Aller au contenu principal

El Otmani contre la dépénalisation de l’avortement

Le chef du gouvernement marocain Saad Dine El Otmani a critiqué les organisations qui militent pour la dépénalisation de l’avortement et d’autres libertés individuelles que la loi islamique considère « haram » ou interdits. Lors d’une réunion à Marrakech le samedi 16 novembre, il a déclaré que l’augmentation de la participation des femmes à la vie politique ne se traduira pas nécessairement « par l’abandon des préceptes religieux, la banalisation du "halal" et l’autorisation du "haram" ».

Par Nora Jaafar, Publié le 19/11/2019, mis à jour le 30/12/2019
Teaser Media

La réunion du samedi dernier a lancé le plan « Tamkin » de l’organisation des femmes du Parti de la justice et du développement (PJD). Ce programme vise une meilleure représentation des femmes au sein du parti. El Otmani a profité de cette occasion pour s’adresser aux organisations qui réclament que les rapports sexuels consensuels entre adultes et l’avortement — actes criminels en vertu du Code pénal marocain — deviennent légaux. « S’écarter des préceptes religieux est une ligne rouge », affirme le chef du gouvernement.

 

Dans une interview accordée cet été à Jeune Afrique, El Otmani a expliqué que « le PJD n’est pas un parti islamiste, mais un parti à référentiel islamique ». Puis ce samedi, il a souligné que les principes islamiques guident le gouvernement marocain. Selon lui, il existe toutefois une marge pour comprendre ou interpréter les principes dans un cadre plus moderne et plus novateur. « Nous comprenons le référentiel islamique selon une approche qui concilie religion, modernité et démocratie », a déclaré El Otmani à Jeune Afrique. Et d’ajouter : « La société marocaine traverse actuellement une phase difficile de transition entre tradition et modernité...... Le problème, c’est que les valeurs traditionnelles s’effritent ».

 

Appelle à la décriminalisation

Les propos d’El Otmani à Marrakech font suite à plusieurs manifestations appelant à la dépénalisation des rapports sexuels consensuels entre adultes ainsi qu’à l’avortement. Les protestations ont commencé lors du procès très médiatisé de la journaliste Hajar Raissouni, qui a été condamnée à une peine de prison pour avoir présumément subi un avortement. La police avait arrêté Raissouni, son fiancé et son médecin alors qu’elle quittait une clinique de gynécologie. Les procureurs ont accusé le couple d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage et d’avoir procédé à un avortement. Quelques semaines après sa condamnation, le roi a gracié la journaliste, son fiancé et l’ensemble de l’équipe médicale impliqué dans cette affaire.

 

Pour rappel, en 2018, la police marocaine a arrêté 14 503 personnes pour avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Elle a également interpelé 3 048 personnes pour adultère, mais n’a arrêté que 73 accusés qui ont subi ou pratiqué un avortement.

 

Pour El Otmani, la solution aux questions de moralité et de criminalité consiste à renforcer « les valeurs nécessaires à une transition réussie vers la modernité dans le respect des traditions et cultures » marocaines.

Le ministère de la Santé appelle les citoyens au respect des mesures de précaution

Le ministère de la Santé a appelé, samedi, les citoyennes et les citoyens au respect strict des mesures de précaution et préventives anti-Covid-19. À l’approche des vacances d’été et de la fin de l...

Officiel: pas de pèlerinage pour les Marocains cette année

C'est officiel, les Marocains sont privés de pèlerinage cette année. En effet, le pèlerinage de cette année sera limité aux Saoudiens et aux résidents du même pays. L'Arabie saoudite va autoriser 60.0...

Sûreté nationale : haro sur les dérives policières

Les Marocains peuvent s’enorgueillir de l’efficacité de leurs services sécuritaires. Le professionn...

Le test PCR n'est plus obligatoire pour les voyageurs en provenance de la liste A

Les conditions d'accès au Maroc à partir du 15 juin ont connu une légère modification. Pour les voyageurs arrivant de la liste A, le test PCR n'est plus exigé si la personne est vaccinée. Les voyageur...

Nos téléphones écoutent-t-ils nos conversations ?

Tout le monde a déjà été surpris de voir apparaître une publicité sur internet pour un produit dont il venait de parler. Ce constat laisse aussi place aux théories de complot, poussant ainsi la majori...

Enseignement préscolaire : les recommandations des députés

La Commission chargée de l’évaluation des politiques publiques à la Chambre des représentants a liv...