Regroupement SNRT-2M-Médi1TV : le nouveau grand chantier de l’audiovisuel public

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Regroupement SNRT-2M-Médi1TV : le nouveau grand chantier de l’audiovisuel public

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Othman El Ferdaous, ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, a annoncé, le mardi 25 mai à Rabat, le regroupement de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), de Soread 2M et de Médi1TV. La création d’une holding publique des médias s’inscrit dans le cadre de la feuille de route 2024 de la stratégie de développement et de restructuration du secteur de l’audiovisuel public. Selon le ministre, elle permettra à l’État de gérer ce secteur sur la base d’une vision intégrée et stratégique.

Grande nouvelle pour l’audiovisuel public marocain. OthmanEl Ferdaous, ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, a annoncé, le mardi 25 mai, le regroupement de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), de Soread 2M et de Médi1TV. Grâce à cette fusion,2M et Médi1TV passeront sous le giron de SNRT Holding, a expliqué le responsablelors de son intervention devant la Commission de l’éducation, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants. Cette restructuration, qui s’inscrit dans le cadre de la feuille de route 2024 de la stratégie du développement de l’audiovisuel public, permettra à l’État de gérer ce secteur sur la base d’une vision intégrée.

El Ferdaous a indiqué que ce projet passera par différentes étapes afin d’améliorer la qualité du produit médiatique, d’accélérer sa transformation numérique et de préserver son financement public. De plus, il a souligné l’importance de reconnaître les efforts de l’audiovisuel public et de ses employés pour répondre aux mieux aux besoins de leurs audiences. «C’est un domaine stressant», a-t-ilaffirmé. Pour le ministre, cette restructuration ne concerne pas seulement le secteur et ses acteurs, mais aussi tous les Marocains, notant l’importance de satisfaire les attentes des jeunes.

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L’audiovisuel marocain face à une rude concurrence

«Ils [les jeunes] sont le public de l’avenir. S’ils s’ouvrent à d’autres plateformes, alors ce sera un véritable défi pour les médias marocains», a noté El Ferdaous. Soulignant que près de 100% des Marocains ont accès à plus de 1.200 chaînes de télévision, il estime quela pression de la compétitivité nécessitera une forte mobilisation du pôle audiovisuel public. En outre, le ministrea reconnu une forte évolution de la consommation médiatique chez les jeunes et les familles. Il a avancé que 84% des citoyens utilisent aujourd’hui WhatsApp et que le nombre d’utilisateurs d’Instagram, de YouTube (deux millions d’utilisateurs) et d’autres plateformes en ligne augmente rapidement aussi. Le responsable a affirmé que lesMarocains ne recherchent pas «plus de 75% des vidéos» qu’ils regardent sur YouTube, expliquant que les algorithmes decette plateformeproposent la grande majorité du contenu consommé par les utilisateurs. Pour le ministre, cette réalité est un exemple de la manière dont des entités médiatiques étrangères contrôlentce vastemarché. C’est pour cette raison, poursuit-il, que des réformes et une consolidationdu secteur audiovisuel public au Maroc s’imposent.

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Les problèmes financiers de 2M et de Médi1TV

Par ailleurs, OthmanEl Ferdaous a indiqué que la nouvelle structure aidera 2M à résoudre ses problèmes de dettes. Il a révélé que la dette bancaire de cette chaîne s’élève à 190 millions de DH (MDH), soit une hausse de 56 MDH par rapport au plafond autorisé. «Ce qui constitue une véritable menace pour la pérennité du modèle économique de cette chaîne», a-t-il précisé. Pour lui, «la situation critique de la Soread 2M a également un impact négatif sur Régie3, détenue par Médi1TV». Le chiffre d’affaires de la chaîne tangéroise est d’ailleurs en baisse de 63%, en raison de la faiblesse de ses recettes publicitaires. Médi1TV souffreégalement d’un déficit de présence au niveau territorial et local. «D’où la volonté d’en faire une chaîne d’informations en continu, avec un plus grand ancrage local», estime L’Économiste, qui rappelle quele renforcement du contenu de proximité est l’un des principaux objectifs de cette nouvelle restructuration.

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Les précisions du syndicat du personnel de 2M

Contacté par la rédaction de Lebrief.ma, Mohamed El Wafy, secrétaire général(SG) dusyndicat du personnel de 2M et coordinateur de la Fédération nationale du journalisme, de l’information et de la communication (FENAJIC) (tous deux affiliés à l’Union marocaine du Travail-UMT), a livré ses précisions sur ce sujet. Ce dernier regrette que les représentations syndicales de l’audiovisuel public n’aient pas été impliquées davantage dans le processus de discussion et d’élaboration du plan de restructurationdu secteur. Toutefois, il a indiqué que les effets du regroupement SNRT-2M-Médi1TV «ne peuvent être que bénéfiques pour les modèles économiques des sociétés qui seront sous la coupole de cette nouvelle holding». Grâce à cette fusion, «tout le monde est gagnant. L’État est gagnant, car il aura des opérateurs historiques crédibles et sans problèmes financiers pour assurer la continuité de leurs activités. Les sociétés concernées seront aussi gagnantes, puisqu’elles auront suffisamment de fonds pour améliorer leurs contenus, investir dans l’avenir et pour réaliser des projets à la hauteur de leurs ambitions, tout en assurant la stabilité et la pérennité des emplois de leurs effectifs».

Enfin, comme le plan de restructuration implique également l’acquisition et l’introduction de technologies de pointe, El Ferdaous s’attend à ce que l’expérience des médias publics s’améliore considérablement d’ici 2024. Il prévoit notamment que l’utilisation de drones et de caméras sophistiquées contribuera à l’augmentation du nombre de téléspectateurs et des dépenses publicitaires. Le ministre a insisté sur le fait que «l’objectif principal du gouvernement est d’offrir des médias plus proches du peuple marocain. Le marketing personnalisé est bénéfique pour les deux parties, car le public reçoit des informations plus pertinentes tandis que le fournisseur reçoit davantage de fonds», a-t-il conclu.

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