À Marrakech, les agrumes s’invitent au chevet de l’agriculture marocaine
Logo de Maroc Citrus. © DR
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La ville ocre accueille, du 13 au 15 mai, la première édition du Congrès national des agrumes, une initiative portée par Maroc Citrus sous l’égide du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. Placée sous le thème «Challenges multiples sur la filière des agrumes : quels leviers pour agir ?», cette rencontre stratégique réunit chercheurs, producteurs, exportateurs et décideurs pour débattre de l’avenir d’un secteur vital.
Avec plus de 1,5 M de tonnes produites chaque année et plus de 500.000 tonnes exportées, la filière agrumicole marocaine n’est pas un simple pan de l’agriculture, elle en est un pilier. Elle fait vivre plus de 13.000 familles rurales et génère 32 millions de journées de travail. Pourtant, ce succès apparent masque de profondes vulnérabilités.
Le congrès met en lumière un constat alarmant : en moins de dix ans, le secteur a perdu près de 30% de sa superficie cultivée, passant de 128.000 hectares en 2016 à un peu plus de 91.000 en 2024. L’arrachage massif dû aux sécheresses récurrentes a mis à mal les équilibres bâtis durant les années fastes du plan Maroc vert.
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Dans ce tableau contrasté, la NadorCott tire son épingle du jeu. Issue de la recherche marocaine, elle est aujourd’hui exportée dans plus de 40 pays et considérée comme un modèle de gestion agricole réussie. Grâce à l’implication de l’association des oroducteurs de Nadorcott (APNM), elle incarne l’espoir d’un modèle reproductible fondé sur qualité, traçabilité et forte valeur ajoutée.
Face à la montée en puissance de la concurrence égyptienne et turque, notamment en Russie, le Maroc a dû revoir sa stratégie d’exportation. Le virage vers des marchés plus exigeants a accéléré la professionnalisation du secteur, avec une montée en gamme et l’adoption de normes internationales telles que GlobalGAP (référence en matière de bonnes pratiques agricoles), SMETA (éthique et responsabilité sociale), GRASP (évaluation des pratiques sociales) ou encore LEAF (agriculture respectueuse de l’environnement). Mais ces ajustements ne suffisent pas à compenser la contraction du marché de l’orange, de plus en plus marginalisée par des contraintes économiques et logistiques.
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Outre le changement climatique, le secteur souffre d’un manque de structuration criant. Le morcellement foncier, la dépendance aux intermédiaires et l’absence de chaînes de distribution modernes plombent sa compétitivité. Le récent avis du conseil de la concurrence pointe également une spéculation importante sur les marchés de gros, réduisant la part de valeur captée par les producteurs.
Le congrès national des agrumes se veut donc plus qu’un simple événement sectoriel, «c’est un appel à l’action collective». Face aux défis de l’eau, de la structuration du marché et de la main-d’œuvre, Maroc Citrus appelle à un plan de sauvegarde national, mêlant investissements dans le dessalement, réforme des marchés de gros et incitations à la modernisation.
Philippe Rocard décrypte les mutations de l’assurance, entre financiarisation, climat, IA, numérique et émergence de nouvelles solutions de couverture.
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