Smart City 2025 : l’IA pour une ville plus fluide et inclusive
Forum Casablanca Smart City 2025 © LeBrief / Ayoub Jouadi
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Casablanca veut devenir une ville du futur. Mais au-delà des slogans, cette ambition repose sur des choix concrets, notamment en matière de mobilité. Alors que les embouteillages, l’inefficacité des transports publics et l’inégalité d’accès restent des problèmes quotidiens pour les Casablancais, des outils technologiques comme l’intelligence artificielle (IA) pourraient changer la donne.
C’est ce qu’a expliqué Yassir Chakib, président de la société REDIA-Maroc, spécialisée dans les solutions intelligentes pour les collectivités. Lors du forum Casablanca Smart City, il a montré comment l’IA, bien employée, permet d’éclairer les décisions urbaines, de mieux allouer les ressources et de bâtir une mobilité plus juste.
Des données au service de décisions éclairées
« Dans une ville comme Casablanca, il existe déjà une grande quantité de données, notamment issues des caméras de vidéosurveillance », explique Yassir Chakib. À l’origine installés à des fins sécuritaires, ces dispositifs peuvent aussi être exploités par l’IA pour analyser les flux de circulation, identifier les heures de pointe ou encore détecter les zones de congestion. Le rôle de l’IA est alors d’extraire des informations utiles de cette masse de données afin d’aider les décideurs (municipalités, ministères ou départements d’urbanisme) à prendre des décisions dites « éclairées », c’est-à-dire basées sur des faits et non sur l’intuition.
Smart City 2025 : Casablanca, laboratoire d’une ville du futur
« Aujourd’hui encore, beaucoup de décisions d’aménagement sont prises de manière empirique », regrette l’expert. Modifier un rond-point, transformer une artère en sens unique ou installer un feu de signalisation : autant d’actions souvent décidées sans simulation préalable. Avec l’IA, on peut proposer justement des outils de modélisation capables d’anticiper les effets de telles interventions. « En France, une ville cliente simule désormais l’impact de travaux sur la circulation avant de les lancer. Cela permet de prévenir les perturbations, de mieux informer les citoyens et de limiter les erreurs coûteuses », illustre-t-il.
Une IA encadrée et respectueuse de la vie privée
L’essor de l’IA soulève inévitablement des questions éthiques et juridiques, notamment sur la vie privée. Mais pour Yassir Chakib, ces limites sont déjà bien balisées : « Les caméras sont installées avec des autorisations officielles. Quand elles sont utilisées par l’IA, aucun enregistrement n’est conservé. L’IA se contente d’analyser les vidéos en temps réel, comme le ferait un agent humain, sans stockage ni profilage. »
Casablanca Smart City 2025 : innover pour la ville de demain
Cette approche se conforme aux régulations en vigueur, assure-t-il, et s’inscrit dans un cadre validé par les autorités publiques. Même lorsque l’IA est utilisée à des fins sécuritaires, « cela a déjà été validé en amont par les pouvoirs publics », rappelle-t-il. Autrement dit, la technologie ne devance pas la loi : elle la respecte et s’y adapte, tout en apportant des outils puissants d’analyse et de prédiction.
Pour une mobilité plus inclusive et équitable
L’IA ne se contente pas de fluidifier le trafic. Elle peut aussi jouer un rôle décisif dans la réduction des inégalités d’accès à la ville. À la question de savoir comment les données peuvent contribuer à une mobilité plus inclusive, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou les quartiers marginalisés, Yassir Chakib répond avec clarté : « Nos données permettent d’identifier les artères particulièrement fréquentées par des personnes en mobilité réduite et où les obstacles sont les plus nombreux. »
Grâce à cette cartographie, les décideurs peuvent cibler les investissements là où les besoins sont les plus urgents, qu’il s’agisse d’améliorer l’accessibilité des trottoirs, de modifier les arrêts de bus ou de rénover des accès à des bâtiments publics. L’IA agit ici comme un révélateur des zones oubliées ou sous-dotées en infrastructures adaptées. « C’est très concret : on investit mieux, pour les bonnes personnes et aux bons endroits », affirme-t-il.
Dans une ville comme Casablanca, où les inégalités spatiales sont criantes, cette approche basée sur les données peut représenter un véritable levier de justice sociale.
Une technologie au service du territoire
Pour Yassir Chakib, l’IA ne remplace pas l’humain, elle l’augmente. Elle donne aux responsables publics les moyens de mieux comprendre la ville, de tester leurs idées, de mesurer les impacts de leurs choix et, surtout, de mieux servir les citoyens. L’intelligence artificielle devient alors une boussole stratégique, à condition qu’elle soit bien encadrée, bien alimentée, en données de qualité, et mise au service de l’intérêt général.
Casablanca, en s’ouvrant à ces outils, peut devenir un modèle de ville apprenante, où chaque décision s’inscrit dans un cycle vertueux d’expérimentation, de mesure et de correction. Et peut-être, à terme, devenir cette ville durable et inclusive que le forum Casablanca Smart City appelle de ses vœux.
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