Potasse de Khémisset : Emmerson réclame 1,2 milliard de dollars au Maroc
Potasse de Khémisset © DR
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Le différend entre le groupe minier britannique Emmerson et le Maroc autour du projet de potasse de Khémisset devrait se poursuivre jusqu’en 2028. Le tribunal arbitral chargé de l’affaire a établi un calendrier prévoyant une audience en juillet 2028, après plusieurs échanges d’écritures entre les deux parties.
Selon la dernière mise à jour de la procédure publiée mardi 25 août, le Maroc devra déposer son contre-mémoire en janvier 2027. Emmerson présentera ensuite sa réplique en octobre de la même année, avant une duplique marocaine attendue en janvier 2028.
L’audience se tiendra en juillet 2028 sur plusieurs jours. Les parties pourront alors présenter leurs arguments, produire leurs éléments de preuve, interroger leurs experts et défendre leurs positions respectives. Aucune date précise n’a toutefois été communiquée pour le prononcé de la sentence arbitrale. Celle-ci interviendra après l’examen des arguments juridiques, des documents versés au dossier et des expertises présentées par les deux parties.
Plus de 1,2 milliard de dollars de dommages réclamés
Au cœur du litige figure le projet de potasse de Khémisset. Emmerson estime que les décisions prises par les autorités marocaines ont porté atteinte aux protections prévues par le traité bilatéral d’investissement applicable. Le groupe britannique invoque notamment des garanties relatives à la protection contre l’expropriation, au traitement juste et équitable ainsi qu’à la protection de ses investissements.
Emmerson réclame ainsi environ 1,215 milliard de dollars au titre des dommages qu’il estime avoir subis. Le montant définitif d’une éventuelle indemnisation dépendra toutefois de l’issue de la procédure et de l’appréciation du tribunal arbitral. Le dossier revêt une importance particulière pour le groupe britannique, le projet de Khémisset constituant son principal actif.
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Cotée sur l’AIM de Londres sous le code EML, Emmerson développe le projet marocain à travers Khemisset UK Ltd. et Potasse de Khemisset SA. L’ambition du groupe est de développer une activité de production de potasse destinée notamment aux secteurs agricole et industriel. Le différend avec le Maroc place ainsi directement l’avenir de cet investissement au cœur de la stratégie et de la situation financière de l’entreprise.
Une situation financière qui renforce les enjeux du litige
L’importance de l’arbitrage intervient alors qu’Emmerson fait face à une situation financière difficile. Le groupe ne réalise actuellement aucun chiffre d’affaires et enregistre des pertes en hausse, tandis que son flux de trésorerie disponible demeure négatif. Ses capitaux propres se sont également dégradés. Sur les marchés, certains indicateurs techniques apparaissent néanmoins plus favorables, avec notamment un cours évoluant au-dessus de certaines moyennes mobiles de long terme et un MACD positif.
Les méthodes classiques de valorisation restent cependant difficiles à appliquer compte tenu de l’absence de bénéfices et de données relatives aux dividendes. Le calendrier arrêté par le tribunal confirme que le différend ne connaîtra pas d’issue à court terme. Plusieurs étapes importantes devront encore être franchies avant l’audience de juillet 2028.
Emmerson devra défendre ses arguments concernant les protections prévues par le traité d’investissement, tandis que le Maroc disposera de plusieurs occasions pour répondre aux griefs formulés par le groupe. À l’issue des audiences, le tribunal arbitral devra se prononcer sur les responsabilités alléguées et, le cas échéant, déterminer si une indemnisation doit être accordée à Emmerson et dans quelle mesure elle pourrait se rapprocher des 1,215 milliard de dollars réclamés.
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