Entreprises au Maroc : quels enjeux économiques ?
Image d'illustration © DR
A
A
A
A
La loi de Finances pour l’année 2023 (LF 2023) prévoit plusieurs changements fiscaux. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a tenu, le 18 janvier, son Conseil national de l’entreprise, en présence de la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui. Au cours de cette réunion, la ministre a passé en revue les dispositions de la LF 2023. De plus, elle s’est attardée sur les perspectives de l’économie nationale et les grands chantiers fiscaux engagés par son département concernant le secteur privé.
S’adressant aux représentants de ce secteur, la ministre a déclaré : «Votre mobilisation est capitale. Le gouvernement ne peut pas agir seul pour assurer le développement économique». Elle ajoute : «Nous vous attendons pour davantage d’innovation, de valorisation du capital humain et de sa formation, de création d’emploi et de richesse, et d’investissement massif dans toutes les régions du Royaume».
Contacté par la rédaction de LeBrief, Abdellah El Fergui, président de la Confédération des Très petites entreprises (TPE) et Petites et moyennes entreprises (PME), nous a accordé une interview sur ce sujet. Selon lui, «les dispositions de la LF 2023 ne correspondent pas aux attentes des TPE ni des PME, surtout après les trois années de crise liées à l’inflation, à la Covid-19, à la hausse des prix et à la sécheresse (…) c’est comme si on enrichit les riches et on appauvrit les pauvres».
En outre, au Maroc, il y a une guerre de chiffres. Ceux qui sont présentés par certaines institutions ne reflètent pas la réalité, selon notre interlocuteur.
Lire aussi : Loi de Finances 2023 : zoom sur la fiscalité des particuliers et des auto-entrepreneurs
Les entreprises sont-elles satisfaites ?
La LF 2023 n’inquiète aucunement les entreprises nationales. C’est ce qu’a exprimé Chakib Alj, le président de la CGEM. «Le patronat parle au nom des grandes entreprises sans prendre en compte les PME et les TPE. Ce n’est pas une affirmation réaliste», souligne Abdellah et Fergui.
Par ailleurs, Chakib Alj a rappelé les engagements du gouvernement, notamment que la réforme de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et celle de la fiscalité locale soient traitées dans la LF 2024.
Le président de la Confédération des TPE/PME nous explique que «la CGEM avait présenté ses 15 recommandations au gouvernement. Celles-ci n’ont pas été prises en compte. Il y a un jeu entre les deux parties, c’est donnant donnant. En revanche, les TPE et PME sont en dehors de tout cela».
S’agissant du budget alloué à la charte d’investissement, Nadia Fettah Alaoui a indiqué que le gouvernement a consacré plus de trois milliards de DH (MMDH) à cette stratégie. Pour Abdellah El Fergui, ce montant n’est pas suffisant. «L’ex-ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, avait consacré à la stratégie de l’accélération industrielle 20 MMDH. Alors si on compare ce montant au budget présenté dans la LF 2023, on remarque qu’il y a une grande différence».
Lire aussi : Le taux de croissance fixé par le NMD irréalisable
Des ambitions irréalistes
Le gouvernement ambitionne d’atteindre une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035. Notre interlocuteur considère que c’est un objectif irréaliste. «Pour atteindre cet objectif, il faut d’abord associer les TPE et les PME comme ont fait plusieurs pays. Leur contribution à l’économie du Maroc est très importante». Il ajoute : «Le secteur privé, ce n’est pas le patronat ou les grandes entreprises. 95% des sociétés sont des TPE et PME. C’est cela la réalité du secteur privé au Maroc».
Enfin, notre intervenant a proposé de créer une agence qui accompagne les TPE et PME dans toutes les régions du Maroc. Pour rappel, la LF 2023 a fixé le taux de l’impôt sur les sociétés retenu à la source à 5%. Cela concerne les rémunérations allouées aux personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés et versées par l’État, les collectivités territoriales et les établissements et entreprises publics et leurs filiales.
Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.
Rédaction LeBrief - 15 mai 2026Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026