Carburants et butane : des tensions localisées sur fond d’intempéries, le gouvernement rassure
Une voiture dans une station de service © depositphotos
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Des tensions sur l’approvisionnement en carburants et en gaz butane ont été signalées début février dans plusieurs points de distribution du Maroc, alimentant l’inquiétude des consommateurs déjà fragilisés par les récentes intempéries. Des stations-service ont fait l’objet de vidéos relayées sur les réseaux sociaux et la question a été portée au Parlement, où une députée a demandé des éclaircissements au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
Selon les éléments rendus publics, la perturbation trouve son origine dans un « effet cumulé ». Dans un premier temps, une houle exceptionnelle compliquant l’accostage et le déchargement des navires dans plusieurs ports (notamment El Jorf Lasfar, Mohammedia et Tanger Med), et des dégâts routiers suite aux inondations qui ralentissent la distribution intérieure. Ces contraintes logistiques expliquent que certains points de vente soient temporairement moins approvisionnés, sans qu’il soit, pour l’heure, question d’une rupture nationale.
À la Chambre, la question a été soulevée par Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique (FDG), qui a adressé une question écrite à la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, pointant des pénuries constatées « dans certains points de distribution ». Le sujet a été amplifié par une vidéo devenue virale montrant des stations en difficulté, ce qui a accentué le sentiment d’alarme chez des consommateurs situés dans des zones déjà impactées par les crues.
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Le gouvernement rassure : stocks suffisants et plan d’accroissement des capacités
Face à ces signaux, le ministère de la Transition énergétique a publié un communiqué visant à rassurer. Il indique que la situation est « maîtrisée et stable », que le suivi des stocks et des navires en attente de déchargement est assuré en coordination avec les professionnels, et précise que le stock national dépasse actuellement 617.000 tonnes, auquel s’ajoutent des cargaisons maritimes d’environ un million de tonnes en attente de déchargement. Le ministère assure par ailleurs œuvrer « à la coordination quotidienne avec les autorités locales et les professionnels pour garantir la continuité de l’approvisionnement ».
Interpellée à plusieurs reprises sur la sécurité énergétique, la ministre Leila Benali a par ailleurs rappelé que son département accompagne des projets privés destinés à renforcer les capacités de stockage. L’objectif affiché est de porter ces capacités à 1,8 million de mètres cubes d’ici 2030, afin de mieux absorber les chocs conjoncturels. Cette perspective vise à réduire la dépendance aux aléas logistiques à court terme.
Si les autorités insistent sur le caractère contrôlé de la situation, la question du niveau des stocks de sécurité et de leur répartition géographique reste légitime. Les épisodes de houle et les dégâts routiers montrent à quel point la résilience du système dépend non seulement des volumes stockés mais aussi de la capacité à acheminer ces volumes vers les points de consommation en cas d’événement climatique. La congestion portuaire et le stockage prolongé des marchandises peuvent rapidement se répercuter sur l’ensemble de la chaîne logistique, en particulier pour des produits stratégiques comme les hydrocarbures.
Sur le terrain, la recomposition rapide des itinéraires, la mise en place de dispositifs locaux (cellules de veille, priorisation des livraisons vers les zones vulnérables) et la coordination entre acteurs publics et privés apparaissent comme les leviers immédiats pour limiter l’impact sur les consommateurs. Le ministère assure que des « mesures proactives » ont été prises et que la vigilance reste de mise jusqu’à la normalisation complète des conditions climatiques et portuaires.
Les syndicats du transport routier de marchandises menacent d'une grève nationale si le gouvernement tarde encore à verser une nouvelle aide au carburant.
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