Économie : une situation mi-figue, mi-raisin en cette fin d’année

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L’essentiel de la note de conjoncture de la DTFEImage d'illustration © DR

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La Direction du trésor et des finances extérieures (DTFE), relevant du ministère de l’Économie et des Finances, vient de publier sa dernière note de conjoncture au titre de l’année 2022. Il en ressort une certaine amélioration des indicateurs macro-économiques et des tendances sectorielles. Détails…

La note de conjoncture de la Direction du trésor et des finances extérieures (DTF) du mois de décembre 2022 relate tous d’abord les faits marquants de la conjoncture internationale. La quasi-stabilité de la croissance du PIB américain, le ralentissement de la croissance économique dans la zone euro, l’accélération de l’activité économique en Chine, et la baisse des prix des produits énergétiques en novembre sont soulignés.

La dette du Trésor s’envole

Sur le plan national, la DTFE se base sur les derniers résultats des comptes nationaux trimestriels du Haut-Commissariat au plan (HCP). Selon le HCP, la croissance économique nationale a ralenti à +2% au cours du deuxième trimestre 2022 contre +14,2% au deuxième trimestre 2021, en raison particulièrement du net repli de la valeur ajoutée agricole et du retour de la croissance des activités non agricoles à des niveaux modérés après la reprise constatée en 2021.

Mais le volet le plus intéressant dans la note de la DTFE concerne les indicateurs financiers. L’encours de la dette globale du Trésor a atteint 944,7 milliards de dirhams (MMDH) à fin novembre 2022, en hausse de 6,7% par rapport à fin 2021. La structure de cette dette reste dominée par sa composante intérieure avec une part de 75,5% alors que la dette extérieure représente 24,5% de l’encours global de la dette, précise la DTFE.

Lire aussi : 2022 : l’économie marocaine prise en tenaille

Pluies salvatrices

Focus sur le secteur primaire qui a beaucoup souffert du manque de précipitations. La DTFE souligne que la campagne agricole 2022/2023 a démarré dans des conditions difficiles. Fort heureusement, «les précipitations enregistrées durant le début du mois de décembre dans plusieurs zones du Royaume auront un impact positif sur cette campagne, notamment sur le rythme des cultures d’automne, des arbres fruitiers et des cultures fourragères, ainsi que sur les retenues des barrages et les réserves d’eaux souterraines». Les conjoncturistes de la DTFE, sans s’avancer sur des prévisions chiffrées concernant le secteur agricole, ne manquent pas de souligner également que le taux de remplissage des barrages a augmenté à 30,7% au 19 décembre contre 24,9% au 12 décembre, premier jour des dernières pluies.

Lire aussi : DEPF : bonnes prémices pour la campagne agricole 2022-2023

Fléchissement du bâtiment

Il va sans dire que les ventes de ciment demeurent le principal indicateur du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP). Ces ventes ont reculé de 9,2% à fin novembre 2022, après une hausse de 15,6% un an auparavant. Cela veut dire qu’il y a eu moins de mise en chantier et moins de projets lancés durant les 11 premiers mois de l’année qui s’achève. Il y a eu aussi des contre-performances des ventes dans les segments de la distribution (-13,8%), du bâtiment (-9,7%) et du préfabriqué (-6,3%). Seules tendances haussières, celles des branches de l’infrastructure (+6,9%) et du béton prêt à l’emploi (+3%).

Pourtant, les crédits immobiliers ont progressé de 1,9% au cours des dix premiers mois de l’année 2022 pour totaliser 5,5 milliards de DH (MMDH). Dans le détail, les crédits alloués à l’habitat ont progressé de 5,2 MMDH (+2,2%), alors que les financements alloués à la promotion immobilière ont diminué de 2,7 MMDH (+4,8%).

Lire aussi : 2022, une année qui redonne des couleurs au tourisme

Pour finir, la DTFE revient sur les tensions géopolitiques observées depuis la fin du mois de février de l’année 2022 suite au déclenchement du conflit russo-ukrainien, conjuguées à l’aggravation des perturbations des chaines d’approvisionnement. Ces deux éléments «ont largement contribué à l’intensification des pressions inflationnistes d’origine externe au Maroc». La note de conjoncture fait remarquer que sur les onze premiers mois de l’année 2022, le taux d’inflation a affiché une forte augmentation pour s’établir à +6,5% contre +1,3% un an auparavant, son plus haut niveau depuis 28 ans.

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