Flambée des prix : les explications de Fouzi Lekjaa

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l'Économie et des Finances, chargé du Budget © DRFouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l'Économie et des Finances, chargé du Budget © DR

A
A
A
A
A

Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, est intervenu, lundi 16 mai, lors de la session hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants. Il est revenu sur les mesures prises pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et atténuer l’impact de la hausse des prix des produits de base. Selon le ministre, un retour à la compensation des carburants signerait la fin des investissements de l’État dans plusieurs chantiers. Cette subvention coûterait quelque 60 milliards de DH supplémentaires. Détails.

Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, est revenu sur les causes de la hausse des prix et les mesures prises pour y faire face. Il a rappelé qu’il s’agit d’une crise mondiale qui ne touche pas uniquement le Maroc. Le ministre a souligné que ces deux dernières années ont connu une succession de crises qui ont affecté l’économie mondiale, d’abord celle liée à la Covid-19, puis celle de la guerre en Ukraine.

Durant la crise sanitaire, le monde a connu un arrêt quasi total des activités et des services pour la première fois dans l’histoire moderne, a-t-il fait savoir. Il a expliqué que le grand élan de solidarité qu’avait connu le Maroc a permis d’atténuer la crise. Alors que celle-ci touchait à sa fin, «la guerre en Ukraine est venue rendre la situation de l’économie mondiale plus compliquée», note Lekjaa.

L’impact de la pandémie avait déjà affecté le secteur de la distribution mondiale et des chaînes de ravitaillement, dont plusieurs sociétés ont déclaré faillite. La guerre en Ukraine, quant à elle, s’est traduite par la hausse des prix des énergies qui s’est répercutée sur les prix des transports et de la distribution.

Toutefois, Lekjaa a signalé que la situation au Maroc reste meilleure que dans d’autres pays. Les prix du carburant ont par exemple bondi de 30% entre février et mai 2022, alors que dans des pays exportateurs comme les États-Unis et les Émirats arabes unis, cette hausse a atteint 46%.

Lire aussiAugmentation des prix : le FMI salue les mesures adoptées par le Maroc

La Caisse de compensation permet de supporter le pouvoir d’achat des citoyens

Fouzi Lekjaa a précisé aussi que le gouvernement a pris certaines mesures pour pallier la hausse de prix. Il a indiqué que la Caisse de compensation permet de supporter le pouvoir d’achat des citoyens.

«Certains parlent comme si la Caisse de compensation avait été complètement mise hors service. Pourtant, et comme vous le savez, cette Caisse continue à jouer son rôle en ce qui concerne la subvention des produits de grande consommation qui intéressent tous les citoyens. Plus encore, les fonds alloués à cette Caisse ont considérablement augmenté dernièrement pour atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international», a-t-il avancé.

Le responsable a précisé à cet égard que le gouvernement a mobilisé 7,32 milliards de DH (MMDH) pour éviter la hausse des prix de la farine et 1 milliard de DH pour soutenir le secteur des transports. Sans oublier le soutien gouvernemental pour maintenir le prix du gaz butane à 40 DH.  Puis, en ce qui concerne l’importation des blés dur et tendre, l’exécutif a décidé de suspendre la perception des droits d’importation depuis le 1er novembre dernier.

Lire aussiSoutien aux professionnels du transport : le ministère lance la seconde phase

Un retour à la compensation des carburants coûterait 60 MMDH supplémentaires

Le ministre n’a pas manqué de préciser en outre que si le gouvernement injecte plus d’argent pour amortir la hausse des prix, il devra le faire aux dépens d’autres secteurs comme celui de la sûreté ou des investissements. Selon lui, un retour à la compensation des carburants coûterait 60 MMDH supplémentaires à l’État, et se fera «au détriment des politiques d’éducation, de santé, de sécurité et d’investissement».

Fouzi Lekjaa a affirmé : «nous ne pouvons pas mobiliser toutes les ressources financières de l’État pour gérer une situation exceptionnelle, au détriment de l’intérêt de tous les Marocains portant sur la mise en œuvre de chantiers et de grands projets. Ces derniers sont censés améliorer leur quotidien et à tous les niveaux». «Nous ne pouvons pas renoncer au chantier de la protection sociale, ni à celui de la réforme des systèmes d’éducation et de santé, ou encore à celui du soutien aux entreprises pour préserver les emplois, afin de subventionner les carburants de façon générale, que ce soit pour un usage public ou privé», a martelé le ministre.

Le financement de l’investissement public constitue une orientation stratégique

Sur un autre volet, concernant le financement de l’investissement public, le ministre a souligné qu’il s’agit d’une orientation stratégique et qu’il est inutile de recourir à une loi de Finances rectificative. Il explique que «les recettes fiscales provenant des impôts directs et indirects permettent de financer cet investissement dans les meilleures conditions». «L’investissement public est un choix stratégique de nature à faire augmenter le taux de croissance et, par conséquent, à créer des emplois. Le Maroc s’est engagé depuis des années dans cette voie en décidant d’augmenter cet investissement pour arriver cette année à un volume de 195 MMDH», a-t-il soutenu.

Fonds Mohammed VI pour l’investissement

Le ministre de tutelle a également précisé que parmi les mécanismes institutionnels à même d’impulser l’investissement au Maroc, il y a le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Ce dernier est alimenté par l’État à hauteur de 15 MMDH. Il regroupera plusieurs caisses thématiques dédiées aux infrastructures, au soutien à la petite entreprise, etc.

De même, ajoute Fouzi Lekjaa, le gouvernement est en train d’apporter les dernières touches à la Charte de l’investissement et aux différents décrets y afférents. Ils seront bientôt soumis au Parlement pour discussion et adoption. Ce qui ne manquera pas, d’après lui, d’offrir un grand élan à l’investissement, notamment à travers des mesures encourageant l’investissement régional, local et sectoriel.

Lire aussiNouvelle Charte de l’Investissement : Akhannouch préside la 4e réunion interministérielle

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Centres d’appels : les syndicats marocains, tunisiens et français du secteur se réunissent à Casablanca

Les syndicats du BPO de France, du Maroc et de Tunisie se réunissent le 21 juin à Casablanca pour débattre de l’IA, de l’emploi et des nouvelles contraintes réglementaires.

El Mehdi El Azhary - 18 juin 2026
Et si le vrai défi de l’IA marocaine n’était pas la technologie ?

À Merzouga, experts et décideurs débattent des priorités de l’IA au Maroc, entre souveraineté, accès à la data, cybersécurité et cadre réglementaire.

Ilyasse Rhamir - 18 juin 2026
Fruits rouges, agrumes et olivier : les moteurs de la campagne agricole marocaine 2025/2026

La campagne agricole 2025/2026 au Maroc est marquée par le rebond des fruits rouges, des agrumes et de l’olivier grâce au retour des pluies.

Mouna Aghlal - 18 juin 2026
Merzouga : experts et décideurs tracent les priorités de l’IA

À Merzouga, experts et décideurs identifient les priorités pour accélérer l’IA au Maroc, entre souveraineté, accès à la data, cybersécurité et régulation.

Ilyasse Rhamir - 18 juin 2026
Merzouga : Amal El Fallah Seghrouchni lance le Rally IA Future Lab

À Merzouga, la ministre Amal El Fallah Seghrouchni lance le Rally IA Future Lab, réunissant 1.000 talents pour accélérer l’intelligence artificielle au Maroc.

Ilyasse Rhamir - 17 juin 2026
Campagne céréalière : de bons rendements atteignant 57 quintaux par hectare

La campagne céréalière 2026 affiche de bons rendements. La production est estimée à 90 millions de quintaux, portée par des pluies abondantes et des mesures de soutien.

El Mehdi El Azhary - 16 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire