Maroc-Algérie : une guerre est-elle envisageable ?

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La tension est montée d’un cran depuis quelques mois entre l’Algérie et le Maroc. Cette crise a démarré avec la rupture des relations diplomatiques par l’Algérie et la fermeture du ciel algérien aux avions marocainspuis par les nombreuses provocations et accusations algériennes ciblant le Royaume. Le régime algérien a accusé le Maroc d’être à l’origine des incendies qui se sont déclenchés sur son territoire début août dernier puis plus récemment d’être derrière le décès de trois transporteurs algériens à proximité de la localité de Bir Lahlou.
Avant de se poser la question si l’Algérie est capable de passer à l’action et mener une guerre contre son voisin, analysons d’abord les moyens militaires des deux pays. Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective & Sécurité en Europe (IPSE) et auteur du livre « Repenser le conflit au Sahara », a accordé cette semaine une interview à TV5 Mondeoùil a livré des chiffres clés concernantl’armement et le matériel militaire des deux pays.
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Au niveau du personnel militaire, le chercheur assure que l’armée marocaine est plus importante grâce à ses 310.000 militairescontre 130.000 pour l’Algérie. Cependant, il assure que l’Algérie dispose de 150.000 réservistes en plus de 190.000 forces paramilitaires algériennes tandis que le Maroc dispose de 150.000 réservistes et de 50.000 forces paramilitaires.
Au niveau des dépenses militaires, le Maroc aurait consacré 35,6 milliards de dollars au budget de la défense durant la période 2010-2020, contre 90 milliards de dollars sur la même période pour l’Algérie. Les deux pays ont des systèmes de défense anti-aérien. Pour le Maroc, il s’agit des systèmes américains Patriot et pour l’Algérie, dusystème russe S-300. Par ailleurs, le Royaume dispose de 8.000 véhicules blindés fournis majoritairement par les Etats-Unis. L’Algérie compte quant à elle, 7.000 véhicules fournis par la Russie. Les chars de combat sont au nombre de 2.000 pour l’Algérie et de 3.000 pour le Maroc.
En ce qui concerne les forces aériennes,l’Algérie dispose d’avions russes Sukhoï 34 et aura bientôt le Sukhoï 57, les derniers modèles de la marque, souligne le président de l’IPSE. Le Maroc dispose pour sa part des derniers modèles de F-16, un des avions de combat les plus performants.

«Le Maroc dispose de militaires convaincus de la cause qu’ils défendent»
Contacté par nos soins, Hassan Saoud, expert en sécurité et stratégie, également chercheur associé à l’Institut royal des études stratégiques (IRES), déclare que les rapports militaires sont plus ou moins égaux, mais que contrairement à l’Algérie, le Maroc à l’avantage d’avoir une armée rodée et convaincue de la cause qu’elle défend. «Le consensus national sur l’intégrité territoriale est là, l’adhésion de la population aussi. Le Maroc dispose d’un corps militaire professionnel et convaincu de la cause qu’il défend. Et ça, c’est près de 60% du gain d’une guerre», estime Saoud.
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Notre intervenant indique que les dysfonctionnementsau sein de l’armée algérienne sont très graves et ne joueront pas en sa faveur en cas de guerre. «Ils ont des anomalies même au plus haut niveau hiérarchique. Il y a eu récemment un retour de certains cadors au pouvoir et qui sont en train de régler les comptes des uns et des autres à coups d’arrestations et d’emprisonnements», souligne Hassan Saoud.
Cependant, malgré la hausse de la tension entre les deux pays, notre interlocuteur doute de la possibilité d’éclatement d’un conflit armé, notant : «je pense qu’on n’est pas prêt à assister à des affrontements. La guerre ne peut pas être une décision unilatérale algérienne. Les grandes puissances mondiales vont intervenir et ces dernières n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait davantage de conflictualité dans la région».
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Rappelons que Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine, a affirmé ce mardi 9 novembre que le Royaume demeure «engagé de manière constructive à trouver une solution à ce conflit régional artificiel». Il assure que le pays est déterminé à «tourner définitivement la page» du conflit au Sahara, sans jamais renoncer à ses «droits légitimes». À bon entendeur.
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