Sahara : l’engagement du Maroc et les réticences de l’Algérie

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Nasser Bourita a reçu, aujourd'hui à Rabat, le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara et chef de la MINURSO, M. Alexander Ivanko

A
A
A
A
A

Le ministre sortant des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a rencontré Alexander Ivanko, nouveau représentant spécial pour le Sahara et chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara (Minurso). Bourita a ainsi réitéré l’engagement du Maroc quant au processus onusien visant à résoudre la question du Sahara. Un dossier qui a d’ailleurs été récemment abordé par le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, lors d’une réunion en marge de la 76e Assemblée générale de l’ONU. Cet échange est intervenu alors que l’Algérie a exprimé ses réticences face à la nomination de Staffan de Mistura comme émissaire de l’ONU au Sahara.

Le Maroc confirme son engagement à la résolution de la question du Sahara. Ce mardi 21 septembre, le ministre sortantdes Affaires étrangères, Nasser Bourita, a rencontré Alexander Ivanko, nouveau représentant spécial pour le Sahara et chef de la Mission onusienne pour l’organisation d’un référendum au Sahara (Minurso). Cetteréunion a été l’occasion pour Bourita d’affirmerl’adhésion du Royaumeau processus politique mené par les Nations Unies (ONU) afin de trouver une solution mutuellement acceptable au conflit relatif aux provinces du Sud. Il a rappelé que le Maroc a présenté à plusieurs reprises la viabilité de son plan d’autonomie comme une étape crédible et sérieuse vers la recherche d’une solution durable de ce dossier épineux.

Lire aussi :Qui est Alexander Ivanko, nouvel envoyé spécial pour le Sahara

Notons que Rabat a soumis son initiative d’autonomie à l’ONU en 2007, proposant de faire de la région du Sahara un territoire semi-autonome sous souveraineté marocaine. Cette stratégie vise également à permettre à la population de la région de gérer ses affaires sociales, économiques et politiques, tandis que le Maroc s’occupe de la défense et des affaires diplomatiques. Ce plan a déjà reçu le soutien de nombreux pays, et le consensus diplomatique de ces dernières années confirme que c’est le moyen le plus viable de parvenir à une solution pacifique et durable.

De plus, la rencontre de Bourita avec Ivanko intervient près d’un mois après que l’ONU a annoncé la nomination de ce dernier en remplacementdu diplomate canadien Colin Stewart à la tête de la Minurso. Ivanko est familier avec les subtilités du conflit du Sahara, ayant servi comme chef d’état-major de la mission onusienne depuis 2009. Il a également été directeur de l’information publique pour la mission de l’ONU au Kosovo de 2006 à 2009 et porte-parole des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine de 1994 à 1998. Selon l’Organisation «Ivanko apporte à ce poste plus de 30 ans d’expérience dans les affaires internationales, le maintien de la paix et le journalisme». En effet, le nouveau chef de la Minurso est titulaire d’une maîtrise avec mention en journalisme de l’Université d’État de Moscou et parle couramment le russe et l’anglais.

L’Algérie retarde la résolution du dossier du Sahara

Par ailleurs, le dossier du Sahara a été abordé ce mardi à New York en marge de la 76e session de l’Assemblée générale (AG) de l’ONU par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Ce dernier a évoqué ce sujet lors de ses entretiens avec la sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques, Victoria Nuland. D’après la diplomate américaine, ces échanges ont principalement porté «sur le Sahara, la Libye, le Mali et le Sahel ainsi que sur les investissements américains dans les énergies renouvelables algériennes»,notant que«les États-Unis apprécient les efforts de l’Algérie pour promouvoir la paix et la sécurité régionales».

Toutefois, après avoir accusé le Maroc en 2019 de «n’avoir aucune volonté politique d’aller vers une solution pacifique au « soi-disant » conflit sahraoui», en raison du refus du Royaume d’accepter la candidature de l’italo-suédois Staffan de Mistura en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, voilà qu’aujourd’hui c’est Alger qui rejette cette nomination. Un rejet qui intervient après que Rabat ait approuvé la désignation de Staffan de Mistura. L’agence officielle Algérie presse service (APS) a lancé dans ce sens : «Qu’est-ce qui a été donné en contrepartie de cette acceptation ?». Et d’ajouter que de toute façon «la nomination, bien qu’importante, d’un envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental n’est pas un objectif stratégique majeur en soi». Oubi Bouchraya Bachir, représentant du Polisario en Europe, a pour sa part avancé que de Mistura «reste ligoté par la feuille de route que lui tracera le Conseil de sécurité».

Lire aussi :ONU-Sahara : qui est Staffan De Mistura et quels sont les défis qu’il doit relever ?

Enfin, selon Maroc Hebdo on comprend de ce changement de position, que l’Algérie essayait de pousser la candidature de l’italo-suédois en 2019 rien que pour démonter que c’était le Maroc qui bloquait le processus onusien de résolution du conflit du Sahara. Mais aujourd’hui, il devient de plus en plus clair que c’est le pays voisin qui cherche à retarder la fin de ce dossier, vu que cela ne servira aucunement ses intérêts nationaux et régionaux.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Migration irrégulière : plus de 73.000 tentatives déjouées en 2025

Politique-Le ministère de l’Intérieur fait état de 73.640 tentatives d’émigration irrégulière avortées en 2025.

Rédaction LeBrief - 3 avril 2026
Financement électoral : le gouvernement renforce le soutien à la participation

Politique - Le gouvernement augmente le financement électoral pour favoriser la participation des femmes, des jeunes, des MRE et des personnes en situation de handicap.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Sahara : le Royaume-Uni réitère son appui au plan d’autonomie

Politique - Londres confirme son appui à l’initiative marocaine d’autonomie, jugée crédible et réaliste pour régler le différend autour du Sahara. Le Royaume-Uni insiste sur une issue durable et s’aligne sur la dynamique internationale portée par l’ONU.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Conseil de gouvernement : feu vert au projet sur les campagnes électorales

Politique - Réuni à Rabat, le Conseil de gouvernement valide plusieurs décrets liés aux élections, à la justice, aux barrages et à la formation maritime, tout en examinant un accord avec le Vietnam.

Ilyasse Rhamir - 2 avril 2026
OTAN : le Maroc, pivot stratégique du voisinage sud

Politique - L’OTAN renforce son approche du sud et positionne le Maroc comme partenaire stratégique central dans la sécurité régionale et la coopération.

El Mehdi El Azhary - 2 avril 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le roi Mohammed VI lance à Nouaceur une usine Safran dédiée aux trains d’atterrissage

Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire