Conseil de BAM : faut-il s’attendre à une hausse du taux directeur ?

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Habitat : le financement participatif s'établit à 26,2 MMDH à fin avrilBank Al-Maghrib (BAM) © DR

A
A
A
A
A

Pour la troisième et dernière fois de l’année, le Conseil de Bank Al-Maghrib se tiendra ce mardi 27 septembre. Lors de cette réunion, une décision sera prise concernant le taux directeur, dans un contexte de fortes tensions inflationnistes. Pour les investisseurs et opérateurs économiques et financiers, leurs pronostics restent divergents, entre ceux qui estiment que le taux directeur restera inchangé et ceux qui prévoient son relèvement. Éclairage.

Bank Al-Maghrib (BAM) tiendra, mardi 27 septembre, sa troisième réunion de politique monétaire de l’année, au cours de laquelle une décision sera enfin prise concernant le taux directeur (TD). Entre hausse et stabilité de cet indice, les pronostics des investisseurs et des opérateurs économiques et financiers divergent.

Cette décision trimestrielle de politique monétaire intervient dans un contexte d’accélération de l’inflation et d’une synchronisation des relèvements de taux directeur des grandes banques centrales à l’international. Elle suscite fortement l’intérêt des investisseurs eu égard à son caractère crucial.

Lire aussi : Politique monétaire : Bank Al-Maghrib à un tournant

Une hausse du taux directeur, selon Attijari Global Research

Concrètement, le maintien inchangé du TD est synonyme d’une volonté de soutenir davantage la croissance économique. Toutefois, et avec l’actuel contexte inflationniste, une hausse du TD pourrait être l’un des moyens pour juguler l’inflation.

C’est à la base de ces deux options qu’Attijari Global Research (AGR) a recensé, lors de son enquête de septembre, les anticipations d’un échantillon de 35 investisseurs considérés parmi les plus influents du marché financier marocain quant à l’évolution du TD.

Au terme de cet exercice, les réponses sont loin de faire un consensus clair au sein de la communauté financière, puisque 51% des investisseurs sondés anticipent une hausse du TD lors du prochain Conseil de BAM, contre 49% qui prévoient un statu quo, relève AGR.

Dans le détail, ladite enquête fait ressortir que la majeure partie des institutionnels, soit 69%, anticipe une stabilité du TD, tandis que la totalité des investisseurs étrangers prévoit une hausse du taux. Parallèlement, les analystes d’AGR ont souligné, dans la récente note « Weekly Hebdo Taux-Fixed Income« , que BAM continue de réguler le marché monétaire à travers ses injections de liquidité, dans l’objectif de maintenir les taux interbancaires au niveau du taux directeur.

«Au Maroc, le taux directeur est resté inchangé en 2022 à 1,5%, soit son plus bas historique. À cet effet, nous maintenons notre scénario central prévoyant au moins une hausse du TD d’ici la fin de l’année 2022», ont-ils estimé.

Lire aussi : BAM : baisse de l’activité industrielle en juillet

Maintien du taux directeur, selon CDG Capital Insight

L’avis de l’AGR diffère de celui des analystes de CDG capital qui, dans un flash pré-Conseil de BAM, ont tablé sur un statu quo. «Nous pensons qu’il est plus probable que le Conseil de Bank Al-Maghrib maintienne le taux directeur inchangé au niveau de 1,5% lors de ce prochain Conseil».

Une prévision qui tient compte du retour prévu de l’inflation à des niveaux largement inférieurs aux pics actuels à l’horizon de prévision (huit trimestres) et des chocs inflationnistes actuels qui sont essentiellement d’origine externe. Elle tient aussi compte de la fragilité de la reprise des crédits alimentée principalement par ceux destinés à la trésorerie, ainsi que de l’importance de maintenir des conditions de financement favorables pour soutenir la reprise économique post-Covid 19.

Lire aussi : Pyramide de Ponzi : BAM et l’AMMC tirent la sonnette d’alarme

Un relèvement du taux directeur peu probable, selon Valoris Securities

Même son de cloche chez la société de bourse Valoris Securities qui a jugé, dans son Focus Eco pour le mois de septembre, qu’un relèvement du TD est «peu probable».

«Un relèvement du taux directeur de BAM nous paraît peu probable, d’autant plus que l’inflation des biens échangeables est appelée à s’alléger prochainement et les réserves de change demeurent solides« , a écrit la société dans cette publication intitulée « Inflation et Crise énergétique : Serait-il de bonne augure de maintenir une politique monétaire accommodante ? ».

De plus, les analystes de Valoris Securities ont averti qu’une augmentation «agressive» du TD lors des prochains Conseils de BAM est susceptible de peser sur les prochaines politiques de relance du gouvernement. Cela pèsera, par conséquent, sur les perspectives de croissance économique, notamment dans un contexte de concurrence entre pays du Sud de la Méditerranée vis-à-vis des investissements étrangers. Toutefois, le relèvement du TD ne va pas peser significativement sur l’évolution de l’inflation.

Lire aussi : Bank Al-Maghrib : hausse des injections de liquidité en juillet

Pour rappel, le Conseil de BAM avait maintenu inchangé le taux directeur à 1,5%, à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de 2022, et ce, tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture nationale et internationale. Tenant compte de la nature des pressions inflationnistes, essentiellement d’origine externe et le retour prévu de l’inflation à des niveaux modérés en 2023, cette décision de préserver l’orientation accommodante de la politique monétaire visait à continuer de soutenir l’activité économique.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Pêche : le poulpe interdit pendant plus de trois mois sur le littoral national

Le Maroc suspend la pêche du poulpe du 10 septembre au 15 décembre 2026 pour préserver les stocks. La durée pourra être révisée selon le suivi biologique de l’INRH.

El Mehdi El Azhary - 7 septembre 2026
Myrtilles : le Maroc s’impose au 2ᵉ rang des fournisseurs finlandais

Le Maroc bondit à la deuxième place des fournisseurs de myrtilles fraîches en Finlande, avec 657 tonnes exportées lors de la campagne 2025/2026, en forte hausse.

Ilyasse Rhamir - 7 septembre 2026
OMPIC : 51.805 entreprises immatriculées en six mois

Le Maroc recense 51.805 immatriculations d’entreprises au premier semestre 2026, selon l'OMPIC. Casablanca-Settat concentre 39,3% des créations du pays.

El Mehdi El Azhary - 7 septembre 2026
Maroc-Chili : vers un premier accord commercial bilatéral

Le Chili et le Maroc ont entamé des discussions pour un accord commercial, qui serait le premier de Santiago avec un pays africain et pourrait renforcer les échanges bilatéraux.

El Mehdi El Azhary - 7 septembre 2026
Banques et fintech, l’expansion africaine du Maroc passe désormais par les infrastructures financières

Pendant deux décennies, les groupes bancaires marocains ont grandi en Afrique en rachetant des banques et leurs réseaux. Cette stratégie continue, mais une deuxième couche apparaît

Rédaction LeBrief - 7 septembre 2026
Le Maroc reste le premier fournisseur de fruits et légumes de l’Espagne

Avec 950 millions d’euros d’exportations au premier semestre 2026, le Maroc reste le premier fournisseur extra-européen de fruits et légumes de l’Espagne.

Wissal Bendardka - 5 septembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire