La tour Mohammed VI : un monument entre héritage et ambition futuriste

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La tour Mohammed VI : un monument qui traduit héritage historique et ambition futuristeVue panoramique sur Rabat et Salé du 51e étage de la tour Mohammed VI, Le 20 Avril 2026 © LeBrief

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Inaugurée récemment par le prince héritier Moulay Hassan, la tour Mohammed VI s’élève désormais à 250 mètres au-dessus de la vallée du Bouregreg, entre Rabat et Salé. Plus qu’un simple gratte-ciel, ce monument incarne une synthèse audacieuse entre le patrimoine marocain et une vision résolument tournée vers l’avenir.

Portant le nom du roi Mohammed VI, la tour symbolise les ambitions d’un Maroc moderne, tout en s’enracinant profondément dans son histoire millénaire. Ce projet, initié en 2014 par Othman Benjelloun, président du Groupe O Capital, est le fruit de huit années de travaux, marquées par de nombreux défis à relever, une collaboration internationale et une volonté de faire dialoguer tradition et innovation.

Tour Mohammed VI, un projet né d’une vision et d’une inspiration spatiale

L’idée de la Tour Mohammed VI trouve ses origines dans une expérience personnelle de son maître d’ouvrage, Othman Benjelloun. En 1969, ce dernier est invité par la NASA à participer à une simulation de vol spatial, dans le cadre de la mission Apollo 12. Cette immersion dans l’univers de l’exploration spatiale marquera profondément son imagination et inspirera, un demi-siècle plus tard, la silhouette futuriste de la tour. Évoquant une fusée posée sur son pas de tir, la Tour Mohammed VI incarne ainsi l’élan du Maroc vers le progrès et l’innovation.

Le projet est officiellement lancé le 1er novembre 2018, après que le roi Mohammed VI ait posé la première pierre en 2016. La construction, menée par un groupement d’entreprises internationales et marocaines, dont BESIX et TGCC, a dû surmonter des défis techniques, notamment liés à la stabilité sismique et à la gestion des vents. Malgré les retards causés par la pandémie de Covid-19 et les tensions sur les matériaux de construction, la tour a été achevée en octobre 2025, devenant ainsi la plus haute du Maroc et l’une des plus emblématiques d’Afrique.

Lire aussi : Rabat : le prince héritier Moulay El Hassan inaugure la Tour Mohammed VI

D’ailleurs, la Tour Mohammed VI est le résultat d’une collaboration entre deux architectes de renom : l’Espagnol Rafael de la-Hoz et le Marocain Hakim Benjelloun. Leur objectif était de créer un édifice qui allie ultra-haute technologie, design contemporain et références patrimoniales. La silhouette fuselée de la tour, évoquant une fusée, s’intègre dans le paysage urbain de Rabat et Salé, tout en établissant un dialogue visuel avec des monuments historiques tels que la Tour Hassan, la Kasbah des Oudayas et le Chellah.

La conception de la tour repose sur des solutions techniques avancées. Son noyau central, construit selon la technique du « glissement continu », assure une stabilité optimale, tandis que sa façade Sud est recouverte de 3.900 m² de panneaux photovoltaïques haute performance. Ces panneaux, en plus de produire de l’énergie verte, contribuent à la protection thermique du bâtiment. La tour a obtenu les certifications environnementales LEED Gold et HQE Exceptionnel, témoignant de son engagement en faveur de l’écoresponsabilité.

La gestion de l’eau et des déchets a également été pensée de manière innovante. Les jardins de la tour intègrent des systèmes de récupération des eaux pluviales et des espèces végétales adaptées, réduisant les besoins en arrosage de 68%. Ces choix reflètent une volonté de minimiser l’impact environnemental tout en offrant un cadre de vie agréable aux usagers.

Un hommage à l’artisanat marocain

L’aménagement intérieur de la tour a été confié à l’architecte français Pierre-Yves Rochon, connu pour son expertise dans l’univers du luxe. Sous sa direction, des maîtres artisans marocains et des designers internationaux ont collaboré pour créer des espaces où se mêlent savoir-faire traditionnel et modernité. Les matériaux utilisés, notamment le marbre blanc, le bronze sculpté, le laiton brossé, le cuir de Cordoue, les boiseries et les zelliges, rendent hommage à l’artisanat marocain, tout en s’inscrivant dans une esthétique contemporaine.

La tour abrite une collection exceptionnelle de près de 7.000 œuvres d’art, signées par 143 artistes marocains et internationaux. Parmi les pièces remarquables figurent des calligraphies ciselées en stuc, des fresques murales et des sculptures géantes, qui jalonnent les différents espaces de la tour. Ces œuvres, spécialement conçues pour le projet, illustrent la richesse culturelle de la vallée du Bouregreg et la volonté de transmettre un patrimoine artisanal unique.

Lire aussi : Tour Mohammed VI : tout savoir sur le nouveau géant de Rabat

La Tour Mohammed VI n’est pas seulement un symbole architectural, c’est aussi un centre urbain multi-usages, conçu pour répondre aux besoins d’une clientèle exigeante. Ses 55 étages abritent des bureaux équipés de technologies de pointe, des résidences de haut standing, un hôtel de luxe sous la marque Waldorf Astoria, ainsi qu’un observatoire et des espaces d’exposition.

Au 50e étage, l’observatoire offre une vue imprenable sur la vallée du Bouregreg et les villes jumelles de Rabat et Salé. Grâce à une scénographie numérique, les visiteurs peuvent découvrir les points d’intérêt patrimoniaux des deux rives. Le 51e étage accueille l’exposition permanente « Le ciel parle arabe », qui célèbre les savoirs astronomiques de l’âge d’or arabo-andalou. Cette exposition, accessible à tous, met en lumière l’héritage scientifique et culturel du Maroc, tout en s’ouvrant sur des perspectives futures.

À travers ses espaces, ses œuvres d’art et son observatoire dédié au patrimoine, la tour offre une expérience unique, à la fois ancrée dans l’histoire et tournée vers le futur. Elle s’impose comme un nouveau repère pour Rabat, Salé et l’Afrique toute entière, symbolisant l’audace et la détermination d’une nation en mouvement.

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