Tanger-Tétouan-Al Hoceima : une région en pleine mutation démographique et économique

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Tanger-Tétouan-Al Hoceima une région en pleine mutation démographique et économiqueLancement de la première journée d'Ayam Immo, vendredi 14 novembre 2025, Tanger © LeBrief

A
A
A
A
A

La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui compte plus de 4 millions d’habitants selon le recensement de 2024, se classe comme la cinquième région la plus peuplée du Maroc. La préfecture de Tanger-Assilah enregistre une croissance démographique annuelle notable de 3,44%, passant de 1,06 million d’habitants en 2014 à près de 1,5 million en 2024.

 

La région constitue un pôle industriel majeur, porté notamment par le port Tanger Med et les zones franches qui attirent investisseurs nationaux et étrangers. Le secteur tertiaire domine, représentant 52,8% du PIB régional, suivi des activités secondaires (industrie, BTP) à 32,2%. Cette dynamique économique stimule la demande immobilière, résidentielle comme commerciale, tout en accentuant les difficultés d’accès au logement pour les classes moyennes et populaires.

Une nouvelle fois, la Banque Populaire organise son salon immobilier Ayam Immo dans la ville de Tétouan. Cette édition réunit de nombreux promoteurs implantés dans la région, ainsi que plusieurs acteurs clés du secteur, notamment les notaires et les compagnies d’assurance. À travers cet événement, la Banque Populaire propose une offre complète de produits financiers adaptés aux besoins des ménages comme des promoteurs.

Lire aussi: Ayam Immo démarre aujourd’hui à Tanger

Les taux d’intérêt varient selon la durée du prêt, le profil de l’emprunteur, le type de projet et la région, allant de 2,6% pour un crédit sur 7 ans à 3,45% pour un prêt sur 25 ans. La banque accompagne les primo-accédants grâce à des prêts à taux zéro soutenus par l’État, facilitant ainsi l’accès à la propriété pour les ménages à revenus modestes.

Dans ce contexte, Mohamed Affane, président du Directoire de la Banque Populaire de Tanger-Tétouan, souligne que « la région connaît une demande croissante en logement, portée par la dynamique démographique et économique, mais aussi par les projets structurants tels que Tanger Med. La banque joue un rôle d’accompagnement essentiel en facilitant l’accès au crédit immobilier et en innovant dans les solutions de financement pour répondre aux besoins des jeunes et des investisseurs ».

Il insiste également sur l’importance des partenariats publics-privés pour soutenir la croissance du secteur et améliorer l’offre de logements, notamment dans le cadre des programmes d’aide directe au logement.

Un marché immobilier contrasté et en mutation

Le marché immobilier régional enregistre une légère hausse de l’indice global des prix (+0,1% en 2024), portée principalement par le segment résidentiel (+0,6%). Toutefois, cette stabilité apparente masque des disparités selon les types de biens : les appartements et les maisons voient leurs prix progresser, tandis que ceux des villas restent globalement stables. Le volume des transactions recule de 9,6% par rapport à 2023, révélant une prudence accrue des investisseurs dans un contexte économique incertain.

Le marché des terrains urbains affiche une dynamique plus favorable, avec une hausse de 7,1% des transactions malgré une baisse des prix de 3%, signe d’un intérêt renforcé pour l’investissement foncier. À l’inverse, le segment des actifs professionnels (bureaux, commerces) continue de se contracter, enregistrant une baisse marquée des prix et des ventes de plus de 20%. Cette segmentation reflète une demande orientée avant tout vers les biens résidentiels, en particulier les studios et logements de moyen standing, qui demeurent le cœur du marché.

Lire aussi : Tanger accueille la 2ᵉ édition d’Ayam Immo, le salon de l’immobilier haut de gamme

La demande immobilière est fortement portée par les jeunes actifs, les étudiants et les travailleurs des zones industrielles, qui recherchent principalement des studios et de petits logements locatifs. À Tanger, des quartiers comme Masnana, Tanger Balia et Val Fleuri sont particulièrement prisés pour ce type de biens, avec des prix variant entre 9.000 et 13.000 DH/m². Les biens de haut standing, concentrés dans des zones prestigieuses telles que California, Golf, Jbel Kbir, Achakar et Val Fleuri, attirent quant à eux une clientèle plus aisée, souvent issue de la diaspora marocaine ou constituée d’investisseurs étrangers.

Les acheteurs privilégient également les quartiers offrant un bon compromis entre cadre de vie, infrastructures modernes et proximité des services. À Tétouan, El Oued et l’Avenue Mohamed V figurent parmi les secteurs les plus recherchés, tandis qu’à Al Hoceima, la plage et le quartier de la Marina séduisent particulièrement les investisseurs en quête de biens situés en bord de mer.

Projets immobiliers majeurs et rôle des acteurs institutionnels

La région bénéficie d’un plan d’action ambitieux, approuvé par le Conseil régional, qui prévoit 84 projets pour un investissement total de 5,84 milliards de dirhams afin d’améliorer les infrastructures, la connectivité et les services. Parmi les chantiers phares figurent l’extension de l’aéroport Ibn Battouta, la construction d’un pont sur le barrage Al Wahda et la réhabilitation de la médina de Tanger. Ces initiatives visent à renforcer l’attractivité du territoire et à soutenir son développement économique et social.

Lire aussi: Ayam Immo 2025 : Casablanca au cœur du dialogue immobilier

Le groupe Al Omrane, acteur majeur du secteur, développe plusieurs projets immobiliers dans la région, notamment à Larache, Tanger et Al Hoceima, avec des superficies allant de 12 m² à plus de 1.500 m². Par ailleurs, des investisseurs étrangers, notamment chinois, ont annoncé d’importants projets industriels à Tanger, susceptibles de générer plusieurs milliers d’emplois et de renforcer la dynamique économique locale.

Le marché immobilier régional est animé par de nombreux promoteurs et investisseurs qui développent des projets résidentiels innovants, répondant à une demande croissante et diversifiée, allant du logement social au haut standing.

Perspectives et enjeux du marché immobilier régional

Le marché immobilier de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima devrait continuer d’évoluer sous l’effet de plusieurs facteurs. La croissance démographique et économique, combinée à des investissements massifs dans les infrastructures (port, transport, tourisme), stimulera la demande immobilière. La co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal constitue également un catalyseur majeur pour le développement régional.

Cependant, certains risques persistent : spéculation immobilière, saturation de certaines zones et difficulté d’accès au logement pour les classes moyennes. La hausse des taux d’intérêt et l’inflation pourraient également freiner la dynamique du marché.

 

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix carburants : l’essence grimpe de 50 centimes dès le 16 mai

Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Pêche côtière : 3,85 MMDH à fin avril 2026

Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Peut-on domestiquer un arbre aussi complexe que l’arganier ?

Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céramique : un accord pour structurer la filière marocaine

Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céréales : lancement du dispositif de commercialisation 2026 à Casablanca

Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Le pétrole en hausse de 2% sur fond de tensions géopolitiques

Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire