Entreprises marocaines : Plus de 8400 faillites en 2019

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

Le salarié marocain, est-il heureux ?Photo d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Selon les indicateurs d’Inforisk, 8439 entreprises marocaines ont fait faillite en 2018. Un chiffre alarmant d’autant plus qu’il place le Maroc dans la case des pays où la conjoncture et les impayés sont particulièrement fatals pour les sociétés. Les défaillances et les facteurs, qui coutent à plusieurs salariés leurs gagne-pain et source de revenus, menacent de nombreux secteurs et risquent de s’aggraver davantage en 2020.

2019 est une année à oublier pour beaucoup d’entreprises marocaines. D’après les indicateurs d’Inforisk, 8 439 d’entre elles ont fait faillite, soit une hausse de 5 % par rapport à 2018. L’Économiste rapporte qu’en 10 ans, le nombre de défaillances a été multiplié par 2,4 ! Néanmoins la situation à fin 2019 demeure moins critique que les années précédentes.De 2015 à 2017, par exemple, les défaillances d’entreprises marocaines avaient enregistré une augmentation, se situant entre 14 % et 24 %.

Un constat alarmant qui place le Maroc dans la case des pays où la conjoncture et les impayés sont particulièrement fatals à l’entreprise. Challenge pointe du doigt les délais et retards de paiement. Ces derniers constituent aujourd’hui un risque majeur pour la pérennité et la santé financière des entreprises. Et pour cause, ils seraient responsables de 40 % des défaillances d’entreprise au Maroc. Notons dans ce sillage que le gouvernement essaie de sensibiliser les opérateurs par rapport aux retards de paiement, en donnant l’exemple et en poussant les entreprises et établissements publics à se conformer à la loi.

D’autres facteurs structurels pèsent également lourdement dans la balance, notamment la faiblesse du niveau d’investissement en R&D, la non-diversification des offres entrepreneuriales, la faible qualification de la main-d’œuvre ainsi que la saturation du marché domestique.

Des secteurs à risques

L’Économiste souligne pour sa part que le Commerce, l’Immobilier et le BTP demeurent les secteurs les plus sinistrés. Au total, 2960 faillites ont été enregistrées dans le commerce et 1800 dans l’immobilier en 2019. Les défauts dans le BTP totalisent 1280. Et vu que faillite rime fatalement avec perte d’emploi, 3,9 milliards de masses salariales sont parties en fumée.

D’autres secteurs et sous-secteurs se sont rajoutés aux secteurs historiques cités plus haut. C’est le cas notamment de la distribution de matériel informatique et de biens d’équipement.

Des prévisions pessimistes

Tenant compte de ces éléments, l’assureur crédit Euler Hermes mise sur une aggravation de 5 % des défaillances pour 2020. Il place d’ailleurs le Maroc dans la catégorie des pays qui subiront une forte détérioration. Après la Turquie, le Maroc affiche la 2e dégradation la plus importante de la catégorie.

L’herbe n’est pas plus verte à l’échelle mondiale. Dans son rapport, Euler Hermes note qu’en 2019, les défaillances d’entreprises ont crû de 9 %, soit une 3e année consécutive de hausse. Suite à une forte croissance de ce phénomène en Chine (+20 %) et une inversion de tendance en Europe de l’Ouest (+2 %) et en Amérique du Nord (+3 %).

Pour revenirau cas du Maroc, l’Économiste rapporte que des dizaines de milliers d’autres sociétés sont « dans le couloir de la mort ». Plus de 90 000 entreprises seraient en veilleuse, estime Inforisk. Dont une majorité écrasante qui refusent de recourir aux procédures collectives prévues par le code de commerce pour tenter de s’en sortir. Cette démarche est vécue culturellement comme une infamie et une honte pour les dirigeants. Dans certains cas, ils font jouer la montre pour échapper aux contrôles fiscaux.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Grand Casablanca : les chantiers ferroviaires avancent un an après leur lancement

Un an après leur lancement, les principaux chantiers ferroviaires du Grand Casablanca avancent avec 20 milliards de dirhams d’investissement.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
iCAUR prépare son arrivée au Maroc avec Auto Hall

iCAUR prépare son lancement au Maroc avec Auto Hall, en misant sur un design intemporel, des technologies intelligentes et une nouvelle approche de la mobilité premium.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Aéroports : 22,3 millions de passagers à fin juillet

Les aéroports marocains ont enregistré 22,3 millions de voyageurs à fin juillet 2026, tandis que le trafic portuaire a atteint 134,9 millions de tonnes.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Téléphonie : le parc mobile atteint 58,8 millions d’abonnés

Le Maroc compte près de 58,8 millions d’abonnés mobiles et 42 millions d’abonnés internet à fin juin 2026, selon les données de la DEPF.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Barrages : évolution contrastée des réserves d’eau

Les réserves de plusieurs barrages marocains ont évolué différemment en 24 heures, avec des hausses dans certains ouvrages et des baisses dans d’autres.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Hydrogène renouvelable : la Suisse privilégie le Maroc

La Suisse place le Maroc en tête de ses partenaires potentiels pour développer l’hydrogène renouvelable, tout en excluant pour l’instant un nouveau financement public.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire