Eurobonds : le Maroc réussit son retour sur les marchés
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Le Maroc a effectué, mardi 19 mai, un retour remarqué sur le marché obligataire international en lançant une émission en euros à double maturité. Une opération particulièrement attendue puisqu’il s’agit de la première sortie du Royaume depuis son passage en catégorie « investment grade » en 2025. Malgré un climat géopolitique tendu marqué par les répercussions du conflit avec l’Iran, Rabat semble avoir convaincu les investisseurs internationaux.
Selon plusieurs indications de marché, la demande a rapidement dépassé les attentes. En milieu d’après-midi, les souscriptions franchissaient déjà le seuil des 5 milliards d’euros, soit largement plus que le montant recherché par le Trésor marocain. L’opération, qui n’était pas encore clôturée au moment des derniers échanges, pourrait permettre au Royaume de lever près de 2 milliards d’euros.
Deux maturités ont été proposées aux investisseurs : une tranche à 8 ans et une autre à 12 ans. Les conditions obtenues apparaissent finalement plus favorables que prévu initialement. Les spreads se seraient établis autour de 170 points de base pour la première tranche et 200 points pour la seconde, des niveaux inférieurs aux premières indications communiquées au marché quelques heures plus tôt.
Cette forte mobilisation des investisseurs intervient pourtant dans un environnement international particulièrement sensible. Depuis le déclenchement des tensions avec l’Iran, les marchés financiers restent plus prudents et les coûts de financement des Etats émergents ont globalement augmenté. Le Maroc n’échappe pas totalement à cette pression : certains de ses eurobonds affichent désormais des rendements plus élevés qu’avant la crise régionale.
Mais le Royaume bénéficie désormais d’un argument de poids : l’amélioration de sa notation souveraine. Son retour dans la catégorie investment grade a renforcé sa crédibilité auprès des grands investisseurs institutionnels internationaux, qui peuvent à nouveau intégrer la dette marocaine dans leurs portefeuilles avec davantage de confiance.
Cette émission s’inscrit dans la continuité de celle réalisée en mars 2025, lorsque le Maroc avait déjà levé 2 milliards d’euros sur les marchés internationaux. A l’époque, l’opération avait suscité un fort engouement malgré une notation encore spéculative. Un an plus tard, le contexte géopolitique s’est dégradé, mais la signature marocaine semble avoir gagné en solidité.
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Le Royaume a déjà sollicité les marchés internationaux à plusieurs reprises par le passé, dans des configurations variables selon les besoins de trésorerie et les conditions de marché. Une éventuelle sortie obligataire de 2,25 milliards de dollars constituerait un volume significatif, susceptible d’alimenter les réserves en devises, de refinancer des échéances ou de soutenir le programme global de financement du Trésor.
A ce stade, la prudence reste de mise : faute de publication complète et consultable, les informations relatives aux obligations marocaines doivent être considérées comme partielles. Une confirmation officielle ou une documentation détaillée serait nécessaire pour apprécier le coût réel de l’opération, son accueil par le marché et ses implications pour la trajectoire financière du Royaume dans les prochains mois.
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