Loueurs de voitures : l’été sera chaud

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Un été de galère s’annonce pour loueurs de voituresLe secteur de la location de voitures © DR

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Chaque été, les loueurs de voitures sont généralement pris d’assaut. Pendant cette période de vacances, la location d’un véhicule s’avère pratique, pour un week-end ou des vacances en famille ou entre amis. De nombreuses personnes sans véhicule font le choix de ce moyen de transport pour différentes raisons. Mais cette année, les professionnels se disent déçus par une demande timide, causée par la hausse des billets d’avion qui a freiné les ardeurs des voyageurs. Pour les prix, ils sont globalement inférieurs à ceux pratiqués il y a un an. On vous dit tout sur cette situation assez inédite.

Inexorablement, la demande de voitures à louer sera extrêmement élevée durant l’été avec une offre insuffisante, conséquence des arrivées des touristes étrangers et des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Or, ce ne sera pas le cas cet été. Sur fond d’inflation, la tendance a visiblement changé et les prix restent abordables par rapport à ceux pratiqués l’année précédente.

Lire aussi : Comment l’inflation redessine les vacances des Marocains ?

Une demande timide

L’année 2023 serait visiblement moins bonne que 2022 pour les professionnels de la location de voitures. Si la hausse des prix a plus particulièrement causé des difficultés d’approvisionnement, limitant davantage l’offre disponible, les loueurs font face à une vraie problématique : une faible demande.

En effet, la chute du nombre de voitures de location en circulation n’est pas due à l’indisponibilité des véhicules, mais au manque de clients. C’est ce que nous confirme un des loueurs. Contactés par nos soins, des gérants de société se disent déçus, car ils ne s’attendaient pas à une telle situation, qui a d’ailleurs provoqué un sentiment de mécontentement et de colère. «Ce n’est pas la haute saison que nous connaissions. Nous constatons une faible demande avec une stagnation des prix», se désole un loueur.

Selon eux, la raison qui se cache derrière cette maigre demande est bien la hausse des prix des billets d’avion, étant donné que les Marocains du monde représentent environ 80% de leur clientèle pendant cette période d’été. Cela s’expliquerait par le fait que ceux qui réservent majoritairement les voitures de location sur place s’y rendent en avion.

«La plupart de nos clients ne sont pas venus cet été, en raison de la hausse des prix des billets. Au vu des tarifs qui explosent dans le secteur aérien, les réservations sont à la baisse. Par exemple, pour une famille de trois ou quatre personnes, c’est un gros budget qui est à prévoir. Les gens préfèrent donc aller ailleurs et passer leurs vacances dans d’autres pays, où ils vont dépenser moins comme la Turquie ou l’Espagne», explique notre interlocuteur.

Pour les loueurs, ce déséquilibre inattendu pourrait venir bouleverser les plans de certains, notamment ceux qui ont massivement commandé des voitures spécialement pour cette période, génératrice de bons résultats financiers. «Nous avons bien travaillé pendant la semaine de Aïd Al-Adha avec la clientèle locale. Maintenant, les voitures sont là, mais ne trouvent pas preneurs», ajoute-t-il.

Il s’agit donc d’un vrai choc pour les professionnels de ce marché complètement sinistré il y a trois ans et qui subit aujourd’hui l’impact du contexte inflationniste.

Lire aussi : Location de voitures : difficile reprise pour les professionnels

Quid des prix ?

Contrairement aux années précédentes, les prix n’ont pas réellement atteint le pic de l’an dernier. Les tarifs se négocient actuellement à partir de 300 DH/jour pour les modèles les plus demandés et qui sont loués pour une période allant d’une semaine à dix jours, comme les Renault Clio. «L’an dernier, à cette période, la Renault Clio était louée à 350 DH minimum», souligne un professionnel, qui fait savoir que la même tendance s’applique pour les autres gammes de voitures qui sont proposées à des prix moins chers que d’habitude.

Interrogé sur les tarifs appliqués pour les voitures de luxe, ce gérant d’une société de location à Casablanca indique que ce type de véhicules est devenu peu disponible. «Les clients qui préfèrent cette gamme sont de plus en plus rares. Ceux qui louaient une Range Rover il y a deux ans en payant une moyenne de 1.000 DH, commandent aujourd’hui une berline de 500 DH. Les budgets sont devenus trop serrés et les gens ne peuvent plus se permettre le luxe comme avant», conclut-il.

Il est d’ailleurs à souligner que cette tendance n’est pas homogène au Maroc pour plusieurs raisons, comme les flottes de voitures et la demande inégale dans les villes. Reste à savoir si cette tendance va se maintenir. Les prochaines semaines nous le dirons !

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