GenZ 212 : les manifestations ont-elles un impact sur le tourisme ?
Place Jemaa El Fna à Marrakech © DR
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Alors que les manifestations de la GenZ 212 se poursuivent depuis plus d’une semaine dans plusieurs villes du Royaume, la question de leur impact sur le tourisme se pose avec insistance. À l’approche de la saison de fin d’année, période stratégique pour les arrivées internationales et les recettes en devises, les professionnels observent avec prudence l’évolution de la situation.
Le Maroc avait pourtant signé, ces derniers mois, une performance remarquable. Entre janvier et août 2025, plus de 13,5 millions de touristes ont visité le Royaume, selon les données du ministère du Tourisme. Dans le même temps, les recettes voyages ont atteint un niveau record de 87,6 milliards de DH selon l’Office des changes, contre 76,6 MMDH sur la même période de 2024, soit en hausse de plus de 14% par rapport à 2024.
Mais cette dynamique positive intervient dans un contexte de forte sensibilité médiatique, où la perception internationale du climat social devient un facteur déterminant pour les marchés émetteurs. Si les manifestations restent globalement pacifiques, leur visibilité sur les réseaux sociaux et dans certains médias étrangers suscite des interrogations et des signaux de prudence au sein des opérateurs.
Des annulations et un besoin de réassurance
Selon Said Tahiri, expert en tourisme, « il y a eu des annulations de groupes et de voyages professionnels, notamment en provenance du marché européen, pour ce mois d’octobre ». Ces reports, encore limités, témoignent d’une fragilité structurelle du secteur, où le moindre incident, qu’il soit sécuritaire ou sanitaire, peut avoir des répercussions immédiates sur les flux, nous explique notre interlocuteur.
Les clients et partenaires étrangers cherchent en effet à être rassurés, d’autant plus que le Maroc est aujourd’hui très présent dans les circuits internationaux et dans les calendriers d’événements d’affaires. « Le rôle des professionnels est essentiel », souligne Tahiri. « Ils doivent, aux côtés de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), communiquer avec transparence et apaiser les inquiétudes des visiteurs comme des opérateurs », ajoute-t-il.
Dans plusieurs agences et établissements hôteliers, des mesures de communication interne et externe ont déjà été renforcées. Des messages rassurants circulent auprès des tour-opérateurs et plateformes de réservation pour souligner que la situation est sous contrôle et que les déplacements touristiques se déroulent normalement. Cette réactivité a pour objectif d’éviter tout effet domino sur les réservations à court terme.
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Maintenir la confiance à l’approche de la CAN
Les professionnels du secteur s’accordent sur un point : il faut éviter qu’une mauvaise perception passagère ne vienne perturber une année jusque-là exceptionnelle. Les indicateurs macroéconomiques témoignent en effet d’une dynamique solide : hausse des arrivées internationales, progression continue des recettes et réputation renforcée sur les marchés émetteurs européens, américains et africains.
À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), prévue en décembre prochain, les signaux restent plutôt positifs. Les réservations sont maintenues, explique Said Tahiri faisant savoir que « les visiteurs anticipent leurs séjours plusieurs semaines à l’avance ». Ces touristes se montrent attentifs mais confiants, misant sur la stabilité du Maroc et la qualité de son accueil.
Les fêtes de fin d’année constituent également un enjeu majeur. Marrakech, Agadir, Fès ou encore Tanger figurent parmi les destinations les plus prisées. Les professionnels redoublent d’efforts pour préserver la confiance des marchés et maintenir les réservations, en mettant en avant la résilience du pays, la qualité de ses infrastructures, et le niveau de sécurité assuré dans les zones touristiques.
L’expert rappelle enfin que même les grandes capitales touristiques, comme Madrid ou Paris, connaissent régulièrement des mouvements sociaux sans que cela n’affecte durablement leur attractivité. Le Maroc n’échappe pas à cette réalité : les manifestations actuelles traduisent une expression sociale qui, selon plusieurs observateurs, devrait se clôturer par un dialogue et des discussions constructives entre les différentes parties, dans le respect du climat de stabilité qui distingue le Royaume.
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