Festival des musiques sacrées : l’âme du Rif plane sur Jnan Sbil

Mbaye Gueye

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Festival des musiques sacrées du monde : l'âme du Rif plane sur Jnan Sbilles maîtres du Jajouka du Rif au jardin de Jnan Sbil à l'occasion du Festival des musiques sacrées du monde 2025 © DR

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Sous le ciel étoilé de Fès, les douces ombres et les lumières feutrées du jardin Jnan Sbil se sont muées en un écrin sacré où s’est déployée la musique millénaire du village de jajouka. Invités pour la première fois au festival des musiques sacrées du monde, les maîtres-musiciens rifains, menés par le virtuose Bachir Attar, ont transporté un public conquis dans une transe hypnotique et spirituelle.

Dès les premiers accords des hautbois maghrébins, portés par le souffle puissant des joueurs de ghaïta, la scène intime de Jnan Sbil s’est façonnée en un sanctuaire sonore. Percussions vibrantes, flûtes aériennes et litanies rythmiques se sont entrelacées pour tisser un lien profond entre la terre et le ciel, rappelant la dimension rituelle originelle de cet art. Loin d’un simple concert, cette performance incarnait une célébration vivante d’un héritage transmis de génération en génération, un témoignage vibrant de l’identité marocaine.

Lire aussi : Fès : Lalla Hasnaa préside l’ouverture du 28e Festival des musiques sacrées du monde

Selon Bachir Attar, la musique de Jajouka était déjà évoquée dès le XIVᵉ siècle par l’historien Ibn Khaldoun. Elle puise ses racines dans l’aïta jabaliya et résonnait jadis à la cour des sultans. « Ce répertoire spirituel et cérémoniel est un pilier de notre patrimoine », a-t-il expliqué, rappelant que ces mélodies étaient bien plus que des notes : elles sont l’âme même d’une culture pluriséculaire.

Pour ces maîtres, dont la renommée internationale n’est plus à faire (leur art a inspiré la Beat génération et les pionniers du psychédélisme dans les années 1960), leur présence à Fès marque un retour symbolique sur la scène nationale. Après avoir longtemps porté la tradition de Jajouka aux quatre coins du monde, ils retrouvent aujourd’hui un public marocain avide de renouer avec ces sonorités ancestrales.

L’édition 2025 du Festival est placée sous le haut patronage du roi Mohammed VI. Elle a réuni plus de 200 artistes venus de 15 pays, soucieux de faire dialoguer les spiritualités du monde. En offrant cette immersion sensorielle dans le souffle intemporel de Jajouka, le festival confirme sa vocation première : être un véritable pont entre les cultures et les religions, et rappeler à chacun que la musique sacrée demeure un langage universel, capable de transcender les frontières du temps et de l’espace.

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