Carburants : la hausse de prix se poursuit

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Carburants : le gasoil augmente de 6 centimes au 1er septembreStation de services © DR

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Après une brève accalmie, le prix des carburants dépasse, de loin, le pouvoir d’achat des citoyens. Le contexte international, marqué par le conflit russo-ukrainien et par les fortes pressions sur le pouvoir d’achat, devient de plus en plus insupportable. À partir de ce mercredi, l’essence dépasse la barre des 16 DH le litre, tandis que le diesel a baissé de quelques centimes. Comment faire face à cette inflation ? Le point.

Encore une fois, le prix des carburants au Maroc a atteint de nouveaux records dans plusieurs stations-service. À partir de ce mercredi, le prix de l’essence dépasse les 16 DH le litre. Tandis que le diesel a baissé de quelques centimes. Une hausse qui intervient en raison du conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui a commencé en février dernier. De fait, le pétrole brut Brent a grimpé à environ 123 dollars le baril. Cela suscite des interrogations et la préoccupation du citoyen marocain avec que le scénario des 20 DH le litre de carburant se profile à l’horizon.

L’envolée des prix des matières premières et énergétiques a été amplifiée ces derniers mois. Cette instabilité économique, aux échelles nationale et internationale, est l’une conséquences du conflit entre Moscou et Kiev. Les pays qui ne disposent pas de stocks de carburants risquent de connaître de graves pénuries. L’exacerbation de ce différend pourrait entrainer des répercussions, difficiles à réparer, pour les États qui ne disposent pas de moyens financiers pour faire face à cette hausse tarifaire.

Joint par la rédaction LeBrief.ma, l’économiste Abdelghani Youmni nous explique que l’inflation est de retour et elle sera structurelle. Il faudrait la contenir autour de 4 à 6% et c’est une externalité de la crise post-Covid et de la guerre en Ukraine. «Au Maroc, nous souffrons de la cherté de vie et des coûts de la mobilité, du transport et des biens et services».

En revanche, le Maroc n’a pas toujours souffert de la crise économique. L’expert rappelle que «nous avons la chance d’avoir vécu presque 20 ans de hausse du pouvoir d’achat, et 30 ans sans inflation. Tous les Marocains, riches et pauvres, ont profité de cette situation, grâce aux réformes économiques, structurelles et sociales du pays. Et aussi, grâce à la guerre des prix pendant la mondialisation pilotée par la Chine».

Lire aussi : HCP : le prix à la consommation poursuit sa tendance haussière

Le pouvoir d’achat : a-t-on pensé au citoyen ?

Concernant les pouvoirs publics, ces derniers ont érigé un bouclier tarifaire artificiel, sans bloquer les prix, révèle Youmni. En effet, l’effort budgétaire se situe entre 40 et 50 milliards de DH (MMDH), presque 4% du PIB. L’augmentation ne concerne pas uniquement les carburants, mais aussi la farine, le sucre, le gaz et l’électricité.

Pour le gasoil et l’essence, dont le prix frôle les 15 DH, «il représente deux fois le prix de 2015, l’année de la libéralisation. C’est une arme de construction massive du pouvoir d’achat des familles modestes et de la classe moyenne», souligne l’intervenant. Il ajoute : «Qui dit hausse des prix, dit hausse des recettes des taxes (TVA et TIC : 42% du prix du litre)».

À postériori, les mesures à prendre doivent prendre en considération le citoyen et son pouvoir d’achat, qui subit de plein fouet la crise économique. Selon Youmni, «décompensé n’est plus possible et remettre la libéralisation en cause n’est plus possible aussi. Repenser la taxe avec un prix plancher à 10,50 DH et plafonner la hausse en cas de baisse du prix du baril peuvent être considérées comme des solutions, car elle peut préserver les ménages, leur pouvoir d’achat et aussi limiter les effets de l’inflation».

Lire aussi : Flambée des prix du carburant : la guerre en Ukraine, les solutions et les recommandations

Comment lutter contre l’inflation ?

Dans les circonstances actuelles qui marquent plusieurs pays du monde, chaque État agit selon ses moyens et sa stratégie. En effet, l’inflation renforce l’inégalité face à la consommation et à la dignité sociale. «L’inflation érode l’épargne et accélère le retour de la pauvreté monétaire. Elle est aussi dangereuse pour la stabilité du DH et pour la stabilité sociale», explique Abdelghani Youmni.

Afin d’y faire face, l’expert appelle à accélérer la mise en place d’un registre social unifié, ainsi que la réforme fiscale, pour mieux contrôler la situation économique et considérer la souffrance du citoyen.

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