Aïd Al Adha : les traditions sont-elles en train de disparaître ?

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Aïd Al-Adha : à Casablanca, le mouton reste hors de portée pour de nombreuses famillesPréparatifs de Aïd Al Adha 1447 © Ayoub Jouadi/ LeBrief

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Au lendemain de l’Aïd, un sondage réalisé par LeBrief auprès de ses lecteurs met en lumière une perception claire : ce sont avant tout les dimensions collectives et solidaires de la fête qui semblent s’effacer avec le temps. A la question « Quelle tradition disparaît le plus selon vous pendant Aïd Al Adha ? », 42% des répondants estiment que « l’entraide et les préparatifs en communauté » sont les pratiques qui reculent le plus.

Une fête de plus en plus individualisée

Ce résultat traduit une évolution profonde des modes de vie urbains et familiaux. Longtemps, Aïd Al Adha a été associé à une mobilisation collective : voisins qui s’entraident pour préparer le sacrifice, familles élargies réunies dans une même maison, partage des tâches entre générations et circulation spontanée de la viande entre proches et personnes dans le besoin.

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Résultats du sondage LeBrief de la semaine du 25 au 29 mai 2026 © LeBrief

Aujourd’hui, cette dimension communautaire semble perdre du terrain face à des rythmes de vie plus individualisés. L’urbanisation, la réduction des espaces de sociabilité dans les quartiers et l’évolution des habitudes familiales contribuent à transformer progressivement l’expérience de l’Aïd. Les préparatifs, autrefois collectifs et presque festifs en eux-mêmes, deviennent souvent des démarches plus rapides, plus privées et parfois externalisées.

Le sondage révèle également que 22% des lecteurs considèrent que « les gens ne le fêtent plus en famille ». Un chiffre qui confirme le sentiment d’un éloignement progressif des rassemblements familiaux traditionnels. Entre mobilité professionnelle, dispersion géographique des familles et hausse du coût de la vie, les réunions familiales semblent moins systématiques qu’auparavant.

Autre symbole évoqué par les répondants : la disparition des « tapis de peaux tannées », également citée à 22%. Cette pratique artisanale, autrefois courante dans de nombreux foyers marocains après le sacrifice, reflète un savoir-faire domestique et une logique de récupération qui tendent à disparaître avec la modernisation des modes de consommation.

Enfin, 14% des participants regrettent la disparition des « grilleurs de têtes », figures populaires des quartiers pendant l’Aïd. Bien que minoritaire dans le sondage, cette réponse souligne une nostalgie des scènes de rue et des métiers saisonniers qui participaient à l’ambiance particulière de la fête.

Au-delà des chiffres, cette enquête illustre surtout une mutation culturelle : l’Aïd reste une célébration incontournable, mais ses formes sociales évoluent. Les traditions les plus regrettées ne sont pas uniquement matérielles, elles renvoient avant tout à un sentiment de proximité, de partage et de vie collective que beaucoup estiment voir s’estomper.

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