On a pris l’habitude à Casablanca, toujours des chantiers, des travaux, des projets… ! Un vrai jeu vidéo digne de Super Mario… Pardon, Mario Kart World, bonjour la référence qui en révèle trop sur nos âges.
Venons-en aux faits. Le mardi 7 avril, à Aïn Borja, le jeu a tourné au vinaigre. Pour la faire courte, c’est un douar qu’on a décidé de rayer de la carte, à l’encontre de ses habitants. Un cocktail explosif de gaz, de cris et de pierres.
C’est fascinant quand même, on parle d’« opération de démolition et d’évacuation », comme si on allait bouger des meubles d’un point A à un point B. Mais non, les gens sont visiblement lassés des promesses de relogement.
Alors forcément, ça a dérapé. Quand les bulldozers avancent sans que les solutions de rechange ne soient sur la table, la tension monte, les résidents réclament des indemnités, un toit, un truc concret quoi. En réponse, ils ont eu droit au ballet des forces publiques. Des projectiles contre des boucliers, des flics blessés et un quartier transformé en zone de guerre ! Comme s’il n’y en avait pas assez comme ça dans le monde.
Et puis, place au renfort pour « sécuriser l’intervention ». A comprendre : comme ça ne passait pas par la discussion, on a fait passer ça par le nombre.
Alors l’idée de base est très louable. On cherche à faire de Casablanca une ville smart en balayant la misère sous le tapis. On veut une ville sans bidonville, attention la FIFA arrive. Qui voudrait aller à l’encontre de ce progrès ? On est d’accord sur le principe, mais 1 il faut reloger convenablement les gens, et 2 ne pas le faire en pleine année scolaire !
Ces gens ont des enfants, des habitudes, des postes… Si vous les envoyez à Perpète-les-Oies, ils font comment pour terminer leur année scolaire ? A l’aide de 2 bus et un grand taxi ? Qui vous dit qu’ils en ont les moyens ?
C’est ce genre de décisions prises loin, très loin, des réalités du Maroc et du Marocain, que le fossé social se creuse et que la frustration monte.
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Notre message aux responsables du logement à Casablanca est clair : détruire sans offrir au préalable une alternative décente, ce n’est pas une réussite, c’est un désastre.
Cessez la logique de la force.
Assumez vos responsabilités : logement réel, scolarité préservée, liens sociaux respectés.
Une « ville mondiale » ne se bâtit pas sur la honte de ses habitants.
Un progrès qui laisse des larmes et des inégalités béantes n’est qu’une régression déguisée.