Reconstruction Al Haouz : 2 ans après, qu’en est-il vraiment ?
Abdellah Hamid, habitant de la région, à la tête de l’organisation Anmoun Amsguine © DR
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Al Haouz n’est plus. Ou ne sera plus comme il était. Il y a un avant et un après 8 septembre 2023. Un séisme d’une violence inédite, laissant derrière lui ses morts, ses villages entiers détruits et ses familles sans toit. Aujourd’hui, et depuis le lendemain de la catastrophe, le mot d’ordre est officiellement reconstruction. L’on dit bien officiellement !
Abdellah Hamid, habitant de la région, à la tête de l’organisation Anmoun Amsguine, initialement dédiée aux activités culturelles dans le village d’Amsguine, que nous avions contacté dès les premiers bilans, nous a reparlé de son quotidien aujourd’hui. « Nous sommes à peine à 30% de réalisation. Les constructions et ça avance à une lenteur désespérante », déclare-t-il à LeBrief.
Les bulldozers avaient fait leur entrée sous les caméras, les premières briques avaient été posées dans la ferveur et les annonces officielles promettaient une « reconstruction rapide et exemplaire ». Pourtant, les fissures du terrain nous rapportent d’autres faits.
A ce jour, seule une partie des logements prévus a effectivement vu le jour. Beaucoup de familles vivent encore dans des maisons provisoires, ou sous des abris sommaires. Les murs sortent lentement de terre, mais l’élan promis semble s’être dilué dans les méandres administratifs et les lenteurs bureaucratiques.
« Contrairement à ce qu’on dit, c’est très lent », insiste Abdellah Hamid. « Quant aux gens qui ont construit, il n’y a ni eau ni électricité. Tous les douars sont détruits ».
Al Haouz : des écoles promises… sur le papier
L’éducation qui devait être LA priorité dans le plan de reconstruction est largement laissée de côté. C’est simple, et pour être aussi bref que possible, rien n’est fait. « Les enfants suivent leur scolarité dans des conteneurs. Les espaces sont posés, pour soi-disant construire des écoles, mais rien n’est fait », raconte Abdellah.
Autre problématique aussi importante, l’accès aux soins. Là encore, le décalage est horrible. A ce jour, un seul hôpital dessert toute la région. Insuffisant, évidemment, face aux besoins de milliers d’habitants.
Les associations, comme le Croissant-Rouge, ou encore Islamic Relief apportent les médicaments ainsi que des consultations ponctuelles et de l’aide. Mais une aide humanitaire n’est pas une politique de santé à part entière. Les habitants le savent et le répètent, tant que les infrastructures médicales ne suivront pas, la reconstruction restera incomplète.
Et l’on ne parle pas seulement de la reconstruction des maisons, des hôpitaux et des écoles, mais aussi des routes pour avoir accès à tout cela. Or, deux ans après, les routes restent un problème. Les pistes sont mal entretenues, certaines routes principales sont encore endommagées et les villages enclavés restent difficiles d’accès.
« Pas de route convenable », résume Abdellah. Et sans route, comment espérer transporter les matériaux, construire les écoles, ou développer l’économie locale ?
Les aides financières aux abonnés absents
L’accès aux aides promises par l’Etat il y a deux ans se font toujours attendre pour la plupart des foyers. Les 2.500 dirhams d’allocation mensuelle pour les familles, les aides à la reconstruction des maisons, tout cela reste théorique pour certains sinistrés.
« Beaucoup de familles n’ont rien reçu », explique Abdellah Hamid. « Les cas sont multiples, une maison héritée sans titre clair, une carte nationale enregistrée ailleurs que dans la région, ou encore des erreurs dans les registres. Les responsables n’ont pas réussi à résoudre ces blocages, laissant sur le carreau une partie des sinistrés ».
Il y a un réel décalage entre discours et réalité ! Officiellement, les chiffres avancent, les projets existent, les budgets sont mobilisés. Mais sur le terrain, la lenteur est plus que visible et le quotidien reste difficile.
« Quand on voit la télévision, on dirait que tout avance vite », souffle Abdellah. « Mais quand on vit ici, on sait que c’est faux. Les maisons sont encore en ruines, les familles attendent toujours et les enfants n’ont pas d’écoles convenables ».
La reconstruction d’Al Haouz devait être un modèle, pour l’instant, elle n’est même pas une promesse.
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