GenZ 212 : les manifestations ont-elles un impact sur le tourisme ?

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Tourisme : 25,9 millions de nuitées au Maroc à fin juilletPlace Jemaa El Fna à Marrakech © DR

A
A
A
A
A

Malgré des arrivées et recettes touristiques record, la persistance des manifestations du collectif « GenZ 212 » inquiète. Les professionnels se veulent rassurants, mais restent vigilants.

Alors que les manifestations de la GenZ 212 se poursuivent depuis plus d’une semaine dans plusieurs villes du Royaume, la question de leur impact sur le tourisme se pose avec insistance. À l’approche de la saison de fin d’année, période stratégique pour les arrivées internationales et les recettes en devises, les professionnels observent avec prudence l’évolution de la situation.

Le Maroc avait pourtant signé, ces derniers mois, une performance remarquable. Entre janvier et août 2025, plus de 13,5 millions de touristes ont visité le Royaume, selon les données du ministère du Tourisme. Dans le même temps, les recettes voyages ont atteint un niveau record de 87,6 milliards de DH selon l’Office des changes, contre 76,6 MMDH sur la même période de 2024, soit en hausse de plus de 14% par rapport à 2024. 

Mais cette dynamique positive intervient dans un contexte de forte sensibilité médiatique, où la perception internationale du climat social devient un facteur déterminant pour les marchés émetteurs. Si les manifestations restent globalement pacifiques, leur visibilité sur les réseaux sociaux et dans certains médias étrangers suscite des interrogations et des signaux de prudence au sein des opérateurs.

212 : Gen Z sur fil tendu

Des annulations et un besoin de réassurance

Selon Said Tahiri, expert en tourisme, « il y a eu des annulations de groupes et de voyages professionnels, notamment en provenance du marché européen, pour ce mois d’octobre ». Ces reports, encore limités, témoignent d’une fragilité structurelle du secteur, où le moindre incident, qu’il soit sécuritaire ou sanitaire, peut avoir des répercussions immédiates sur les flux, nous explique notre interlocuteur. 

Les clients et partenaires étrangers cherchent en effet à être rassurés, d’autant plus que le Maroc est aujourd’hui très présent dans les circuits internationaux et dans les calendriers d’événements d’affaires. « Le rôle des professionnels est essentiel », souligne Tahiri. « Ils doivent, aux côtés de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), communiquer avec transparence et apaiser les inquiétudes des visiteurs comme des opérateurs », ajoute-t-il. 

Dans plusieurs agences et établissements hôteliers, des mesures de communication interne et externe ont déjà été renforcées. Des messages rassurants circulent auprès des tour-opérateurs et plateformes de réservation pour souligner que la situation est sous contrôle et que les déplacements touristiques se déroulent normalement. Cette réactivité a pour objectif d’éviter tout effet domino sur les réservations à court terme.

Lire aussi : Manifestations de la « GenZ 212 » : Younes Sekkouri insiste sur le dialogue avec la jeunesse

Maintenir la confiance à l’approche de la CAN

Les professionnels du secteur s’accordent sur un point : il faut éviter qu’une mauvaise perception passagère ne vienne perturber une année jusque-là exceptionnelle. Les indicateurs macroéconomiques témoignent en effet d’une dynamique solide : hausse des arrivées internationales, progression continue des recettes et réputation renforcée sur les marchés émetteurs européens, américains et africains.

À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), prévue en décembre prochain, les signaux restent plutôt positifs. Les réservations sont maintenues, explique Said Tahiri faisant savoir que « les visiteurs anticipent leurs séjours plusieurs semaines à l’avance ». Ces touristes se montrent attentifs mais confiants, misant sur la stabilité du Maroc et la qualité de son accueil.

Les fêtes de fin d’année constituent également un enjeu majeur. Marrakech, Agadir, Fès ou encore Tanger figurent parmi les destinations les plus prisées. Les professionnels redoublent d’efforts pour préserver la confiance des marchés et maintenir les réservations, en mettant en avant la résilience du pays, la qualité de ses infrastructures, et le niveau de sécurité assuré dans les zones touristiques.

L’expert rappelle enfin que même les grandes capitales touristiques, comme Madrid ou Paris, connaissent régulièrement des mouvements sociaux sans que cela n’affecte durablement leur attractivité. Le Maroc n’échappe pas à cette réalité : les manifestations actuelles traduisent une expression sociale qui, selon plusieurs observateurs, devrait se clôturer par un dialogue et des discussions constructives entre les différentes parties, dans le respect du climat de stabilité qui distingue le Royaume.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
FNACAM : de nouvelles mutations qui redessinent le terrain des assurances

Philippe Rocard décrypte les mutations de l’assurance, entre financiarisation, climat, IA, numérique et émergence de nouvelles solutions de couverture.

Mouna Aghlal - 8 octobre 2026
Royal Air Maroc et Boeing signent un partenariat pour rénover sept B787-8

La RAM et Boeing ont signé à Marrakech une convention pour rénover les cabines de sept B787-8 et renforcer le confort des passagers avant les grands rendez-vous.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
IMC 2026 : comment rendre l’exploitation minière africaine plus responsable grâce à l’ESG ?

L’IMC 2026 met l’ESG au cœur de la gouvernance minière africaine, entre performance environnementale, acceptabilité sociale, partage de la valeur et rôle des communautés.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Port Dakhla Atlantique : un chantier achevé à 65%

Le chantier du port Dakhla Atlantique a atteint environ 65% d’avancement, avec une mise en service prévue en 2029.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
L’aéronautique marocaine vise 5 milliards de dollars d’exportations

La filière aéronautique marocaine pourrait atteindre cinq milliards de dollars d’exportations d’ici 2026, selon son groupement professionnel. Détails.

Rédaction LeBrief - 8 octobre 2026
Paiement par carte : BAM abaisse la commission à 0,5%

Bank Al-Maghrib abaisse à 0,5% le plafond des commissions sur les paiements par carte au Maroc, avec un taux réduit pour les commerces de proximité.

Ilyasse Rhamir - 8 octobre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Carburants : augmentations des prix à partir du 30 mars 2026 à minuit

Économie - Cette augmentation devrait impacter le budget des usagers, notamment les automobilistes et les professionnels du transport.

El Mehdi El Azhary - 28 mars 2026
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire