Sanlam Maroc : croissance modérée, rentabilité consolidée
Yahia Chraïbi, directeur général de Sanlam Maroc © LeBrief / Ayoub Jouadi
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Sanlam Maroc signe pour l’exercice 2024 une partition toute en équilibre. Loin des euphories tapageuses, l’assureur semble avoir trouvé sa bonne place, à savoir celle d’une croissance lucide.
C’est d’ailleurs ce que laisse entrevoir Yahia Chraïbi, directeur général de Sanlam Maroc, dans un entretien avec LeBrief, en marge de la présentation des résultats annuels 2024, le 20 mars à Casablanca. À l’écouter, l’année 2024 s’est déroulée sous des auspices favorables : « un contexte macroéconomique plutôt porteur, avec un marché de l’assurance en croissance de plus de 5% et une performance remarquable des marchés financiers, avec l’indice MASI en progression de plus de 22% ».
La conjoncture actuelle a permis à la compagnie de dérouler sa stratégie sans grosses turbulences. Encore faut-il « aller chercher une croissance profitable », comme le déclare Chraïbi.
Sanlam en chiffres
Sanlam Maroc clôt l’exercice 2024 avec un chiffre d’affaires consolidé de 6,28 milliards de dirhams, soit une progression de 2,1% par rapport à 2023. Une croissance assez modeste. Mais ce serait oublier que dans le secteur assurantiel, les performances se lisent aussi à la qualité du portefeuille, de la maîtrise des risques et de la résilience technique.
Et sur ces plans, l’assureur affiche une solidité renforcée : son résultat net grimpe à 418 millions de dirhams, en hausse de 5,5%. Une performance qui a pu avoir lieu à la fois par la progression des résultats financiers en croissance de 6% et par une sinistralité mieux contenue, notamment en Non-Vie, où le ratio S/P net recule à 73,4%, contre 74,8% en 2023.
Lire aussi : Sanlam Maroc : croissance de 3,3% du chiffre d’affaires et hausse de 7,1% du résultat net
La compagnie a ainsi continué à affiner son portefeuille, avec un focus particulier sur les branches structurellement plus tendues, « pour avoir une croissance profitable, il faut aussi travailler la qualité de notre portefeuille et c’est ce que nous avons fait durant toutes ces années en nous focalisant sur un certain nombre de branches qui sont plus difficiles, comme la maladie, l’accident au travail », explique Yahia Chraïbi à LeBrief. Un pari risqué à première vue, mais lucide, puisqu’en investissant sur des segments historiquement plus volatils, la compagnie renforce à long terme la force de son modèle.
Pour nourrir cette croissance, Sanlam Maroc a élargi sa palette de services. Parmi les nouveautés de 2024, le lancement du produit de « rachat de franchise automobile ». Une offre simple dans son principe, réduire le reste à charge en cas de sinistre, mais qui a rencontré son succès sur le marché.
Dans le même esprit, l’innovation digitale se fait de plus en plus présente. La plateforme santé « Allo Ra7ti », qui accompagne les assurés dans leur parcours hospitalier. Derrière l’outil technologique, une ambition plus large : positionner l’assurance comme un acteur proactif de la vie quotidienne et non plus comme une simple roue de secours post-incident.
Les fondamentaux techniques consolidés
En parallèle de ces innovations, les indicateurs techniques confirment la solidité du socle financier de la compagnie. Les placements financiers affectés aux opérations d’assurance atteignent 16,86 milliards de dirhams, en progression de 3,7%. Les provisions techniques, elles, s’établissent à 15,59 milliards de dirhams, en hausse de 1,1%. Les fonds propres poursuivent également leur trajectoire ascendante, franchissant la barre des 5,33 milliards de dirhams, soit une croissance de 1,9%. Une évolution mesurée.
À ce titre, le Conseil d’administration proposera à l’Assemblée Générale un dividende de 81 dirhams par action, en hausse par rapport aux 77 dirhams versés en 2023. Là encore, un signal de confiance dans la trajectoire financière, sans pour autant verser dans l’euphorie.
Vidéo © LeBrief / Ayoub Jouadi
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