisée pour espionner le téléphone d’Omar Radi exige une influence sur les opérateurs téléphoniques, que seul peut exercer un gouvernement pour pouvoir pirater la connexion Internet».

Du côté du royaume, ce retour a été jugé irrecevable de par sa forme et son fonds, indique Médias24. Ainsi, au niveau de la forme, Hasna Tribak, directrice des Études juridiques et de la Coopération internationale au ministère d’État chargé des droits de l’Homme et des relations avec le Parlement, a souligné que la lettre de Saad Dine El Otmani, Chef de l’Executif, s’est adressée au siège de l’organisation à Londres. Or, c’est le Bureau régional d’Amnesty situé à Tunis qui a réagi à la corresponde d’El Otmani et aux appels de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de Mustapha Ramid, ministre des Droits de l’Homme, et de Saïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale et porte-parole du gouvernement.

Concernant la forme du retour d’AI, la directrice a soutenu qu’elle «se contente de rabâcher les mêmes allégations légères et accusations gratuites contenues dans le rapport, sans apporter de preuves scientifiques ou d’arguments objectifs». Elle a ainsi affirmé que «les autorités marocaines sont toujours en attente de la réponse à la lettre du Chef du Gouvernement, de la part du destinataire saisi», ainsi que «les preuves scientifiques probantes qu’elles ont demandées».

 

Mise en contexte

Qualifiant Amnesty International d’«amnésie internationale», le quotidien Assabah précise ce lundi 6 juillet que le Maroc a fait l’objet de pas moins de 7 rapports tendancieux et de 72 autres documents défavorables élaborés par l’ONG. Des investigations et des articles qui ont été réalisés sans avoir vérifié la version du gouvernement, poursuit le journal. D’ailleurs, la semaine dernière, Bourita a pointé du doigt la position hostile adoptée par l’ONG à l’égard du royaume, soulignant que cette dernière soulève des interrogations quant à ses motivations.

Pour rappel, l’accusation phare du rapport d’Amnesty porte sur l’espionnage présumé du journaliste Omar Radi. Les experts de l’organisation ont affirmé avoir retrouvé dans le téléphone de ce dernier les traces d’un logiciel de piratage, qui aurait été installé par les autorités marocaines. Notons que Radi a été a son tour accusé par la justice du royaume de bénéficier de «financements de l’étranger» et d’entretenir des «liens avec un officier de liaison d’un pays étranger» qui aurait travaillé «sous couvert diplomatique depuis 1979 dans plusieurs régions de tensions» dans le monde. De plus, le journaliste a été condamné en mars 2020 à quatre mois de prison avec sursis pour outrage à magistrat.

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