Droits humains : la DIDH contre-attaque

Avatar de Khadija Shaqi
Temps de lecture :

Le délégué interministériel aux droits de l'Homme, Ahmed Chaouki Benyoub

A
A
A
A
A

Dans son dernier rapport sur la situation des droits humains, Amnesty International (AI) a consacré tout un chapitre sur le respect des droits individuels et collectifs au Maroc. En effet, elle a violemment critiqué la situation dans le Royaume, notamment la liberté d’expression, respect de la vie privée, droits des femmes, droit à la santé… La Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) dénonce et contre-attaque ces propos.

Le rapport publié fin mars par Amnesty International (AI) a suscité l’indignation de la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme(DIDH) sur certains propos et affirmations qu’elle juge non objectifs. Dans un communiqué publié par la DIDH «Amnesty International est toujours engagée dans une campagne systématique contre le Maroc, bafouant ainsi les règles qu’elle a été la première à promouvoir depuis des décennies en rapport avec l’importance de mener des enquêtes honnêtes, efficaces, équitables et objectives».

La liberté d’expression: entre l’enclume et le marteau

AI a évoquéla liberté d’expression au Maroc dans plusieurs passages du rapport. Selon l’organisation, l’exercice légitime de la liberté d’expression a été réprimé pour certaines catégories de personnes, «cette année encore, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes, des utilisateurs et utilisatrices de réseaux sociaux, des universitaires et des militant·e·s ont été réprimés dans l’exercice légitime de leur liberté d’expression».

Comme réponse à ces affirmations, la DIDH dénonce le manque d’arguments et de données relatifsà ce sujet, «le rapport d’AI a évoqué abusivement la liberté d’expression dans des affaires soumises à la justice, sans présenter de données relatives à l’atteinte à cette même liberté. Aucun argument n’a été présenté aussi concernant la question de la liberté d’association, abordée également de manière abusive dans le même texte», souligne-t-elle.

En outre, le procès du journaliste Omar Radi a fait l’objet des reproches de l’ONG, qui évoque des violations à la liberté d’expression. Incarcéré pour espionnage et viol, Radi n’a pas pu «exercer son droit de prendre connaissance de tous les éléments présentés contre lui et de les contester éventuellement», selon l’AI.

Face à ces propos, la DIDH se défend en expliquant que«cet exemple précisément, avait fait l’objet de conclusions préliminaires relatives à une observation du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), qui avait conclu, dans un rapport, entre autres, que la condition de publicité du procès avait été respectée».

La même source nationale ajoute que «la procédure d’arrestation a été effectuée dans le respect des dispositions légales, ajoutant que les droits de la défense, les délais raisonnables et d’autres garanties ont été aussi respectés».

Lire aussi :Droits de l’Homme : Amnesty International critique le Maroc

Le point sur la liberté de réunion

Selon le rapport de l’AI, les enseignants n’ont pas joui de leurs droits de manifester et de réclamer une amélioration de leurs conditions de travail. «À quatre reprises au moins, les autorités ont réprimé des manifestations pacifiques organisées par des personnes qui réclamaient une amélioration de leurs conditions de travail, et invoqué le décret-loi sur l’état d’urgence sanitaire pour rejeter les revendications de travailleuses et de travailleurs», déplore l’ONG. Cette dernière souligne également qu’«en avril, la police a arrêté arbitrairement 33enseignant.e.s qui manifestaient pacifiquement à Rabat contre des mesures en matière d’éducation qu’ils jugeaient néfastes pour l’enseignement public».

A posteriori, les données présentées par l’ONG dans son rapport sont abusives. La DIDH dénonce et explique que«le rapport, sur un ton abusif encore une fois, ignore qu’une catégorie des professionnels de l’enseignement a organisé des rassemblements et manifesté des dizaines de fois, depuis plus de deux années, durant l’état d’urgence sanitaire».

Retour sur l’affaire Pegasus

S’agissant de l’affaire Pegasus, elle a suscité plusieurs débats ces derniers mois. Ce logiciel est utilisé par certains régimes et organisations étatiques (présument les enquêteurs), afin d’espionner des catégories de personnes précises, notamment les journalistes, avocats, militants des droits humains, etc.

En effet, le Maroc a aussi été accusé de l’utilisation de ce logiciel, qui va à l’encontre des droits humains. Néanmoins, il a rejeté ces accusations en poursuivant tous les acteurs impliqués, de près ou de loin.Le rapport d’AI s’est arrêté sur ce point en soulignant que «les autorités marocaines avaient largement fait usage du logiciel espion de surveillance Pegasus mis au point par l’entreprise NSO Group. L’outil de surveillance a été utilisé contre des journalistes, des militant·e·s et des personnalités politiques de nationalité française et marocaine».

Lire aussi :Affaire Pegasus : report de l’audience sur la recevabilité des poursuites engagées par le Maroc

En répondant à ce propos, la DIDH a souligné que «que le rapport d’AI ne cesse de ressasser son histoire imaginaire sur « l’utilisation par les autorités marocaines du logiciel d’espionnage Pegasus ». Elle ajoute dans ce sens aussi que «la DIDH ne peut que constater la contradiction existant entre les allégations d’AI est sa méthodologie en matière de mener des enquêtes de « manière systématique et neutre »et « de révélation des violations des droits humains avec précision, célérité et détermination », comme elle le stipule dans ses Statuts amendés en 2019».

Dernier articles
Les articles les plus lu
RNI : Akhannouch renonce à un troisième mandat

Politique-Aziz Akhannouch a annoncé ce dimanche qu’il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête du parti RNI

Rédaction LeBrief - 11 janvier 2026
RNI : session du Conseil national à Rabat et cap sur les réformes 2026

Politique-Le RNI tient à Rabat son Conseil national : bilan 2025, perspectives 2026, réformes, enjeux politiques. Synthèse des décisions.

Rédaction LeBrief - 10 janvier 2026
Le Roi souffre d’une lombosciatalgie mécanique, sans aucun signe de gravité

Politique-Le roi Mohammed VI souffre d’une lombosciatalgie mécanique, associée à une contracture musculaire, sans aucun signe de gravité.

Rédaction LeBrief - 10 janvier 2026
Sahara : le Sénégal réaffirme son soutien et appuie l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique

Politique - À Rabat, le Sénégal réaffirme son soutien au Sahara et à l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique, saluant une coopération bilatérale jugée exemplaire et durable.

Hajar Toufik - 9 janvier 2026
Education : 1.000 postes dédiés à l’enseignement de l’amazighe en 2026

Politique - Le gouvernement annonce 1.000 postes dédiés aux enseignants de la langue amazighe pour 2026, renforçant ainsi son enseignement.

Mouna Aghlal - 9 janvier 2026
La Méditerranée, pivot retrouvé de la diplomatie française

Dans un contexte international marqué par le retour de la loi du plus fort et l’affaiblissement du multilatéralisme, la France entend réaffirmer une ambition diplomatique…

Wissal Bendardka - 9 janvier 2026
Voir plus
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Inondations à Safi : le PJD demande la reconnaissance officielle de la catastrophe

Politique - Après les inondations meurtrières, le PJD demande une officialisation de la catastrophe pour soutenir les victimes et les sinistrés.

Mouna Aghlal - 17 décembre 2025
Sahara : Guterres appelle à un changement de cap

Politique - L’ONU tire la sonnette d’alarme : le Sahara reste en tension, Guterres appelle les parties à un changement de cap pour éviter l’escalade.

Hajar Toufik - 25 août 2025
Fête du Trône : le Roi adresse un discours à la Nation

Le roi Mohammed VI a adressé, mardi, un discours au peuple marocain à l’occasion du 26e anniversaire de son accession au Trône. Voici le texte…

Rédaction LeBrief - 29 juillet 2025
Parlement : la diplomatie de l’ombre

Dossier - À l’instar d’un pur-sang arabe, le Parlement avance toujours, rectifiant ses virages au besoin. Immersion dans un univers parallèle.

Sabrina El Faiz - 28 décembre 2024
Le roi Mohammed VI adressera un discours à son peuple ce soir

Politique - Le Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie annonce que le roi Mohammed VI adressera un discours à son peuple.

Rédaction LeBrief - 31 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire