Élections 2026 : entre défiance démocratique et espoir de remobilisation citoyenne
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L’étude met en évidence une crise de confiance particulièrement marquée. Alors que 66,6% des répondants considèrent le vote comme un devoir civique important, seulement 13,6% jugent crédibles les résultats des précédentes élections.
Cette contradiction révèle une réalité complexe : les citoyens ne rejettent pas le principe démocratique, mais remettent en question son fonctionnement concret. Selon l’association Les Citoyens, cette défiance est davantage le signe d’un jugement critique et informé qu’une simple forme de désengagement politique.
Les données recueillies montrent également que la confiance envers les institutions publiques reste faible. Une large majorité des participants estime que les élus ne remplissent pas correctement leurs responsabilités et que les partis politiques ne répondent pas aux préoccupations réelles de la population.
L’un des constats les plus marquants de l’enquête concerne la relation entre les citoyens et les formations politiques. Près de 80% des répondants déclarent n’avoir aucun contact avec un parti politique.
Cette absence de lien direct nourrit un sentiment de distance et d’incompréhension. Les partis sont perçus comme des structures présentes principalement lors des campagnes électorales, mais peu visibles dans la vie quotidienne des citoyens.
La communication politique fait également l’objet de critiques sévères. Les participants jugent les discours des partis peu clairs, insuffisamment pédagogiques et souvent déconnectés des préoccupations concrètes des Marocains. Pour Les Citoyens, cette situation contribue fortement à l’érosion du lien de représentation entre les électeurs et leurs représentants.
Les réseaux sociaux, nouvelle source principale d’information politique
Face à l’affaiblissement des canaux traditionnels de communication politique, les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’information citoyenne.
L’enquête révèle que 74% des répondants s’informent principalement via les plateformes numériques, loin devant la presse écrite, la télévision ou la radio. Cette évolution traduit une transformation profonde des pratiques informationnelles au Maroc.
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Toutefois, les citoyens interrogés ne semblent pas adopter une attitude passive face aux contenus diffusés en ligne. Une grande partie d’entre eux affirme conserver un regard critique sur les informations consultées. Pour l’association Les Citoyens, cette réalité impose aux acteurs politiques d’investir davantage l’espace numérique tout en renforçant leur présence sur le terrain.
L’étude met en lumière un phénomène particulièrement révélateur : l’écart entre l’intérêt déclaré pour la politique et la participation effective aux élections. Seuls 53,1% des répondants indiquent être inscrits sur les listes électorales. Plus frappant encore, parmi ceux qui étaient en âge de voter lors du scrutin de 2021, 41,3% affirment avoir volontairement boycotté les élections.
Pourtant, lorsqu’ils sont interrogés sur les élections de 2026, 42,3% déclarent qu’ils voteront certainement ou probablement. À l’inverse, 38,6% envisagent de ne pas participer, tandis qu’une proportion importante demeure indécise.
Cette situation révèle ce que Les Citoyens qualifient de « chaîne de mobilisation rompue » : les difficultés ne concernent pas uniquement le vote lui-même, mais également l’inscription électorale, la confiance dans le système et la motivation à participer.
Les jeunes et les femmes au cœur des enjeux de mobilisation
Contrairement à certaines idées reçues, les jeunes apparaissent comme l’une des catégories les plus susceptibles de participer aux élections de 2026. Les 18-24 ans affichent même l’intention de vote la plus élevée parmi toutes les tranches d’âge étudiées.
Cependant, cette disponibilité électorale s’accompagne d’un regard très critique sur la place accordée à la jeunesse dans la vie politique. Une écrasante majorité des répondants considère que les jeunes restent insuffisamment représentés dans les instances de décision.
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L’enquête souligne également une dynamique intéressante concernant les femmes. Celles-ci manifestent une intention de vote supérieure à celle des hommes. Néanmoins, elles demeurent moins nombreuses à être inscrites sur les listes électorales et déclarent davantage avoir rencontré des obstacles les empêchant de voter lors des précédents scrutins.
Ces résultats montrent que le problème n’est pas nécessairement un manque d’intérêt politique, mais plutôt l’existence de barrières administratives et sociales qui limitent la participation effective.
Les conditions d’un retour aux urnes
L’un des apports majeurs du rapport réside dans l’identification des facteurs susceptibles de remobiliser les électeurs.
Les citoyens interrogés placent en tête de leurs attentes les garanties d’intégrité du scrutin, citées par près de la moitié des répondants. Viennent ensuite la clarté des programmes politiques, la présence de candidats jeunes, la transparence du financement des partis et l’accès à une information compréhensible.
Ces résultats montrent que les citoyens ne demandent pas moins de politique, mais une politique de meilleure qualité. Ils souhaitent davantage de transparence, de renouvellement et de crédibilité.
Cependant, un chiffre interpelle particulièrement : 24,1% des répondants affirment qu’aucun facteur ne pourrait les convaincre de voter. Pour l’association Les Citoyens, ce noyau dur de désengagement constitue l’un des principaux défis démocratiques à l’approche de 2026.
Au terme de son enquête, l’association Les Citoyens estime que les élections de 2026 représentent un moment décisif pour la démocratie marocaine. Les citoyens ont clairement exprimé leurs attentes : davantage d’intégrité, une meilleure représentation des jeunes, des programmes plus lisibles et une relation plus directe avec les partis politiques.
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