Contrôle technique : pourquoi les automobilistes doivent-ils arriver à l’aube ?
Photo d'illustration © DR
A
A
A
A
Pour certains automobilistes casablancais, passer une visite technique commence désormais plusieurs heures avant l’ouverture du centre.
Dès l’aube, des véhicules s’alignent devant les centres de contrôle technique. Ceux qui arrivent plus tard prennent le risque de découvrir que la capacité quotidienne est déjà atteinte et qu’ils devront revenir le lendemain.
Cette situation est particulièrement pénalisante pour les personnes qui travaillent. Il faut libérer une matinée, parfois se rendre dans plusieurs centres, et malgré cela, aucune garantie n’existe de pouvoir effectuer le contrôle.
Le témoignage de Amine, automobiliste à Casablanca, illustre cette difficulté. Venu effectuer la visite technique d’un véhicule qu’il souhaite vendre, il s’est présenté vers 9 heures dans un centre à Oulfa. On lui explique que le quota est déjà atteint.
Il tente alors sa chance à Dar Bouazza, sans succès. Puis il se rend à Sidi Maarouf, où la réponse est encore la même : il devra revenir le lendemain et, surtout, arriver beaucoup plus tôt.
Amine estime que cette situation n’est pas normale pour une ville comme Casablanca et s’interroge sur l’adaptation du nombre de véhicules pouvant être contrôlés chaque jour à la demande réelle.
Mais sur le terrain, les professionnels du secteur apportent une autre lecture du problème.
Lire aussi : Nouveaux centres de contrôle technique : l’AMDL et NARSA passent à l’action
« Une ligne, c’est 20 véhicules »
Yassine, qui travaille dans un centre de visite technique à Casablanca, explique que le nombre de véhicules pouvant être contrôlés quotidiennement dépend directement du nombre de lignes dont dispose chaque centre.
Selon lui, une ligne permet de contrôler 20 véhicules par jour. Un centre disposant de deux lignes peut donc prendre en charge 40 véhicules, tandis qu’un établissement équipé de trois lignes peut atteindre 60 véhicules.
« Plus le centre a de lignes, plus il peut passer de véhicules », résume-t-il.
Pour Yassine, ce système doit être mis en relation avec le temps nécessaire à chaque inspection.
Un contrôle prendrait environ 20 minutes par véhicule dans les cas habituels. À raison de 20 véhicules sur une ligne, cela représente environ une journée complète de travail.
Mais cette durée n’est pas systématiquement identique.
Certains véhicules peuvent nécessiter davantage de temps, notamment lorsqu’ils présentent des caractéristiques particulières ou lorsqu’un contrôle plus approfondi est nécessaire.
Les taxis rouges, un cas particulier
Yassine cite notamment le cas des petits taxis de Casablanca.
Lorsqu’un taxi rouge se présente pour sa visite technique, les vérifications peuvent prendre davantage de temps. La raison est directement liée à la sécurité des passagers.
Ces véhicules transportent quotidiennement des citoyens et doivent donc faire l’objet d’une attention particulière, selon le professionnel.
« C’est la sécurité du citoyen », explique-t-il en substance, en soulignant que les contrôleurs doivent être particulièrement vigilants sur ces véhicules.
Cette réalité complique davantage le calcul d’une capacité quotidienne théorique. Tous les véhicules ne demandent pas nécessairement le même niveau de vérification ni le même temps de passage.
Autrement dit, augmenter mécaniquement le nombre de véhicules autorisés par ligne ne signifierait pas forcément que le centre pourrait absorber cette hausse sans conséquences sur les conditions de travail ou la qualité des inspections.
Plaques d’immatriculation : le Maroc adopte un format unique
Août, un mois particulièrement chargé
Pour Yassine, une autre donnée est essentielle pour comprendre la situation actuelle : la période de l’année.
Le mois d’août est, selon son expérience, particulièrement chargé dans les centres de contrôle technique. La demande connaît alors une forte augmentation, alors que d’autres périodes de l’année seraient beaucoup plus calmes.
Pourquoi cette concentration au mois d’août ?
Plusieurs phénomènes se cumulent.
D’abord, les départs en vacances. Certains automobilistes vérifient leurs documents à l’approche du voyage et découvrent parfois que leur contrôle technique n’est plus à jour.
Ensuite, le retour des Marocains résidant à l’étranger contribue, selon Yassine, à augmenter l’activité.
Enfin, le marché de l’automobile connaît également une activité importante durant cette période. Les ventes et les opérations nécessitant une visite technique de mutation viennent donc s’ajouter aux contrôles habituels.
Résultat : la demande augmente brutalement.
Le problème de l’anticipation
Pour Yassine, les automobilistes ont également une part de responsabilité dans la saturation.
Il observe notamment que certains propriétaires attendent le dernier moment pour effectuer leur visite technique.
Le phénomène est encore plus visible lorsque des automobilistes laissent passer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de s’occuper de leur contrôle. Puis, à l’approche des vacances, ils vérifient leurs papiers et découvrent que la visite technique n’est plus valable.
Ils se présentent alors simultanément dans les centres, au même moment que de nombreux autres automobilistes.
« Il faut anticiper », conseille ainsi Yassine.
Selon lui, les personnes qui prévoient de voyager durant l’été ont tout intérêt à effectuer leur contrôle technique suffisamment tôt et à ne pas attendre le mois d’août.
Son conseil est simple : faire la visite avant août ou après août, lorsque la pression sur les centres est moins importante.
Permis de conduire : la NARSA déploie un nouveau dispositif contre la fraude
Pourquoi augmenter le quota à Casablanca ne serait pas la solution ?
Face à la saturation observée dans la métropole, une question revient régulièrement : pourquoi ne pas simplement augmenter le quota des centres casablancais ?
Pour Yassine, cette solution n’est pas viable.
Selon lui, les équipes passent déjà pratiquement une journée complète à contrôler les véhicules correspondant à leur capacité quotidienne. Une augmentation du nombre de véhicules par ligne entraînerait mécaniquement une charge de travail supplémentaire.
Cela pourrait, à ses yeux, rendre les conditions de travail difficiles et surtout poser la question du temps réellement consacré à chaque inspection.
Le problème ne serait donc pas nécessairement celui d’un quota trop faible, mais plutôt celui d’une capacité globale insuffisante face à une demande exceptionnellement élevée.
Davantage de centres plutôt que davantage de véhicules par ligne
Pour le professionnel casablancais, la réponse se trouve davantage dans l’ouverture de nouveaux centres.
Yassine estime que des personnes sont disponibles pour travailler dans le secteur et que certains professionnels souhaitent également ouvrir de nouveaux centres de visite technique.
Le principal enjeu serait donc de permettre à ces nouvelles capacités de voir le jour.
Selon lui, l’augmentation du nombre de centres permettrait de répartir la demande sans obliger les établissements existants à augmenter considérablement leur rythme de travail.
Cette solution aurait également l’avantage de rapprocher l’offre des automobilistes et de réduire la concentration de la demande sur quelques établissements.
Cyberescroquerie : des comptes bancaires vidés via un faux site de la NARSA
Des automobilistes qui subissent malgré tout la situation
Même si le comportement de certains usagers contribue à amplifier la saturation, la situation reste particulièrement contraignante pour ceux qui doivent effectuer leur contrôle dans l’urgence.
Amine en a fait l’expérience : après avoir libéré sa matinée de travail et tenté sa chance dans plusieurs centres, il n’a finalement pas pu effectuer sa visite technique.
Son cas pose donc une question importante : comment mieux répartir la demande afin qu’un automobiliste qui se présente pendant les horaires d’ouverture puisse avoir une visibilité claire sur ses chances d’être reçu ?
Le problème est d’autant plus sensible que la visite technique est une démarche obligatoire.
Pour compléter les témoignages recueillis sur le terrain, nous avons contacté la direction de la NARSA afin de recueillir sa réaction sur la situation. Nous mettrons cet article à jour dès réception de la réponse.
Un problème à traiter sur plusieurs fronts
La saturation des centres de contrôle technique ne semble donc pas pouvoir être expliquée par un seul facteur.
Le quota limite mécaniquement le nombre de véhicules pouvant être contrôlés. Le temps nécessaire à chaque inspection impose également des contraintes opérationnelles. À cela s’ajoute une demande qui augmente fortement durant certaines périodes, notamment en août.
Le comportement des automobilistes joue aussi un rôle, particulièrement lorsque les contrôles sont repoussés jusqu’à la dernière minute ou lorsque les départs en vacances provoquent une concentration soudaine des demandes.
Mais pour les usagers, le constat reste le même : devoir arriver à l’aube pour avoir une chance d’être reçu n’est pas une situation satisfaisante.
La solution pourrait donc passer moins par une augmentation du nombre de véhicules contrôlés par ligne que par une augmentation de la capacité globale du réseau, notamment à travers l’ouverture de nouveaux centres dans les zones où la demande est la plus forte.
En attendant, pour les automobilistes qui préparent déjà leurs vacances, le conseil de Yassine est de ne pas attendre le mois d’août pour vérifier ses documents et effectuer sa visite technique.
Car lorsque la demande explose, quelques heures d’anticipation peuvent faire toute la différence.
Un travailleur agricole marocain est décédé et huit de ses collègues ont été blessés dimanche après-midi lors d’un accident de la circulation survenu au sud du pays.
Souhayla BOUARFA ( Stagiaire ) - 10 août 202622 jours après la mort de Fakir, l’enquête italienne demeure à un stade initial. Autopsie, analyse des images de caméra-piéton et reconstitution en 3D retardent le dossier.
Rédaction LeBrief - 10 août 2026Alerte météo ce lundi jusqu’à 23h : plusieurs provinces attendent orages, grêle et vents forts. Découvrez les zones concernées ainsi que les horaires.
Rédaction LeBrief - 10 août 2026Pollution de l’air, plomb et risques climatiques auraient fait perdre 133.200 années de vie en bonne santé aux moins de 18 ans au Maroc, selon une étude Santé-UNICEF.
El Mehdi El Azhary - 10 août 2026Une éclipse partielle du Soleil sera visible au Maroc le 12 août 2026. Le phénomène coïncidera avec le coucher de l’astre, avec une occultation maximale à Tanger.
Wissal Bendardka - 9 août 2026Le Maroc supprime la plaque internationale et adopte un format unique avec lettres arabes et latines. Les véhicules circulant à l’étranger devront changer de plaque avant 2027.
Wissal Bendardka - 9 août 2026Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.
Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.
Mouna Aghlal - 17 février 2026Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.
Mouna Aghlal - 12 mars 2026Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.
Sabrina El Faiz - 8 mars 2026Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.
Hajar Toufik - 8 octobre 2025Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.
Sabrina El Faiz - 12 avril 2025