Entreprises au Maroc : quels enjeux économiques ?

Avatar de Khadija Shaqi

Temps de lecture :

HCP : morosité du moral des ménages marocains au 4e trimestre 2023Image d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Le Conseil national de l’entreprise de la Confédération générale des entreprises du Maroc s’est tenu le 17 janvier. La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a saisi l’occasion pour détailler les différents chantiers fiscaux qui concernent le secteur privé dans la loi de Finances 2023. Le point avec Abdellah El Fergui, président de la Confédération des TPE/PME.

La loi de Finances pour l’année 2023 (LF 2023) prévoit plusieurs changements fiscaux. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a tenu, le 18 janvier, son Conseil national de l’entreprise, en présence de la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui. Au cours de cette réunion, la ministre a passé en revue les dispositions de la LF 2023. De plus, elle s’est attardée sur les perspectives de l’économie nationale et les grands chantiers fiscaux engagés par son département concernant le secteur privé.

S’adressant aux représentants de ce secteur, la ministre a déclaré : «Votre mobilisation est capitale. Le gouvernement ne peut pas agir seul pour assurer le développement économique». Elle ajoute : «Nous vous attendons pour davantage d’innovation, de valorisation du capital humain et de sa formation, de création d’emploi et de richesse, et d’investissement massif dans toutes les régions du Royaume».

Contacté par la rédaction de LeBrief, Abdellah El Fergui, président de la Confédération des Très petites entreprises (TPE) et Petites et moyennes entreprises (PME), nous a accordé une interview sur ce sujet. Selon lui, «les dispositions de la LF 2023 ne correspondent pas aux attentes des TPE ni des PME, surtout après les trois années de crise liées à l’inflation, à la Covid-19, à la hausse des prix et à la sécheresse (…) c’est comme si on enrichit les riches et on appauvrit les pauvres».

En outre, au Maroc, il y a une guerre de chiffres. Ceux qui sont présentés par certaines institutions ne reflètent pas la réalité, selon notre interlocuteur.

Lire aussi : Loi de Finances 2023 : zoom sur la fiscalité des particuliers et des auto-entrepreneurs

Les entreprises sont-elles satisfaites ?

La LF 2023 n’inquiète aucunement les entreprises nationales. C’est ce qu’a exprimé Chakib Alj, le président de la CGEM. «Le patronat parle au nom des grandes entreprises sans prendre en compte les PME et les TPE. Ce n’est pas une affirmation réaliste», souligne Abdellah et Fergui.

Par ailleurs, Chakib Alj a rappelé les engagements du gouvernement, notamment que la réforme de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et celle de la fiscalité locale soient traitées dans la LF 2024.

Le président de la Confédération des TPE/PME nous explique que «la CGEM avait présenté ses 15 recommandations au gouvernement. Celles-ci n’ont pas été prises en compte. Il y a un jeu entre les deux parties, c’est donnant donnant. En revanche, les TPE et PME sont en dehors de tout cela». 

S’agissant du budget alloué à la charte d’investissement, Nadia Fettah Alaoui a indiqué que le gouvernement a consacré plus de trois milliards de DH (MMDH) à cette stratégie. Pour Abdellah El Fergui, ce montant n’est pas suffisant. «L’ex-ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, avait consacré à la stratégie de l’accélération industrielle 20 MMDH. Alors si on compare ce montant au budget présenté dans la LF 2023, on remarque qu’il y a une grande différence». 

Lire aussi : Le taux de croissance fixé par le NMD irréalisable

Des ambitions irréalistes

Le gouvernement ambitionne d’atteindre une part de 65% d’investissement privé à l’horizon 2035. Notre interlocuteur considère que c’est un objectif irréaliste. «Pour atteindre cet objectif, il faut d’abord associer les TPE et les PME comme ont fait plusieurs pays. Leur contribution à l’économie du Maroc est très importante». Il ajoute : «Le secteur privé, ce n’est pas le patronat ou les grandes entreprises. 95% des sociétés sont des TPE et PME. C’est cela la réalité du secteur privé au Maroc». 

Enfin, notre intervenant a proposé de créer une agence qui accompagne les TPE et PME dans toutes les régions du Maroc. Pour rappel, la LF 2023 a fixé le taux de l’impôt sur les sociétés retenu à la source à 5%. Cela concerne les rémunérations allouées aux personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés et versées par l’État, les collectivités territoriales et les établissements et entreprises publics et leurs filiales.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Industrie : la production manufacturière recule de 4,5% au deuxième trimestre 2026

Selon le HCP, la production manufacturière a reculé de 4,5% au T2 2026, tandis que l’extraction chutait de 28,8%.

Mouna Aghlal - 15 septembre 2026
Benguerir : OCP lance son stockage solaire par batteries

OCP Green Energy met en service à Benguerir le premier système marocain de stockage par batteries LFP. D’une capacité de 125 MWh, il stocke l’énergie solaire cinq heures.

El Mehdi El Azhary - 15 septembre 2026
Inondations : l’ABHM prépare une cartographie des zones à risque

L’ABHM lance des levés topographiques à Nador, Berkane et Driouch afin de cartographier les zones exposées aux crues et renforcer la prévention.

Ilyasse Rhamir - 15 septembre 2026
TGV : la ligne Chichaoua-Essaouira confirmée par décret

Le projet de ligne à grande vitesse entre Chichaoua et Essaouira franchit une nouvelle étape avec un décret déclarant l’infrastructure d’utilité publique.

Ilyasse Rhamir - 14 septembre 2026
PLF 2027 : aides à l’emploi et baisse attendue du coût des médicaments

Le Projet de loi de finances 2027 prévoit des aides à l’emploi, un soutien aux familles et une baisse du coût des médicaments. Découvrez les principales mesures annoncées.

Rédaction LeBrief - 14 septembre 2026
Bank of Africa et Mastercard lancent la deuxième édition d’« Elevator Pitch »

Bank of Africa et Mastercard lancent la 2e édition d’« Elevator Pitch », ouverte du 21 septembre au 1er novembre pour soutenir les entrepreneurs marocains.

Mouna Aghlal - 14 septembre 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire