Réforme du système de santé : le choix judicieux du Royaume

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La généralisation de la protection sociale sera sur la table des discussions ce mardi 20 avril 2021 lors du Conseil du gouvernement. Le chef de l’Exécutif Saad Dine El Otmani se réunira avec les ministres pour examiner et adopter les premiers textes d’application de ce chantier. Cette réunion sera marquée par la présentation de Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, d’un exposé sur le chantier de la réforme du système national de santé. Le Conseil examinera par la suite des projets de décret liés au ciblage des bénéficiaires, à la création de l’agence nationale des registres et aux mesures exceptionnelles de la CNSS au profit des employés de certains secteurs (restauration, événementiel, espaces de jeux et divertissement).
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Ce chantier a été très bien accueilli par plusieurs professionnels du secteur. Allal Boutajangout, professeur agrégé et chercheur en neurologie et en neuroscience à l’hôpital de l’Université de New York, souligne que ce projet est un grand pas de justice sociale qui permettra la promotion de la santé pour tous. «La pandémie de Covid-19 a mis en évidence un grand nombre d’insuffisances surtout en termes de réseau de protection sociale et de soins de santé», assure le professeur qui ajoute que ce processus contribuera à l’amélioration de la qualité et des services aux patients. «Les meilleurs standards de la pratique médicale vont être transférés et appliqués au Maroc, ce qui va enclencher une dynamique positive de compétitivité et fournir les meilleurs soins centrés sur le patient»,précise-t-il.
Cependant, et mis à part l’aspect financier (51 milliards de DH par an jusqu’en 2025), la généralisation de la protection sociale nécessitera des ressources humaines considérables. Le Maroc compte près de 28.000 médecins, dont plus de la moitié sont installés dans le secteur libéral. Ce chiffre est encore loin des normes transcrites par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En effet, le Maroc a besoin de plus de 32.000 médecins pour être aux normes de l’OMS. L’agence onusienne recommande un minimum de 23 médecins pour 100.000 habitants, alors que le Royaume n’en est qu’à 7,3.
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Pour remédier à cela, le professeur Tayeb Hamdi souligne qu’il faudrait accélérer la formation des médecins et d’autres professions de la santé au Maroc. Selon ce dernier, une réforme des études médicales s’impose de toute urgence. «Une autre réforme devrait concerner les autres branches d’études universitaires et professionnelles pour mettre à la disposition du secteur de la santé les ressources humaines nécessaires», indique-t-il.
Rappelons que le gouvernement avait instauré depuis plusieurs années un programme de formation de 3.300 nouveaux médecins chaque année. L’objectif étant d’améliorer l’indice de la densité médicale pour atteindre 10 médecins pour 10.000 habitants en 2020. Seulement, cet objectif peine à être réalisé. Les facultés de médecine et de pharmacie n’arrivent pas à former plus de 2.500 médecins par an (2.282 en 2018).
Une nouveauté, l’ouverture aux médecins étrangers
Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, l’a mentionné le 14 avril dernier lors de son allocution devant le Souverain au Palais royal de Fès. Les médecins étrangers pourront désormais exercer au Maroc en investissant ou en étant recrutés dans les cliniques privées. Cette ouverture aura pour bénéfice d’améliorer la qualité des services rendus au patient. Le Maroc aura besoin également de ses ressortissants à l’étranger. 8.000 médecins, nés sur le sol marocain, exercent en France, ce qui en fait la deuxième communauté de médecins nés à l’étranger derrière l’Algérie (1er) et devant la Tunisie (3e), la Roumanie (4e) et le Liban (5e).
Une chose est sûre, le chantier de la généralisation de la protection sociale est porteur de beaucoup d’espoir et impose un contrôle rigoureux pour sa réussite dans le Royaume.
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