Journée mondiale de l’éducation : l’urgence d’une école scientifique, équitable et durable
Des enfants dans un laboratoire (Photo illustration) © DR
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation 2026, l’Association des enseignants de sciences de la vie et de la Terre du Maroc (AESVT-MAROC) a publié un communiqué à la tonalité forte, à la fois hommage rendu aux acteurs éducatifs et plaidoyer exigeant en faveur d’une transformation en profondeur de l’école marocaine. À travers ce texte, l’association place l’éducation scientifique au cœur des enjeux de développement durable, de cohésion sociale et de préparation des générations futures aux défis complexes du XXIᵉ siècle.
Dans un contexte national marqué par la mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026 et par l’accélération de la généralisation du numérique dans l’enseignement, l’AESVT-MAROC salue l’engagement quotidien de l’ensemble des composantes du système éducatif. Enseignants, inspecteurs, formateurs, cadres pédagogiques, responsables territoriaux et nationaux, associations professionnelles et partenaires internationaux sont ainsi reconnus comme les piliers d’un service public de l’éducation qui continue de fonctionner malgré des contraintes structurelles persistantes.
L’enseignement public : équité et inclusion au cœur des priorités
Au-delà de la célébration, le communiqué adopte un ton lucide. Il rappelle que, malgré la pluralité des points de vue et les débats parfois vifs autour des réformes éducatives, une conviction collective demeure largement partagée : « l’enseignement public doit rester équitable, inclusif et accessible à tous, sans discrimination sociale ou territoriale ». Cette affirmation prend une résonance particulière dans un pays où les inégalités territoriales et socio-économiques continuent de peser lourdement sur l’accès à une éducation de qualité.
L’association insiste également sur le rôle stratégique de l’éducation en tant que levier du développement durable. Former des citoyens capables de comprendre les changements climatiques, de renforcer la cohésion sociale et d’assumer une responsabilité collective face à l’avenir n’est plus une option, mais une nécessité. Or, selon l’AESVT-MAROC, le système éducatif marocain peine encore à faire du développement durable un principe structurant des apprentissages, notamment dans sa dimension locale et contextualisée, en prise avec la réalité vécue par les apprenants.
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Les limites actuelles du système éducatif
Les limites identifiées sont multiples. Sur le plan des curricula, le développement durable est souvent abordé de manière fragmentée et formelle, sans lien réel avec des situations d’apprentissage authentiques. Cette approche réduit la capacité des élèves à appréhender la complexité des défis contemporains et creuse un écart préoccupant entre les savoirs scolaires et les pratiques sociales.
À cela s’ajoutent d’importantes contraintes matérielles, notamment les inégalités d’accès aux manuels, aux laboratoires et aux outils numériques, ainsi qu’une diffusion encore limitée des pédagogies actives et expérientielles. La formation des enseignants constitue un autre point critique soulevé par l’association. L’AESVT-MAROC déplore une articulation insuffisante entre la formation théorique et la pratique de classe, ainsi qu’un déficit de formation continue capable d’accompagner les évolutions pédagogiques, scientifiques et technologiques.
Cette situation limite l’adoption de pratiques innovantes et freine l’intégration réfléchie du numérique et de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. Les sciences de la vie et de la terre (SVT), discipline centrale pour la compréhension des enjeux environnementaux et sanitaires, illustrent de manière emblématique ces difficultés.
Malgré leur rôle stratégique, les SVT demeurent marginalisées dans de nombreux établissements, notamment en raison d’un nombre insuffisant de séances de cours, d’équipements de laboratoire limités, de la rareté des activités pratiques et du recul des études de terrain. Pour l’AESVT-MAROC, cette situation affaiblit la culture scientifique des apprenants et compromet l’objectif d’une éducation véritablement tournée vers le développement durable.
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Mobilisation collective et recommandations
Face à ce diagnostic, l’association ne se limite pas à la critique. Elle appelle à une mobilisation de l’intelligence collective de l’ensemble des acteurs éducatifs et associatifs, dans une logique de gouvernance partagée, d’innovation encadrée et d’évaluation continue. Parmi ses recommandations figurent l’adoption d’une approche globale dans l’enseignement des SVT, articulant dimensions environnementales, biologiques, géologiques, sociales et économiques, ainsi que le renforcement des compétences transversales des apprenants.
L’AESVT-MAROC plaide également pour un alignement plus cohérent entre les orientations curriculaires et les modèles pédagogiques, en privilégiant des méthodes centrées sur l’apprenant, notamment l’apprentissage par projet, les démarches expérimentales et la résolution de problèmes. Elle insiste sur la nécessité de consolider la culture scientifique à travers des savoirs fonctionnels, vivants et contextualisés, tout en renforçant la coopération entre le ministère de l’Éducation nationale, les collectivités territoriales, les familles et la société civile.
Enfin, le communiqué se conclut par un hommage appuyé aux enseignants et à l’ensemble des acteurs de l’éducation, présentés comme la « colonne vertébrale » de la réforme de l’école. L’annonce du prochain congrès national de l’association, prévu fin mars à Casablanca autour du thème « Éducation, science et sensibilisation pour un territoire résilient et durable », s’inscrit dans cette volonté de passer des discours à l’action.
Pour l’AESVT-MAROC, investir dans une éducation scientifique émancipatrice n’est pas seulement un choix pédagogique, mais un investissement stratégique pour l’avenir climatique, sanitaire et démocratique du Maroc.
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