Hassan Iquouissem : quel sort lui est réservé ?

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Affaire Hassan Iquioussen : la justice maintient son expulsionL'imam Hassan Iquioussen © DR

A
A
A
A
A

Après un mois de cavale, l’imam Hassan Iquioussen a été arrêté en Belgique vendredi dernier. Mis en cause en France pour des propos jugés « contraires aux valeurs de la République » et menacé d’expulsion au Maroc, le prédicateur de 58 ans est actuellement au cœur d’un imbroglio juridique. Détails.

Visé par un mandat d’arrêt européen délivré par la justice française depuis le 1?? septembre dernier, l’imam marocain, Hassan Iquioussen, a été interpellé vendredi 30 septembre. Sa fuite en Belgique était l’hypothèse privilégiée et elle a été confirmée, après son arrestation près de Mons, une ville située à 20 km de la frontière française, grâce notamment à une coopération judiciaire entre la justice belge et la justice française. Il a été ensuite placé en détention à Tournai après qu’un juge d’instruction saisi par le parquet de Mons lui a signifié le mandat d’arrêt.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est forcément réjouit de cette interpellation. «Je me réjouis que M. Iquioussen ait été interpellé par les services belges, que je remercie très sincèrement. Se soustraire à une décision d’expulsion du territoire national est un délit que le Code pénal condamne», a-t-il souligné.

Lire aussi : Fin de cavale, l’imam Hassan Iquioussen arrêté en Belgique

Il ne souhaite pas revenir en France

Juste après l’arrestation de Hassan Iquioussen, la France demande son rapatriement pour pouvoir l’expulser, mais la procédure judiciaire est loin d’être simple et s’annonce longue.

En effet, l’imam compte sur la justice belge pour ne pas céder aux pressions de la France. La Belgique devrait d’ailleurs statuer dans les prochains jours sur l’exécution du mandat d’arrêt européen. Il y a un délai de dix jours pour que Hassan Iquioussen soit transféré. Mais s’il conteste cette décision, un juge d’instruction doit examiner le dossier, ce qui pourrait prendre plusieurs jours.

Une fois que ce sera fait, c’est la procédure administrative qui prendra le relais, en le plaçant dans un centre de rétention pour une durée de 90 jours maximum, jusqu’à son expulsion effective vers le Maroc.

Pendant ce délai, l’imam pourrait être jugé pour s’être soustrait à la justice française. Pour cette seule faute, il pourrait écoper jusqu’à trois de prison. Mais l’imam assure qu’il est parti à l’étranger, car on lui a demandé de quitter le territoire français.

Pour sa part, son avocate conteste la validité du mandat d’arrêt le visant, estimant qu’il se fonde « sur une infraction » qui n’est, selon elle, « pas constituée ». Pour bien s’expliquer, elle a affirmé que le départ de son client a eu lieu avant que le Conseil d’État ne valide l’arrêté d’expulsion, à un moment où cette décision était donc suspendue.

Lire aussi : Les dessous de l’affaire Hassan Iquioussen, l’imam que la France veut expulser vers le Maroc

Un laissez-passer du Maroc nécessaire

Le renvoi de Hassan Iquioussen vers le Maroc reste incertain. Le Royaume avait, rappelons-le, donné son feu vert le 1?? août dernier et délivré le laissez-passer consulaire nécessaire, avant de faire marche arrière le 31 du même mois.

Problème : un manque de concertations avec Rabat sur cette affaire, ce que le gouvernement français semble aujourd’hui bien comprendre. Jeudi dernier, Gérald Darmanin a indiqué qu’il a échangé avec les autorités marocaines, en précisant qu’il a fourni toutes les informations sur l’intéressé.

Pour pouvoir donc opérer l’expulsion d’Iquioussen, la France est dans l’obligation de changer d’abord sa façon de faire vis-à-vis du Maroc, puis de négocier de façon transparente en justifiant ses arguments. Mais en ces temps de grave crise causée par le refus de visas français à de nombreux Marocains, l’assentiment demeure incertain.

Enfin, près d’une centaine de personnes pourrait subir le même sort que Hassan Iquioussen. Le ministre français de l’Intérieur serait sur le point de dresser une longue liste de noms de religieux à exclure. Imams et présidents d’associations de religion musulmane semblent tous perçus comme de Persona non grata en France.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Tensions régionales : Kaboul privilégie la voie diplomatique

Monde - Le gouvernement afghan mise sur le dialogue face au conflit avec le Pakistan pour instaurer la paix régionale.

Mouna Aghlal - 27 février 2026
Conflit Pakistan-Afghanistan : Pékin offre sa médiation

Monde - La Chine s’implique pour apaiser les tensions entre Islamabad et Kaboul après une nouvelle flambée de violences. Pékin appelle à l’arrêt des combats, tout en protégeant ses intérêts stratégiques et ses investissements majeurs dans la région.

Ilyasse Rhamir - 27 février 2026
Casablanca-Settat : le Conseil de la région examine un vaste paquet de projets d’infrastructures, industriels et sociaux

Politique - Le Conseil de la région Casablanca-Settat examinera, le 2 mars 2026, un ordre du jour chargé portant sur des projets industriels, logistiques et sociaux.

El Mehdi El Azhary - 27 février 2026
Heure légale : le Groupe socialiste – opposition ittihadi interpelle le gouvernement

Politique - Le maintien du GMT+1 toute l’année revient au cœur du débat parlementaire. Le Groupe Socialiste - Opposition Ittihadi interpelle la ministre chargée de la Transition numérique et réclame une évaluation approfondie.

Ilyasse Rhamir - 27 février 2026
Guerre déclarée : le Pakistan bombarde l’Afghanistan après des attaques frontalières

Monde - Le Pakistan a déclaré la guerre à l'Afghanistan après des attaques frontalières et des frappes aériennes. Analyse des conséquences.

Mouna Aghlal - 27 février 2026
Affaire Epstein : la justice américaine va revoir des pièces liées à Trump

Monde - Le ministère américain de la Justice accepte de réexaminer des documents liés au dossier Epstein, évoquant Trump.

Ilyasse Rhamir - 27 février 2026
Voir plus
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Israël-Iran : et si ce n’était que le début ?

Monde - Les frappes israéliennes ont endommagé certaines infrastructures, mais elles n’ont pas neutralisé le programme nucléaire iranien.

Sabrina El Faiz - 14 juin 2025
Le roi Mohammed VI lance à Nouaceur une usine Safran dédiée aux trains d’atterrissage

Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Kabylie : proclamation officielle de l’indépendance de la République fédérale à Paris

Monde-Réunis à Paris, les responsables du MAK ont proclamé officiellement l’indépendance de la Kabylie.

Rédaction LeBrief - 14 décembre 2025
La CPI et immunités d’État : le cas Netanyahu et les ambiguïtés du droit international. Interview

Monde - La France, le 27 novembre, qui a souligné pour la première fois l’immunité de Benjamin Netanyahu, en raison du statut d’Israël, non partie au Statut de Rome

Farah Nadifi - 28 novembre 2024
Titres de séjour en France : nouvelles conditions pour l’obtenir

Monde-A compter du 1er janvier prochain, la réussite à un examen civique deviendra obligatoire pour l’obtention d’une carte de séjour pluriannuelle.

Rédaction LeBrief - 15 décembre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire