Ouverture de la 12e Législature : les 7 points à retenir du discours royal
Le roi Mohammed VI, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan et du prince Moulay Rachid, à l’occasion de la première session de la 12e Législature, au Parlement le 09 octobre 2026 © Capture d’écran SNRT
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A l’occasion de l’ouverture de la première session de la 12e législature, vendredi 9 octobre, le roi Mohammed VI a fixé les grandes orientations du nouveau cycle politique et gouvernemental. Développement économique, souveraineté stratégique, emploi des jeunes, régionalisation avancée et relations avec les partenaires européens : le Souverain a appelé à faire de cette mandature un véritable tournant, tout en rappelant aux parlementaires leurs responsabilités envers les citoyens. Voici les sept principaux points à retenir de ce discours.
1 Une nouvelle Législature appelée à marquer un tournant
Dès l’ouverture de son discours, le roi Mohammed VI a souligné le caractère exceptionnel de la conjoncture dans laquelle s’engage la nouvelle Législature. Le Royaume dispose, selon le Souverain, d’opportunités qui pourraient ne pas se représenter et qu’il convient de saisir pour poursuivre les réalisations engagées.
Le Roi attend du nouveau mandat législatif et gouvernemental qu’il constitue un « véritable tournant », permettant au Maroc de conforter son statut de puissance économique émergente et fiable, tout en conciliant croissance et justice sociale et spatiale. Une ambition qui s’accompagne d’un appel à transformer la fierté nationale en responsabilité collective. Pour le Souverain, les acquis historiques, diplomatiques et économiques du Royaume ne doivent pas nourrir l’autosatisfaction, mais renforcer le sens du devoir envers le pays.
2 De nouvelles stratégies pour renforcer la souveraineté économique
Face à l’accélération des mutations géoéconomiques mondiales, le Roi a appelé au lancement d’une nouvelle génération de grandes stratégies nationales, parallèlement à la poursuite des projets d’infrastructures.
Six domaines ont été particulièrement mis en avant : la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, l’émergence industrielle, l’économie numérique et l’intelligence artificielle.
Le Souverain a également demandé d’accélérer la constitution des réserves stratégiques et la sécurisation des approvisionnements en produits de première nécessité. Ces orientations visent à renforcer la capacité du Maroc à faire face aux risques extérieurs et à consolider son autonomie économique.
3 Le secteur privé sommé de jouer un rôle plus important
Le développement économique ne saurait reposer uniquement sur l’action publique. Le roi Mohammed VI a ainsi exhorté les entreprises marocaines à renforcer leur contribution à la transformation du pays.
Le secteur privé est appelé à devenir un « acteur stratégique » du développement national, en faisant preuve de davantage d’initiative et de créativité.
Le Roi a notamment insisté sur quatre priorités : l’investissement, l’innovation, la création d’opportunités d’emploi et le développement des capacités d’exportation. Un appel à mobiliser davantage les entreprises dans la dynamique de croissance et à renforcer leur contribution au rayonnement économique du Royaume.
4 La jeunesse au premier rang des politiques publiques
L’emploi et l’avenir des jeunes figurent parmi les grandes priorités assignées aux responsables publics. Le roi Mohammed VI a demandé que les questions liées à la jeunesse soient placées en tête des politiques publiques et des préoccupations des instances de gouvernance.
Cette orientation doit s’appuyer sur une « vision intégrée » couvrant l’éducation, la qualification, l’égalité des chances et l’insertion économique.
Au-delà de l’accès au marché du travail, l’objectif est de renforcer les perspectives d’ascension sociale des jeunes et de restaurer leur confiance dans les institutions nationales. Le Souverain a ainsi insisté sur la nécessité de leur permettre de construire un avenir fondé sur la liberté, la dignité et la stabilité.
5 Régionalisation : plus aucun retard ne sera toléré
Le Roi a consacré une part importante de son discours aux difficultés persistantes de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative. Il a souligné que la prochaine étape du développement national devra privilégier l’action de terrain, en identifiant les problèmes propres à chaque région et en leur apportant des solutions réalistes.
Le roi Mohammed VI a déploré les retards et dysfonctionnements qui continuent d’entraver la décentralisation et la déconcentration, avec des conséquences directes sur les programmes de développement et la qualité des services publics.
Le message est particulièrement ferme : « aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable » dans l’application intégrale de la Charte de la Déconcentration.
Le Souverain a exigé le transfert effectif des compétences et des ressources humaines et financières de l’administration centrale vers les territoires. Il a également demandé une meilleure définition des responsabilités régionales et des mécanismes de coordination entre l’Etat et les régions, afin de leur donner une véritable capacité de décision et d’exécution des projets.
6 Migration : le Maroc veut revoir son partenariat avec l’Espagne et ses autres partenaires
Sur le plan international, le roi Mohammed VI a affirmé que le Maroc avait consolidé sa position de partenaire responsable et fiable, en droit d’attendre de ses partenaires le même respect des engagements.
Le Souverain a toutefois estimé que le modèle actuel de coopération migratoire avait « atteint ses limites », comme en témoignent les crises récurrentes. Il a particulièrement évoqué l’Espagne, avec laquelle le partenariat a connu des avancées importantes, notamment dans la lutte contre l’immigration irrégulière.
Selon le Roi, certaines dispositions légales dépassées et décisions judiciaires éloignées des réalités compliquent notamment le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié, tout en favorisant l’activité des réseaux criminels.
Face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique et médiatique de ces questions, le roi Mohammed VI a rappelé que le partenariat était un « choix souverain et un engagement volontaire », qui ne saurait être soumis à des pressions, menaces ou chantages.
Le Roi a surtout annoncé que le Maroc présentera à ses partenaires un document stratégique proposant une nouvelle approche de coopération, fondée sur le codéveloppement, la compétitivité économique et la stabilité régionale.
7 Un rappel solennel à la responsabilité des parlementaires
En conclusion de son discours, Mohammed VI s’est directement adressé aux élus de la nouvelle Législature, rappelant que le mandat parlementaire ne se limite pas à l’exercice d’une fonction institutionnelle.
Il constitue, selon ses termes, un « engagement politique et un contrat moral » liant les parlementaires aux citoyens.
Le Souverain les a appelés à assumer pleinement cette responsabilité nationale, dont ils devront répondre « devant Dieu, les citoyens et l’histoire ».
Un rappel qui clôt un discours plaçant la nouvelle Législature devant une double exigence : accélérer les transformations économiques et institutionnelles du Royaume tout en répondant plus concrètement aux attentes de la population.
Le nouveau Parlement dispose de 11 jours avant le dépôt de la loi de finances 2027, premier test pour le futur gouvernement et sa majorité.
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