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Communales 2021 : les Casablancais s’impatientent

Comme tous les Marocains, les Casablancais se rendront le 8 septembre aux urnes pour choisir les membres des conseils locaux. Il s’agit pour les habitants de la métropole d’élire de nouvelles élites locales qui soient en mesure d'améliorer la praxis politique et de mieux gérer les affaires publiques. C’est que les Casaouis ont souffert le martyr ces dernières années, entre les travaux interminables, une circulation étouffante, une gestion déléguée qui laisse à désirer…

Par J.R.Y, Publié le 24/08/2021 à 13:47, mis à jour le 24/08/2021 à 15:26
         Temps de lecture 5 min.
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siège

C’est l’un des conseils communaux les plus critiqués du Maroc. Composé de 147 conseillers élus au suffrage universel pour six ans, le Conseil communal de Casablanca est une assemblée qui délibère sur les affaires de la ville. Casablanca regroupe aussi 16 arrondissements qui sont dotés de la personnalité morale, jouissant de l’autonomie administrative et financière et gérés par des conseils disposant de rôles et attributions spécifiques. Mais le principe de l’unité de la ville fait que les décisions majeures notamment celles relatives à la gestion déléguée des services de propreté, d’eau, d’électricité et d’assainissement restent du ressort du Conseil communal. Sur ce volet, les contrats devaient être révisés alors que d’autres arrivent à échéance sans anticipation sur la gestion des services concédés causant plusieurs fois un arrêt perturbant pour les Casablancais.

 

Une gestion chaotique

«On nous a longtemps vendu le rêve d’une smart city, d’une ville aux standards internationaux comme Barcelone, je ne vois rien de comparable à la capitale catalane. Casa est un fiasco à tous les niveaux», s’insurge Saad K. sur Twitter. La transformation numérique de Casablanca présentée il y a six ans devait permettre à la capitale économique du Maroc de devenir plus attractive, plus efficace et plus compétitive. Le projet «e-Madina» reposait sur une gestion plus efficiente de la ville grâce aux nouvelles technologies avec les processus les plus efficaces dans la gestion de l’énergie, de l’eau, les déchets, ou encore le transport. Les décideurs avaient promis la mise en place d’un monitoring pour tout savoir et à tout moment ce qui se passe dans la ville, ce qui facilite la prise de décision avec en prime le wifi gratuit accessible à tous les citoyens et à plusieurs endroits dans la ville, des détecteurs de places de stationnement vides en temps réel… Six ans après, il n’en est rien. Mis à part les équipements de vidéosurveillance installés par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la synchronisation des feux de circulation avec ceux du tramway, rien de concret concernant le concept de smart city. En réalité, Casablanca ressemble plus à une interface sans backoffice. Les inondations de l’hiver dernier ont prouvé que la métropole moderne du Maroc n’est pas suffisamment outillée pour gérer les situations exceptionnelles. «Casablanca est jumelée à Chicago et Bordeaux depuis des décennies. Nos chers élus auraient dû profiter de ce jumelage pour bénéficier d’un partage d’expérience au lieu d’organiser des événements sans intérêt et de gaspiller l’argent des contribuables à droite et à gauche», plaide Mounir T. sur le forum citoyen de la ville. Au chapitre culturel, Casablanca dispose de 16 théâtres au niveau des 16 arrondissements mais aucun n’est actif avec une troupe dédiée alors que la loi impose que 1% du budget soit réservé à la culture et aux acteurs culturels locaux.

 

Pour une qualité de vie meilleure

Même s’ils notent une amélioration au niveau de la voirie avec l’ouverture de plusieurs trémies fluidifiant la circulation et la mise en circulation d’une nouvelle flotte d’autobus, les 3,4 millions de Casablancais évoquent la mobilité comme un calvaire quotidien. L’état des routes et leur entretien laissent aussi à désirer. Le retard constaté au niveau de plusieurs chantiers exaspère aussi les contribuables. Que ce soit le projet du Grand théâtre, celui de la réhabilitation de la Coupole "Kora Ardia" ou celui du réaménagement du Zoo de Aïn Sebaâ, ce sont des exemples de projets prêts et non inaugurés pour certains et à l’arrêt pour d’autres. Côté sécurité, les habitants de la métropole se plaignent des vols à l’arrachée, des agressions physiques et des actes de vandalisme.

Autre source de tracas pour les Bidaouis, la propreté dans les rues. S’il est vrai que la raison principale est due à l’incivisme des citoyens, l’absence de poubelles et l’irrégularité du ramassage des ordures sont aussi pointés du doigt. Enfin, la majorité des citoyens résidant à Casablanca déplorent l’absence d’un espace vert à moins de cinq minutes de chez eux, une absence qui représente la principale raison d’insatisfaction par rapport au problème des espaces verts, ajoutée au manque d’entretien de ces espaces. En 2014, une enquête réalisée par Averty avait révélé que même les visiteurs de la métropole sont insatisfaits. 81% de ces derniers avaient exprimé un niveau de satisfaction négatif par rapport à la qualité de vie à Casablanca lors de leur dernier passage dans la ville. Les principaux problèmes affrontés sont la propreté chez 81%, la circulation (80%) et la pollution (77%).

 

Les aspirations des citoyens et de leurs préoccupations quotidiennes sont innombrables. Les importantes attributions dévolues au Conseil communal en termes d'amélioration de l'attractivité de la ville, de promotion de l’emploi et de la compétitivité sont oubliées face aux problèmes plus basiques des électeurs. Au-delà du scrutin du 8 septembre, les Casablancais s’interrogent sur la qualité du personnel politique. La métropole a été gérée par des élus de tous bords mais n’a jamais été bien gérée. Qui peut reprendre les choses en main et faire de Casablanca une vraie ville à vivre en matérialisant la marque "We Casablanca" dans la gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets, ou encore le transport ? Réponse dans quelques semaines.

 

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