Communales 2021 : Salé veut prendre le train du développement

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Les Slaouis ne veulent plus de promesses en l’air. Les candidats aux communales du 8 septembre doivent réfléchir à un programme pour un développement social, culturel et économique digne de la cité des corsaires. Salé qui regroupe aujourd’hui plus d’un million d’habitants souffre de beaucoup de problèmes tant au niveau des infrastructures que de leur gestion. Considérée comme une cité-dortoir pour Rabat et un centre d’accueil de l’exode rural, Salé a vu naître des quartiers périphériques sans véritable plan d’aménagement.

Hay Al Qaria, Tabriquet, Laâyayda, Hay Salam, Hay Rahma, Hay Karima, Hay Chamaou sont des quartiers populaires accueillant les nouveaux arrivants à Salé. Le taux de criminalité est assez élevé dans ces quartiers où les Slaouis ont de plus en plus de mal à s’aventurer la nuit. Le développement urbanistique anarchique et incontrôlé y est pour quelque chose, même si la ville a connu une mise à niveau ces dernières années avec une enveloppe de 5 milliards de DH (MMDH). Tristement célèbre pour son hôpital psychiatrique, le plus grand du Maroc et sa grande prison Zaki, Salé cache des joyaux urbanistiques qui feraient d’elle une destination touristique de premier ordre. Le projet d’aménagement de la vallée du Bouregreg qui avait pour objectif de remodeler les deux rives du fleuve devrait en principe profiter économiquement aussi bien à Salé qu’à Rabat. Mais ce levier de développement a plus servi Rabat que Salé même si cette dernière abrite la Marina, la Tour Mohammed VI et le Palais des congrès.

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Les attentes des Slaouis

Les habitants de Salé attendent avec impatience un changement à travers les urnes. Déçus par le rendement des conseils communaux qui se sont succédé, l’impact de la mauvaise gestion sur le citoyen slaoui est palpable. «Nous avons atteint le stade où la vie sociale est un calvaire à Salé et notre espoir était de lutter contre la corruption endémique qui a anéanti l’économie de la ville», déclare un ancien élu slaoui. Mounia Habibi, militante associative assure pour sa part que les habitants de l’ancienne médina et de Sidi Moussa sont devenus méfiants envers les anciens élus. Ces derniers ont tendance à fermer les portes de leurs bureaux face aux citoyens dès qu’ils assurent leurs sièges au Conseil de la ville. C’est que les habitants de l’ancienne médina ont constaté que le programme complémentaire de réhabilitation de la médina doté de 900 millions de DH (MDH) n’a pas porté ses fruits. Certes, ce programme a permis de rénover les murs de l’ancienne ville et de sauver certains bâtiments menaçant ruine mais l’amélioration du cadre de vie des habitants de la médina n’a pas été concrétisée malgré des réclamations successives. Dans les siècles passés, les portes de la médina de Salé étaienthabituellement ouvertes le jour, fermées après le coucher du soleil, ou lorsque des événements importants survenaient. Aujourd’hui, elles sont ouvertes 24h/24 mais peu de personnes les franchissent pendant la nuit, non pas à cause du couvre-feu imposé pendant cette pandémie de Covid-19, mais parce que les agressions sont monnaie courante après le coucher du soleil. Parmi les autres doléances enregistrées auprès des services communaux: l’élargissement de voies, l’intégration d’équipements dans différents secteurs de la vie, l’éradication des bidonvilles, la construction d’équipements culturels… Les citoyens tiennent à ce que Salé ne soit plus la ville-dortoir accueillant uniquement les personnes qui travaillent à Rabat.

Lire aussi :Communales 2021 : les attentes des habitants de Fès

Des problèmes à régler

La ville de Salé a été longtemps marginalisée. Des déficits en matière d’infrastructures et d’équipements vitaux, d’intégration des jeunes et l’absence de toute initiative pour moderniser le tissu urbain ont accentué des fléaux comme le crime et la mendicité. Beaucoup de quartiers populaires de la ville de Salé se débattent dans de nombreux problèmes avec des ruelles dans lesquelles se répandent nids-de-poule, ordures et poussières. Les habitants des quartiers Al Inbiaat, Cheikh Mfaddel, Errahma et Dar Al Hamra jurent qu’aucune réparation ou asphaltage n’ont été faits depuis des années. Selon eux, les responsables communaux se concentrent uniquement sur les rues principales à proximité des administrations tandis que les rues situées dans les quartiers populaires sont exclues du plan d’entretien. Ce qui est perceptible chez le citoyen slaoui, c’est l’absence totale de communication avec les élus à l’exception d’un petit groupe d’entre eux qui sont actifs uniquement sur les réseaux sociaux. Les Slaouis ont le sentiment que le temps s’est arrêté dans leur ville. Il suffit de voir les taxis en piteux état avec leurpeinturedéfraichie. Depuis des décennies, la ville de Salé vit en dehors du développement. Malgré les budgets énormes et les programmes de réhabilitation qui ont été promus, les habitants ne voient aucune réalisation sur le terrain.

Les habitants de Salé ont besoin de maisons de jeunes, de foyers féminins, d’infrastructures sportives de proximité… Ils ont hâte de voir leur ville embellie, plus sécurisée, plus accueillante pour recevoir des visiteurs. Ceci ne peut se faire sans un plan de développement bien réfléchi et en phase avec les moyens dont dispose cette ville jumelle de Rabat, marginalisée, oubliée et surtout mal gérée.

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