Le Maroc trace une nouvelle voie pour son commerce extérieur
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé, le 28 mai à Casablanca, la cérémonie de lancement officiel de la Feuille de route du secteur du Commerce extérieur pour la période 2025–2027 © LeBrief-Ayoub Jouadi
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C’est un tournant stratégique que le Royaume du Maroc vient d’acter. Lors d’une cérémonie officielle tenue à Casablanca, le gouvernement, représenté par plusieurs ministres et organismes publics, en partenariat avec les principales forces vives du secteur privé, a signé le pacte pour un commerce extérieur au service de la croissance et de l’emploi, véritable feuille de route pour la période 2025–2027.
Porté par une ambition commune de hisser le commerce extérieur au rang de levier de croissance inclusive, ce pacte s’inscrit dans une vision résolument proactive. Il vise à remédier aux déséquilibres persistants du commerce marocain, marqué par un déficit structurel et une forte concentration sectorielle et géographique. En effet, malgré une croissance moyenne annuelle des exportations de 9% entre 2014 et 2024, le déficit commercial atteint encore 305 MM de DH, et 85% des exportations restent concentrées dans trois régions et quelques grands groupes.
Le pacte repose sur trois objectifs principaux : intégrer chaque année 400 nouveaux exportateurs, capter 70% du potentiel exportable identifié, soit 84 MM de DH, et générer 76.000 emplois directs. Pour ce faire, quatre axes d’intervention sont mis en œuvre, notamment l’accompagnement ciblé des entreprises, assurance publique à l’export, promotion internationale et digitalisation accrue.
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L’initiative comprend spécialement la création d’un guichet unique digital, la plateforme «one shop store export» ainsi que le développement de sociétés d’agrégation à l’export pour mutualiser les efforts de petites structures. L’Afrique, continent stratégique, est identifiée comme un marché prioritaire, spécialement via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Présent lors de la cérémonie, Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’ASMEX (Confédération marocaine des exportateurs), a salué un plan «structuré et ambitieux», tout en insistant sur la nécessité d’une gouvernance fluide, d’une montée en gamme des produits marocains, et d’un soutien accru aux très petites entreprises. Il a également souligné l’urgence d’une approche territorialisée, proposant la création de zones industrielles spécialisées à l’export avec accès facilité au foncier et à une énergie verte compétitive.
Par ailleurs, l’ASMEX a dévoilé sa propre feuille de route, articulée autour de six piliers concrets, allant de la formation professionnelle à la digitalisation du processus exportateur, en passant par la diplomatie économique. Elle a également annoncé la création d’un réseau national des clubs export pour renforcer le maillage territorial de l’action à l’international.
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Le pacte bénéficie d’une gouvernance renforcée, sous la présidence du chef du gouvernement, avec un comité stratégique et un comité de suivi mensuel. Le ministère de l’Économie et des Finances s’engage à mobiliser plus d’un milliard de dirhams sur trois ans pour financer les différents chantiers.
En somme, ce pacte marque une volonté claire de transformer le modèle exportateur du Maroc, de le rendre plus inclusif, plus performant et plus ancré dans les réalités régionales. Reste à en assurer une exécution rigoureuse, seule garante de son succès. Comme l’a rappelé le président de l’ASMEX : «Le commerce extérieur ne s’improvise pas. Il se construit».
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