La SAMIR va fermer ses portes, ses employés luttent pour la sauver

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Autrefois un fleuron de l’économie, la raffinerie de pétrole du Maroc est en déclin depuis 2015 et devra fermer définitivement ses portes dans moins d’un mois.
En 1959, le gouvernement marocain a créé la société de raffinage SAMIR à Mohammedia. Elle a été vendue au groupe Corral, une entreprise saoudienne suédoise, en 1997.
Incapable d’honorer un emprunt de 4,5 milliards de dollars, l’entreprise a ensuite été liquidée par un tribunal de Casablanca en 2016.
Le tribunal a prolongé le délai pour garder la raffinerie ouverte une douzaine de fois, et la prolongation finale expire le 18 juillet.
La raffinerie avait autrefois une capacité de production de plus de 150 000 barils par jour, mais les travaux à l’usine ont ralenti pour s’arrêter en 2015.
Depuis lors, un « front national » éponyme d’employés, d’économistes et de dirigeants syndicaux a fait pression sur le gouvernement en organisant des sit-in et des conférences de presse pour relancer la SAMIR.
Le représentant du personnel Houcine El-Yamani a dirigé les efforts du « front national » pour sauver l’usine. En 2018, son équipe a remis aux autorités marocaines un rapport dénonçant la privatisation et la vente de la raffinerie en 1997, qui manquait « totalement de transparence ».
Le rapport accusait le groupe Corral d’avoir manqué de respect à son contrat et d’avoir provoqué la disparition de la SAMIR.
Le rapport affirme également que le gouvernement n’a aucun intérêt à sauver la seule raffinerie nationale du pays. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Aziz Rebbah, a rejeté ces allégations.
Entre-temps, un tribunal de commerce est activement à la recherche d’un nouveau propriétaire. Une trentaine de groupes internationaux ont manifesté leur intérêt pour la SAMIR au fil des ans, mais rien ne s’est concrétisé.
Pas plus tard que juin 2019, Exol Lubricants Morocco a offert 8,23 millions de dollars pour obtenir les actifs de la SAMIR. Cependant, l’offre n’a pas été bien reçue par les actionnaires de la raffinerie ni par ses salariés, qui considèrent que le prix est « inférieur aux normes du marché ».
Parmi les autres concurrents figurent Swiss-British Glencore et Trafigura, basée à Genève, qui ont offert respectivement 14,99 millions et 11,70 millions de dollars.
Plus tôt en 2019, un rapport de l’Agence internationale de l’énergie a souligné la dépendance du Maroc aux importations de charbon, de pétrole et de gaz pour satisfaire la plupart de ses besoins énergétiques. « La fermeture de la seule raffinerie du pays… a des conséquences évidentes sur la sécurité de l’approvisionnement en pétrole [du Maroc] », peut-on lire sur le rapport, qui recommande le développement des ressources énergétiques intérieures.
Environ 800 personnes sont toujours employées par l’entreprise, et sa fermeture prochaine menace sévèrement leurs sources de revenus.
Le Maroc peut créer plus d’emplois en développant la transformation agroalimentaire, la logistique et la chaîne du froid, plutôt que les exportations de produits frais.
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