Idarati X.0 : bientôt un clic au lieu du guichet pour des millions de Marocains

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Idarati X.0 : bientôt un clic au lieu du guichet pour des millions de MarocainsPhoto prise lors de la rencontre entre la ministre de la Transition Numérique Amal El Fellah Serghouchni, le président de la CNDP Omar Serghouchni et des journalistes, le 09 janvier 2026 © LeBrief

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Avec le lancement d’Idarati X.0, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration engage un tournant majeur vers une administration électronique unifiée. Portée avec la CNDP et plusieurs institutions publiques, cette méta-application ambitionne de simplifier les démarches, sécuriser les données et rapprocher durablement le citoyen de l’État.

Après avoir mis en ligne près de 660 services via le portail national des démarches administratives, le Maroc veut franchir une nouvelle étape. L’objectif est de faire basculer l’essentiel des interactions entre l’administration et les citoyens vers le mobile.

Présentée par la ministre Amal El Fallah Seghrouchni, Idarati X.0 se veut une « méta-application intelligente », capable d’agréger différents services publics dans une seule interface. Une super-app, pensée comme point d’entrée unique vers l’administration électronique.

Lire aussi : Le ministère de la Transition numérique rejoint le Portail national au droit d’accès à l’information

« Ce que nous cherchons à faire, c’est accélérer la dématérialisation, rendre les services accessibles depuis un téléphone, favoriser des infrastructures numériques performantes et résilientes, tout en garantissant la protection des données personnelles et la cybersécurité », explique la ministre.

L’ambition est de réduire drastiquement les déplacements physiques, fluidifier les parcours administratifs et faire en sorte que le citoyen ne soit plus « le coursier de l’administration ».

Une architecture fondée sur la souveraineté numérique

Au cœur du dispositif : un wallet national électronique, adossé à l’identité nationale portée par la carte d’identité électronique de la DGSN. Chaque institution disposera de son « contenant » (un espace sécurisé regroupant ses propres services) hébergé dans un coffre-fort numérique central.

Concrètement, le citoyen pourra stocker dans son portefeuille numérique ses cartes, attestations ou documents officiels, accessibles selon ses besoins.

Cette architecture repose sur un principe déterminant : la gestion sectorielle des identifiants. Les données sont compartimentées par domaine (santé, transport, fiscalité…), évitant toute centralisation excessive.

« Votre identifiant santé ne sera pas le même que votre identifiant transport ou impôt. Cela permet de répartir le risque et de mieux protéger les citoyens », souligne la ministre.

Le projet s’inscrit également dans une logique de « Privacy by design » et de « Security by design » : la protection de la vie privée et la cybersécurité sont intégrées dès la conception, sous la supervision de la CNDP.

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« Dites-le nous une seule fois »

L’un des piliers d’Idarati X.0 est la simplification radicale des procédures. Fini les demandes répétées de documents identiques par plusieurs administrations.

« Dites-le nous une seule fois, dites-nous ce que vous voulez, du reste on s’occupe », résume Amal El Fallah Seghrouchni.

Cette logique vise à rationaliser les parcours usagers et à réduire les délais. Certains services déjà digitalisés donnent un aperçu du potentiel : l’inscription au baccalauréat libre est passée de six jours à vingt minutes, sans aucun déplacement. Même constat pour plusieurs démarches liées à la création d’entreprise.

Pour la ministre, ces gains de temps et d’argent constituent les véritables indicateurs de réussite. « Quand ça marche, il n’y a pas besoin de faire de promotion. Les citoyens le ressentent immédiatement ».

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Une démarche collective et progressive

Le projet est porté conjointement par le ministère de la Transition numérique et la CNDP, avec l’appui de la DGSN pour l’identité électronique et des services de cybersécurité.

Dès cette première phase, plusieurs institutions publiques doivent signer aujourd’hui un cadre de coopération.

« Chaque administration avancera à son rythme. Certaines sont très digitalisées, d’autres commencent à peine. Notre rôle est d’accompagner cette convergence », précise la ministre.

Une phase de benchmark international a permis d’identifier les meilleures pratiques. Le Maroc construit désormais sa propre architecture, adaptée à ses spécificités.

Start-up marocaines, IA et emplois numériques

Idarati X.0 mobilise également l’écosystème technologique national. Le ministère travaille avec des TPME et des start-up marocaines spécialisées dans la numérisation, l’intelligence artificielle, le cloud ou la gestion documentaire.

La transformation du papier en données exploitables représente à elle seule un gisement massif d’emplois.

« Rien que la digitalisation des archives pourrait créer des dizaines de milliers de postes », estime la ministre, évoquant le Bulletin officiel dont les archives remontent à 1912.

Des appels à manifestation d’intérêt sont prévus pour élargir encore la participation du secteur privé.

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Cybersécurité et fracture numérique : deux défis majeurs

Face aux risques de cyberattaques, le projet mise sur une architecture décentralisée, le chiffrement des données et une mise à jour permanente des protocoles de sécurité.

« Créer le digital, c’est aussi créer le risque. Mais on peut le réduire par l’architecture, la technologie et surtout par la culture », rappelle le président de la CNDP.

Autre enjeu : l’inclusion. Le ministère prévoit le maintien de guichets physiques avec présence humaine, afin de garantir l’accès aux services pour les citoyens non connectés ou peu à l’aise avec le numérique.

« Les citoyens connectés et non connectés doivent avoir les mêmes droits », insiste la ministre, évoquant le modèle japonais où chaque service conserve un relais humain.

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Vers un cadre national des interactions digitales

À terme, Idarati X.0 doit poser les bases d’un cadre opérationnel unifié pour l’ensemble des services publics numériques. Une administration électronique fondée sur l’interopérabilité, la confiance et la souveraineté.

« Ce n’est pas une application de plus. C’est une transformation structurelle », martèle Amal El Fallah Seghrouchni.

Si le chantier s’annonce long, les autorités misent sur un effet d’entraînement : aucune institution ne voudra rester à la traîne.

Avec cette super-app, le Maroc espère faire de la digitalisation un levier concret de modernisation de l’État, et un outil quotidien au service des citoyens.

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