Sahara : l’ONU avance vers un cadre de transition autour de la proposition marocaine d’autonomie
Le Conseil de sécurité de l’ONU lors du vote historique de la résolution 2797 consacrant le plan marocain d’autonomie pour le Sahara © DR
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Elles portent désormais sur des mécanismes concrets de transition et sur la préparation d’un accord-cadre qui pourrait servir de point de départ à des négociations approfondies autour de la proposition marocaine d’autonomie. La dynamique actuelle fait suite à l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797 en 2025. Celle-ci a contribué à relancer les contacts directs entre le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, après plusieurs années d’interruption.
Trois rencontres de haut niveau ont été organisées au début de 2026. La première s’est tenue à Washington les 18 et 19 janvier, avant une deuxième réunion à Madrid les 8 et 9 février et un troisième rendez-vous à Washington les 23 et 24 février. Le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie ont participé à ces discussions au niveau ministériel. Les réunions ont été coprésidées par Staffan de Mistura et le représentant américain auprès des Nations unies, avec l’implication de responsables de l’administration américaine.
L’autonomie comme base des discussions
Le rapport onusien souligne que la proposition marocaine d’autonomie constitue désormais la base de ces négociations, conformément à la résolution 2797. Rabat a notamment présenté à Washington une version développée de son initiative de 2007, tout en répondant aux interrogations formulées par les différentes délégations. Le Maroc a par ailleurs fait part de sa volonté de poursuivre les discussions afin de parvenir à une solution mutuellement acceptable et élaborée conjointement.
La première réunion aurait permis de mieux cerner les positions respectives et d’amorcer une dynamique de confiance. Les discussions ont ensuite gagné en technicité lors de la rencontre de Madrid. L’une des principales nouveautés évoquées dans le rapport concerne l’hypothèse de la mise en place d’un « conseil de transition ». Cet éventuel mécanisme aurait pour objectif d’encadrer plusieurs aspects d’une période transitoire et de créer un environnement propice à la négociation d’une solution politique.
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Plusieurs dossiers sensibles ont été abordés, notamment le partage des ressources, l’amnistie et la réconciliation, le désarmement, la démobilisation et la réintégration, les garanties sécuritaires ainsi que les modalités électorales. Les discussions ont également porté sur le rôle que pourraient jouer les acteurs internationaux et sur les garanties nécessaires à l’application d’un éventuel accord.
À la demande des parties, les équipes de l’ONU et des États-Unis ont travaillé sur un premier projet d’accord-cadre destiné à organiser une éventuelle phase de transition. Un texte révisé a ensuite été préparé à la lumière des consultations menées avec les différents protagonistes.
L’autonomie marocaine gagne du terrain sur la scène internationale
La troisième réunion a permis d’aborder directement les questions de souveraineté et d’autodétermination, qui restent parmi les principaux points de désaccord. Staffan de Mistura a poursuivi ses consultations au cours des mois suivants avec les différentes parties. Il s’est notamment entretenu avec des responsables marocains, algériens et mauritaniens.
Ces échanges ont confirmé l’existence d’un intérêt pour la poursuite du processus malgré la persistance des divergences. L’envoyé personnel de Guterres a parallèlement insisté sur la nécessité de garanties internationales solides dans la perspective d’une mise en œuvre de l’autonomie. Il a également mis en avant l’importance d’une consultation significative des populations concernées.
Le rapport relève également une évolution favorable des positions de plusieurs pays à l’égard de la proposition marocaine d’autonomie. La Suède et la Suisse ont ainsi exprimé leur soutien à cette initiative comme base crédible de négociation. Le Mali et le Honduras ont suspendu leur reconnaissance de la pseudo-RASD, tandis que la Bolivie a suspendu ses relations diplomatiques avec cette entité en février 2026.
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Le Canada, le Japon et Madagascar ont, pour leur part, réaffirmé leur appui à la proposition marocaine. L’Union européenne a également actualisé sa position collective afin de confirmer que les négociations devaient prendre l’initiative d’autonomie comme référence.
La vigilance reste de mise sur le terrain
Cette évolution diplomatique intervient toutefois dans un contexte fragile. Selon le rapport, la MINURSO a rapporté des incidents impliquant des tirs et des frappes de drones dans plusieurs secteurs. Un incident survenu à Smara le 5 mai a fait un blessé civil et provoqué des dégâts matériels. La Mission poursuit parallèlement ses activités de surveillance. Au 15 août 2026, sa composante militaire comptait 155 membres, dont 27 femmes. Entre octobre 2025 et août 2026, ses patrouilles terrestres ont couvert près de 296.164 kilomètres.
Le déminage demeure également une priorité. Les équipes onusiennes ont effectué 1.330 missions entre octobre 2025 et septembre 2026, tandis qu’environ 1,794 million de mètres carrés ont été déminés à l’est du mur. Dans ses conclusions, le Secrétaire général appelle les parties à profiter de la reprise des négociations pour engager un dialogue de bonne foi. Il estime qu’une véritable autonomie pourrait constituer une issue réaliste au conflit, tout en soulignant la nécessité d’un processus de consultation permettant aux populations concernées de se prononcer librement.
Le rapport place le dossier dans une configuration nouvelle. Ainsi, les discussions ne portent plus seulement sur les positions de principe, mais commencent à explorer les modalités pratiques d’une éventuelle transition. La prochaine étape dépendra désormais de la poursuite des discussions sur la base de l’initiative marocaine d’autonomie et de la capacité des parties à parvenir à un compromis politique durable.
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