Politique énergétique : une évolution prometteuse en 2023 

Avatar de Chaima Aberni

Temps de lecture :

La capacité des projets d'énergies renouvelables en cours d'exploitation atteint environ 4.600 mégawattsImage d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Alors que le monde fait face à une crise énergétique prolongée, exacerbée par des événements tels que la pandémie de la Covid-19 et la guerre en Ukraine, le Maroc poursuit sa transition ambitieuse vers les énergies renouvelables. Cette démarche est cruciale dans un contexte de volatilité des marchés énergétiques et de ralentissement économique global.

La transition énergétique du Maroc vers les énergies renouvelables est un pilier central de sa stratégie environnementale et économique. Le pays, déjà reconnu pour sa centrale solaire Noor, l’une des plus grandes au monde, continue d’investir massivement dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectrique. Ces efforts s’inscrivent dans l’ambition nationale de produire 52% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Un objectif audacieux qui reflète l’engagement du pays en faveur du développement durable. 

Le projet de la centrale solaire Noor, avec une capacité de production énergétique impressionnante, joue un rôle capital dans la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles. Elle utilise des technologies de pointe, dont le stockage thermique, pour produire de l’électricité même la nuit. Parallèlement, le développement des parcs éoliens à travers le Royaume, notamment à Tarfaya, l’un des plus grands d’Afrique, montre l’engagement du Maroc à diversifier ses sources d’énergie renouvelable. 

Ces projets ne sont pas seulement bénéfiques pour l’environnement, ils représentent également une aubaine économique. Ils attirent des investissements étrangers, créent des emplois et contribuent à l’autonomie énergétique. De plus, ils permettent au pays de se positionner en tant que leader dans le domaine des énergies renouvelables, en Afrique comme à l’échelle mondiale. 

Lire aussi : Taqa Morocco : 6,6 MMDH pour renforcer le secteur des énergies

Développement d’infrastructure énergétique 

Le Maroc, dans sa quête d’une transition énergétique réussie, accorde une importance primordiale au développement de son infrastructure énergétique. Il cherche à assurer l’essor des énergies renouvelables et garantir une distribution efficace de l’énergie sur tout le territoire. Ainsi, le renforcement des réseaux de distribution électrique et l’augmentation de l’efficacité énergétique sont des priorités. 

Parmi les projets d’infrastructure énergétique en cours, la modernisation des lignes électriques et des postes de transformation, ainsi que l’implémentation de technologies intelligentes. Objectif : une gestion optimisée du réseau. Ces améliorations visent aussi à réduire les pertes d’énergie lors de la transmission et de la distribution. Un enjeu majeur pour un pays qui couvre de vastes régions et zones. 

Vers une gestion durable de l’énergie

Par ailleurs, l’intégration des sources d’énergie renouvelables dans le réseau national nécessite des solutions innovantes pour gérer la variabilité et l’intermittence de ces sources d’énergies solaire et éolienne. 

De même, le pays est déterminé à améliorer l’efficacité énergétique dans divers secteurs. Les industries marocaines sont d’ailleurs encouragées à adopter des technologies moins énergivores, et des programmes sont mis en place pour soutenir les entreprises dans cette transition. Dans le secteur du bâtiment, des normes d’efficacité énergétique sont, de fait, promulguées pour les nouvelles constructions, favorisant l’utilisation de matériaux isolants et de systèmes de chauffage et de refroidissement plus efficaces. 

Cette évolution de l’infrastructure énergétique est également soutenue par des initiatives de formation et de sensibilisation. Les autorités et les acteurs du secteur de l’énergie collaborent pour former des professionnels qualifiés capables de répondre aux exigences techniques de ces nouveaux systèmes et technologies. 

Lire aussi : Noor Midelt III : Masen lance l’appel à projets pour construire le prochain site d’énergie solaire concentrée

Coopération régionale et internationale 

Cette approche vise à renforcer non seulement la sécurité énergétique nationale, mais aussi à contribuer au développement énergétique durable de la région et au-delà. 

Le Maroc joue en effet un rôle pivot dans plusieurs projets énergétiques à l’échelle continentale. En tant qu’acteur de premier ordre dans le domaine des énergies renouvelables en Afrique, le Royaume partage son expertise et ses technologies avec d’autres pays du continent. Cela se traduit par des partenariats pour le développement de projets éoliens et solaires, ainsi que des programmes de formation et de transfert de compétences. Ces initiatives s’alignent sur la stratégie marocaine de renforcement des liens économiques et politiques avec les nations africaines, dans l’esprit de coopération Sud-Sud. 

S’agissant de la scène internationale, le pays a acté des collaborations stratégiques avec plusieurs pays européens et organisations internationales. Parmi ces projets, le plus ambitieux concerne le plan de développement d’interconnexions électriques entre le Maroc et l’Europe. Ce mégachantier, qui vise à échanger de l’électricité produite à partir de sources renouvelables, est un modèle de la coopération énergétique transcontinentale. Il vient confirmer une nouvelle fois le rôle clé du Maroc dans l’approvisionnement énergétique durable de la région euro-méditerranéenne. 

Lire aussi : «Morocco, The green Kingdom», la stratégie verte du Maroc (2M)

Participation active sur la scène énergétique et climatique internationale

En outre, Rabat participe activement à divers forums et conférences internationaux sur l’énergie et le climat, dont la Conférence des Parties (COP) sur le changement climatique. Lors de ces événements, le pays partage ses expériences, défend ses intérêts en matière de politique énergétique et cherche à édifier des partenariats pour des projets futurs.  

Lire aussi : La CDT appelle à l’action pour la sécurité énergétique et la justice tarifaire

Plusieurs défis à relever  

Enfin, malgré les efforts déployés pour assurer sa transition énergétique, le Maroc a encore du chemin à faire. Plusieurs défis majeurs entravent sa transformation.  Il s’agit, entre autres, d’un manque criant de financements pour la réalisation de projets et d’infrastructure reposant sur les énergies renouvelables. Bien que le Royaume ait réussi à attirer des investissements significatifs, le pays a besoin davantage d’afflux de fonds pour concrétiser ses ambitieux objectifs. 

La mauvaise intégration et gestion de la variabilité des sources d’énergie renouvelables représente aussi un frein de taille. Avec une part croissante d’énergie solaire et éolienne, le pays doit optimiser la gestion du réseau électrique pour maintenir sa stabilité et répondre efficacement à la demande. Cela implique de ce fait l’adoption de technologies de pointe en matière de stockage d’énergie et de systèmes de gestion intelligents. 

La gestion des ressources en eau est également un enjeu majeur, particulièrement pour le développement de l’hydroélectricité. Le Maroc doit équilibrer ses besoins en énergie hydraulique avec les impératifs de préservation de ses réserves d’eau, surtout quand on sait qu’il est confronté à un stress hydrique croissant. 

Lire aussi : Partenariat : White Dunes, le projet hydrogène vert de 2 milliards de dollars au Maroc

Les perspectives restent positives

Du côté des perspectives, le Maroc prévoit de devenir un hub énergétique d’envergure dans la région, stimulant ainsi son économie et renforçant son influence géopolitique. 

En outre, la transition énergétique offre des opportunités considérables pour le développement industriel et la création d’emplois, notamment dans les secteurs de la fabrication, de l’installation et de la maintenance des infrastructures énergétiques. Le Maroc peut aussi devenir un centre de formation et d’expertise en énergies renouvelables pour l’Afrique. 

En conclusion, malgré les défis, la politique énergétique marocaine ouvre la voie à des opportunités économiques et environnementales significatives, positionnant le Maroc comme un acteur clé dans la transition énergétique mondiale.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Carburants : le gasoil baisse de 20 centimes

Les prix des carburants évoluent au Maroc dès le 16 octobre. Le gasoil perd 20 centimes par litre, tandis que l’essence conserve son tarif actuel.

Ilyasse Rhamir - 16 octobre 2026
Automobile : 159,2 milliards de DH d’exportations en 2025

Le secteur automobile conserve son rang de premier exportateur du Maroc en 2025, malgré un léger recul de ses ventes à l’international, tandis que les phosphates progressent.

Ilyasse Rhamir - 15 octobre 2026
Le Maroc relance le débat sur le financement du rail africain

À Rabat, l’ONCF et l’UIC ont réuni plus de 250 participants de 20 nationalités pour accélérer le financement du ferroviaire en Afrique.

Rédaction LeBrief - 15 octobre 2026
Forum du Dirigeant 2026 : rendez-vous le 20 octobre à Casablanca

Intelligence artificielle, leadership et bien-être seront au cœur du Forum du Dirigeant 2026, organisé le 20 octobre à Bouskoura par le CJDI Casablanca.

Ilyasse Rhamir - 15 octobre 2026
Maroc-Espagne : les livraisons de diesel à l’arrêt en août

Les exportations de diesel marocain vers l’Espagne ont été interrompues en août, tandis que le Maroc continue de recevoir du gaz naturel via le réseau espagnol.

Ilyasse Rhamir - 15 octobre 2026
Dirham-dollar : les marchés éternuent, faut-il diagnostiquer une pneumonie ?

Le dirham recule face au dollar, mais faut-il s’alarmer ? L’économiste Nabil Adel décrypte les fluctuations du marché, les risques pour le Maroc et les signaux à surveiller.

Sabrina El Faiz - 15 octobre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Carburants : augmentations des prix à partir du 30 mars 2026 à minuit

Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.

El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire