Certains amendements, en apparence techniques, révèlent des lignes de fracture bien plus profondes que ne le laissent croire les discours feutrés de l’hémicycle. L’ajustement du seuil d’éligibilité au financement public des campagnes des listes de jeunes candidats indépendants fait partie de ces signaux discrets qui éclairent les véritables tensions du moment. Lundi dernier, en séance plénière, la majorité a renoncé à son propre dispositif initial — 5% des voix des électeurs — pour lui préférer un taux de 2%. Une volte-face entérinée sans friction par le ministre de l’Intérieur, qui a pourtant rejeté plusieurs autres amendements proposés.
En commission, pourtant, les mêmes formations défendaient un seuil robuste, présenté comme une garantie de sérieux et un instrument de sélection naturelle des candidatures. Mais la réalité des chiffres a rattrapé les ambitions : après la réalisation de simulations, il s’est avéré que dans plusieurs circonscriptions, atteindre 5% des électeurs relève non pas de l’effort, mais de la quasi-impossibilité pour une liste juvénile dépourvue de machine partisane. La majorité a donc invoqué la nécessité de « rationaliser » la participation des jeunes, un terme suffisamment souple pour justifier un revirement tout en conservant une posture réformatrice.
L’opposition n’a pas tardé à dénoncer cette inflexion, rappelant que l’accord initial en commission visait justement à consolider la crédibilité des candidatures de jeunes en leur imposant une exigence minimale. Elle pointe par ailleurs une incohérence structurelle : lier le seuil aux électeurs inscrits plutôt qu’aux suffrages exprimés crée un décalage entre l’objectif affiché — refléter la légitimité électorale — et l’instrument retenu.
La majorité oppose un contre-argument de taille : basculer vers les suffrages exprimés exposerait certaines circonscriptions à des distorsions mécaniques, où quelques centaines de voix suffiraient à franchir le seuil, au risque de biaiser l’économie générale du dispositif. Au fond, ce débat n’est pas seulement technique : il renvoie au difficile équilibre entre ouverture du champ politique et exigence de lisibilité démocratique.
Les textes formant le nouveau Code électoral poursuivent désormais leur route à la Chambre des conseillers pour un vote crucial en plénière après leur validation vendredi en commission sans aucun amendement. Le tempo législatif s’accélère, et avec lui les interrogations.
Au-delà de la bataille des seuils, se profile une interrogation bien plus politique : la révision des lois relatives aux élections ne favoriserait-il pas une percée massive des indépendants, jeunes et moins jeunes ? L’évocation du scrutin de juin 1977 — où les candidats indépendants, profitant d’un contexte institutionnel singulier, avaient émergé comme première force parlementaire — circule déjà dans les couloirs, à demi-mots.
Certes, le Maroc de 2025 n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1977, ni même avec les configurations plus récentes. Les partis, malgré leurs fragilités chroniques, disposent de structures plus solidifiées ; le champ politique s’est juridiquement et institutionnellement resserré. Mais la défiance latente envers les appareils, combinée à une aspiration diffuse à des visages “hors système”, compose un terreau que les indépendants peuvent exploiter.
Réviser les conditions d’éligibilité revient potentiellement à élargir l’espace de compétition pour ces profils non affiliés, particulièrement dans les territoires où les dynamiques locales priment sur les étiquettes nationales. Le risque — ou l’opportunité, selon le point de vue — serait l’émergence d’un bloc indépendant quantitativement significatif, mais qualitativement hétérogène, difficile à intégrer dans une architecture parlementaire déjà fragmentée.
Peut-on réellement envisager un remake de 1977 ? Pas dans sa forme brute. Mais une recomposition inattendue, portée par des candidatures non partisanes, n’est pas un scénario fantaisiste. Le nouveau Code électoral, pourrait bien, sans l’avoir explicitement visé, rouvrir une brèche que l’histoire politique marocaine connaît déjà. Et si la véritable ligne de fracture de 2025 n’était pas entre majorité et opposition, mais entre partis et non-partis ?
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